Note du site.
J'ai commencé à rédiger un article critique sur les derniers numéros d'Informations ouvrières, mais je me demande bien à quoi cela sert.
Il semblerait que le professeur Gluckstein ait passé le mot qu'il fallait faire de la pédagogie pour les nouveaux adhérents du POI. Il a raison, qu'ils avancent leurs arguments pour justifier leur ligne politique et le choix de ce type de parti, nous n'en demandons pas plus, nous pourrons ainsi les analyser ensemble et en faire plus facilement encore la critique. Cela s'annonce comme un jeu d'enfant car ils vont être obligés à des contorsions et des contradictions pour justifier leur tournant droitier.
Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais l'actualité politique et sociale se charge de mettre au premier plan un seul acteur, le président de la République, c'est-à-dire, le sommet des institutions de la Ve République. Projets de lois scélérats, application des directives européennes, signature des traités, tout dépend de lui ou plus exactement de la Constitution qui demeure incontournable. Lisez attentivement le dernier éditorial de Gluckstein et dites-moi s'il y fait référence une seule fois.
Il y a toujours personne en France pour dire que Sarkozy et son Parlement sont illégitimes, vous ne trouvez pas cela étrange ?
On peut aussi se poser des questions sur les réelles intentions des dirigeants du POI-CCI à partir d'un constat très simple. Hier, ils ont viré des militants sur un point de désaccord théorique qui soi-disant les plaçaient en dehors de PT. Pourquoi pas, mais dans ce cas-là comment expliquer que quelque temps plus tard des divergences profondes existant entre militants, pour ne pas dire des positions inconciliables (entre réformistes et révolutionnaires) puissent coexister dans ce parti, voire même encouragées ? Contradiction, incohérence ou centralisme bureaucratique ?
Comment comprendre qu'ils aient viré des militants parce qu'ils prétendaient à tort ou à raison peu importe ici, que les forces productives avaient cessé de croître, et accepter un Schivardi ou un Jeanneney par exemple qui tiennent des propos franchement réactionnaires, qui plus est pour les hisser à la direction du POI ?
Le choix du réformisme est bien délibéré de la part du clône de Lambert, Gluckstein, qui n'a plus de révolutionnaire ou de trotskiste que l'apparence.
Autre question. Il y aurait soi-disant des courants dans le POI, étrange, ni avant ni après ni depuis le 15 juin, aucun n'a fait paraître la moindre contribution ou orientation. Rien de changer en somme. Quant à la soi-disant tribune libre dans leur journal, elle est uniquement consacrée à des intervenants du POI qui chantent les louanges de leur parti ! Vive moi, quoi ! En comparaison, dans mon site, vous avez pu lire chaque fois que j'en recevais, l'intégralité des courriels critiques qui m'étaient adressés, c'est cela une tribune libre, c'est cela la démocratie.
J'ai une proposition à faire sur le plan politique pour mettre tout le monde d'accord et jauger les intentions des dirigeants du POI, de la LCR, de LO et du PCF : pourquoi ne prépareraient-ils pas une manifestation nationale à Paris pour le début du mois d'octobre, par exemple devant l'Assemblée nationale, contre la hausse des prix, la dégradation des conditions de travail, les licenciements, etc., contre le gouvernement Sarkozy-Fillon-Kouchner au service des exploiteurs, contre l'Assemblée nationale aux services des patrons et des actionnaires, contre l'Union européenne au service des multinationales et du capitalisme mondial ?
Tous les militants du mouvement ouvrier sans distinction pourraient être engagés dans ce combat, non ? Si pour parvenir à un accord sur cet objectif il faut en passer par des compromis sur le plan de la terminologie employée, pourquoi pas, on peut faire disparaître provisoirement Kouchner qui poserait un problème au PCF, et l'on peut éviter temporairement le mot rupture à propos de l'UE pour ne pas froisser la LCR, mais l'on ne peut pas retirer le gouvernement et les institutions pour faire plaisir à Gluckstein, désolé.
N'hésitez pas à m'envoyer vos réflexions politiques, surtout si vous êtes en désaccord avec la ligne politique que je défends, tous vos arguments seront les bienvenus.
Une dernière chose. Les infos qui suivent sont extraites de dépêches de presse, je n'ai pas le temps de reformater tout le vocabulaire employé, vous reconnaîtrez au passage mes commentaires lorsqu'ils ne sont pas signalés.
Association capital-travail.
Le gouvernement a présenté à ses partenaires sociaux sa troisième loi pour le pouvoir d'achat, qui vise à augmenter la part des bénéfices des entreprises versée aux salariés, à conditionner les allègements de charges et à modifier les règles de fixation du smic.
Comme les fois précédentes, cette nouvelle loi antisociale sera "en faveur des revenus du travail" ont précisé trois membres du gouvernement en charge de ce dossier, entendez la plus-value extorquée aux travailleurs qui va dans la poche des patrons et des actionnaires.
Pour inciter les dirigeants des entreprises à mettre en place l'intéressement aux bénéfices et à augmenter les sommes versées, le texte instaure un crédit d'impôt d'un montant de 20%, autrement dit encore un cadeau aux patrons. Quand on cumule les cadeaux qu'ils se font, on se demande s'ils ont encore quelque chose à payer à l'arrivée.
Selon le gouvernement, seuls 10% des salariés des entreprises de 10 à 50 salariés et 3% des entreprises de moins de 10 salariés sont couverts par un dispositif d'intéressement. Tant mieux !
S'agissant de la participation, les salariés pourront choisir entre un versement immédiat et un placement bloqué. Prenez immédiatement ce qui vous revient, videz les banques !
Selon Christine Lagarde à la presse, ces mécanismes permettront "une meilleure répartition des fruits de la croissance ou des fruits de l'efficacité au sein des entreprises", elle voulait dire par là, toujours plus en faveur des patrons, des actionnaires, des banquiers, des rentiers... qu'il faut chasser !
Le texte déplace en outre du 1er juillet au 1er janvier, à partir de 2010, la date de revalorisation du smic et crée une commission consultative d'experts qui présentera chaque année un rapport sur "les évolutions souhaitables" du salaire minimum. C'est l'arbitraire le plus total, une assemblée d'experts choisis décidera de combien le smic devra être augmenté.
Pour vous rassurez, voilà ce qu'a dit Xavier Bertrand : "Nous voulons dépolitiser la question de la fixation du smic", tout en soulignant que la commission "tiendra compte notamment des conditions économiques". Nous au contraire, nous pensons qu'il faut politiser la question des salaires pour que les travailleurs prennent conscience de la nature réelle du capitalisme pour le combattre.
"Nous ne changeons rien aux critères légaux qui visent à garantir le pouvoir d'achat", a-t-il ajouté. Ne vous occupez pas de votre salaire, laissez d'autres s'en occuper à votre place, en échange vous recevrez des miettes ou il dimunera.
Au nom du Medef, Benoît Roger-Vasselin a exprimé "un accueil ouvert et positif à ce projet" avec deux réserves, sur le smic et la conditionnalité des allègements de charges. Une nouvelle ponction sur la Sécu sans condition, ce serait encore mieux.
(source Reuters 02.07)
Ils ne savent plus quoi inventer pour être ensemble.
Dirigeants syndicaux et patronaux ont conclu mercredi soir une négociation sur le stress au travail par un accord destiné à améliorer la prévention de ce phénomène, "un compromis" jugé globalement positif par au moins quatre syndicats (CGT, CFDT, FO et CFE-CGC) sur cinq.
Il vise à "augmenter la prise de conscience et la compréhension du stress au travail, par les employeurs, les salariés et leurs représentants" et "attirer leur attention sur les signes susceptibles d'indiquer des problèmes de stress au travail". Comme si les uns et les autres en avaient quelque chose à faire, des patrons et des bureaucrates pourris.
"Dès qu'un problème de stress au travail est identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l'éliminer ou à défaut le réduire", stipule le texte.
Et la meilleure, c'est qu'ils se sont mis d'accord sur une définition du stress en reprenant celle de l'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail.
Le premier stress que l'on ressent au travail, c'est d'être exploité, de bosser pour des clopinettes, de ne pas pouvoir vivre décemment de son travail, pendant qu'un patron qui ne manque de rien n'hésite pas à vous en demander toujours plus.
Pour "prévenir ou éliminer" le stress au travail, il faut s'attaquer à la source du problème et virer les patrons.
(source : AFP 03.07)
Médicamentez-vous !
Un décret autorisant les "médicaments de médication officinale" est paru mardi au Journal officiel et l'Afssaps a publié ensuite la liste des médicaments autorisés, qui couvrent 71 domaines thérapeutiques, 12 produits à base de plantes et 19 homéopathiques.
Il s'agit de la mise en vente libre de 217 médicaments destinés à soigner des symptômes courants et bénins pendant une période courte.
La liste est amenée à être complétée, en fonction des demandes prochaines des industriels, a dit la ministre de la Santé, comme si c'était de vulgaires marchandises.
Ils doivent s'imaginer que la population consommera plus de médicaments parce qu'elle y aura accès directement, mais ce qu'ils ont oublié, c'est que lorsque tu es pauvre, tu te passes de médicaments quand c'est possible.
L'idée est défendue par Roselyne Bachelot, qui ne cache pas sa volonté de développer l'auto-médication, c'est-à-dire l'achat direct de médicaments sans ordonnance par la population. Faites plonger l'industrie pharmaceuthique, mais ne cessez pas de vous soigner !
En aparté.
Comme je vis en Inde, je pratique l'auto-médication chaque fois que c'est possible, je n'ai pas le choix, je n'ai aucune confiance dans les médecins, ils sont encore plus nuls qu'en France, et pour accéder à l'hôpital public qui est entièrement gratuit, c'est vraiment trop la galère, pour remplir une malheureuse fiche administrative, une prise de sang et une radio, il faut compter six heures minimum, debout ou assis par terre par 35°C !
Ne faites pas comme ma mère ou mon épouse qui se bourrent de médicaments dont elles n'ont pas besoin ou qui s'en procurent sans les utiliser. Je ne devrais pas le dire car c'est politiquement incorrecte, mais c'est la vérité, j'ai déjà donné deux sacs entiers de médicaments que mon épouse avait ramenés de France à un médecin indien, et il en reste de quoi en remplir un troisième, la taille d'un sac qui peut contenir un gros choux pour vous donner une idée du gaspillage, elle s'est faite engueuler évidemment. Ce n'est pas parce que l'on a le 100% ou la CMU que l'on doit faire n'importe quoi. Il faut éduquer les travailleurs.
(source Reuters 02.07)
Présidence française de l'UE : les galères s'accumulent pour Sarkonapoléon.
J'ai traité cette question sur un ton ironique, car c'est un plaisir de les voir aussi mal à l'aise, c'est notre modeste lot de consolation en attendant mieux.
Lors d'un discours à Matignon avant un déjeuner de travail avec le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et l'ensemble du gouvernement français et des commissaires européens, Fillon a souligné que "Le processus de ratification se poursuit", mais pas tout à fait comme si de rien n'était, pas comme il l'avait souhaité, mais là il est moins prolixe.
S'exprimant à sa suite, Barroso n'a lui aussi dit mot de la décision, annoncée mardi, du président polonais Lech Kaczynski de ne pas signer le traité, affirmant qu'il fallait "faire la preuve de l'Europe" dans "une Europe à l'épreuve". Voilà qui fout un peu plus le bordel dans les affaires de Sarkonapoléon, on s'en réjouit.
"L'urgence est de convaincre", a plaidé Fillon. Il a le droit d'y croire le bougre !
C'est leur casse-tête, quoi qu'ils disent, plus personne ne les croit, les masses se méfient des médias et tout le monde utilise le même langage ce qui brouille tout, et pendant ce temps-là, c'est l'exaspération qui s'exprime, la plèbe qui revendique, des partis politiques qui se créent : ça urge !
"Et pour convaincre, il faut agir dans les domaines qui concernent le plus directement nos concitoyens", afin de "regagner la confiance des peuples", dont "l'idéal européen s'est émoussé", a-t-il dit, sous-entendant au passage qu'il avait existé, donc il n'y avait pas de raison pour qu'il ne rayonne pas à nouveau dans le coeur des Français à partir du 1er juillet, puisque c'est le voeu qu'a formulé notre bien-aimé président ! Emoussé, émoussé, on va te faire mousser le rejet de l'Union européenne par les peuples !
Urgence... situation dangereuse... plus que jamais : attention, ça va prendre feu !
"Nous savons bien, depuis 2005, qu'il est dangereux de négliger ces signaux d'alerte, comme il serait dangereux de mépriser le 'non' irlandais", a-t-il poursuivi. Là il essaie de nous endormir, c'est de la pommade anesthésiante ou il flatte notre esprit démocratique pour parvenir au même résultat, raté.
Après le vote utile, c'est au tour de l'Union "utile". Pour qui ?
"Nous avons le devoir de démontrer aux Européens qui doutent que notre Union est utile, il faut leur démontrer qu'elle est plus utile que jamais, qu'elle est plus indispensable que jamais", a insisté Fillon.
Voilà un aveu d'impuissance servi sur un plateau qui laisse apparaître clairement une inquiétude : que tout capote ! Mais ne vous faites pas d'illusions.
Sarkonapoléon pour l'occasion n'a pas mégotté sur les dépenses en illuminations et réceptions, le flambeur est à l'Elysée, c'est lui qui va mettre le feu ! C'est pas un scoop, on l'avait déjà envisagé il y a un peu moins de deux ans.
Ce n'est pas avec des paillettes qu'il sortira de l'auberge, pour ne pas dire de la merde ! Ils se sont pris une patate avec le non irlandais qui les contraint à repousser leur projet d'intégration politique, ils ne sont pas au bout du tunel, et au fur et à mesure qu'ils avancent, de nouveaux obstacles se dressent devant eux, dont la résistance des peuples.
La France, a affirmé Fillon, aborde cette présidence "avec gravité". "La situation est difficile et les défis s'accumulent", a-t-il concédé, citant notamment les retards dans la ratification du traité de Lisbonne, la dégradation de la situation internationale, la flambée des prix de l'énergie.
Je fais le même constat que lui, sauf que je m'attendais à cette dégradation générale de la situation du capitalisme contesté aujourd'hui à travers le monde. Je viens de voir aux infos sur TV5 Monde Asie, des scènes d'émeutes en Mongolie après des élections. La situation devient grave. J'ai oublié de vous dire qu'il y a une grève générale des transports routiers demain en Inde pour protester contre la hausse du prix du gazole.
On connaît la tactique qui consiste à se faire bien humble par devant pour nous matraquer par derrière ou de tous les côtés, je ne sais pas si c'est le cas ici, je ne mettrai pas ma main au feu qu'il n'essaie pas de nous entourlouper, du style : la situation est difficile, les affaires vont mal, tout fout le camp et on va se retrouver face à une situation ingérable, on y est pour rien bordel : au secours ! Heureusement que c'est Kouchner qui a ouvert le bal en présence de Delanoë et du ministre des Affaires étrangères slovène.
La palme aujourd'hui revient à Barroso qui a préconisé : "Il faut avoir la pédagogie du compromis", ça c'était pour le rustre Sarkogadget qui prend ses désirs pour la réalité et prend tout le monde pour des cons. Qu'il se calme et qu'il écoute la leçon de Barroso, cela lui évitera de faire de grosses conneries, il va en faire. Le représentant européen du capitalisme mondial a ajouté un mot pour rappeler à Sarko l'hystérique qu'il ne doit jamais oublier la "valeur ajoutée", le profit quoi, au lieu de penser à Barbie : "Ce vote négatif en Irlande rend encore plus nécessaire l'Europe des résultats, l'Europe proche des citoyens, une Europe qui démontre sa valeur ajoutée". Leur problème, ce sont les "citoyens", ils se rebiffent, il faut les museler, les surveiller, les menacer et si nécessaire les matraquer, on ne peut pas être plus proche après tout.
Il fait amende honorable pour mieux berner les peuples, ils vont bientôt avoir les mêmes problèmes que l'impérialisme américain en (et avec la) Corée du Sud.
Pour finir, il a lancé "Dans une Europe à l'épreuve, nous devons faire la preuve de l'Europe". Nous, nous pouvons apporter la preuve que cette épreuve est néfaste pour tous les peuples en Europe.
Il sait que Sarkozy ne manquera pas de soutien. Il n'y a qu'à l'orchestrer et comme la vie fait bien les choses parfois, il peut compter sur ses alliés : mardi, Hollande (PS), Buffet (PCF), Chevènement (MRC) et un représentant du PRG ont publié une déclaration commune fixant selon eux les priorités pour les six mois de présidence française de l'Union européenne. Vive le front unique ouvrier !
Dans cette déclaration ils écrivent notamment :
"Il s'agit pour les partis de gauche de renforcer et d'harmoniser les politiques sociales protectrices à l'échelle européenne, de garantir une clause de sauvegarde sociale pour qu'aucune directive relative au marché intérieur ne remette en cause les droits sociaux existants dans un Etat membre", le social doit être "au coeur de la coordination des politiques économiques dans la zone euro et un changement des objectifs de la Banque centrale (européenne)", comme si l'Union européenne avait été créés pour cela. Ils tiennent le même discours que tous les dirigeants européens après le non irlandais : l'Union européenne est au service des peuples et elle a pour mission de les protéger, on connaît le refrain.
Lundi soir Sarkozy a répliqué que "le social n'est pas une compétence européenne", corrigeons : ce n'est pas une compétence du tout, il faut en finir avec le social, trop coûteux !
(source : Reuters 01 et 02.07)
Plus flic que président.
Invité du "19/20", lundi 30 juin sur France 3, Sarkozy s'en est pris une nouvelle fois au service public audiovisuel.
D'entrée de jeu, il a attaqué les dirigeants et le personnel de France Télévisions. "Je pense que l'on peut faire mieux. Quels que soient par ailleurs les mérites des équipes actuelles". On dénonce à la vindicte publique, puis on accuse pour mieux isoler l'adversaire, ensuite on le culpabilise pour le conduire à la faute, et enfin, quand il est suffisamment affaibli : on le frappe, voilà la méthode Sarkozy.
Pour préciser sa pensée, il a ajouté
"Pour tout dire, je pense que les programmes de France Télévisions ressemblent encore trop aux programmes d'une chaîne privée", ce qui lui a valu une réponse cinglante sur RTL du président de France Télévisions, Patrick de Carolis, qui s'est insurgé contre l'idée "qu'il n'y a pas de différence entre la télévision de service public ou les télévisions privées", jugeant qu'il s'agit d'un point de vue "faux", "stupide" et "injuste". Et dans la foulée de réaffirmer son indépendance: "jamais je ne soumettrai mes grilles de programme (...) à un quelconque visa venu de l'extérieur".
Autant dire qu'à l'UMP et au gouvernement il veulent lui faire la peau après cette déclaration, mais il y en a aussi qui ont pris sa défense selon la ligne de démarcation habituelle entre villepiniste et sarkozien.
La télévision publique est à l'image du régime, il est donc normal qu'après l'élection du flic-président elle présente un visage encore plus réactionnaire et anesthésiante que par le passé.
Gageons que les réformismes soutiendront les villepinistes contre les sarkoziens car les premiers sont des progressistes à côté des seconds. Je vous engage à lire attentivement leurs articles.
En 68, la télévision était entièrement à la botte de de Gaulle, cela n'a pas empêché qu'il y ait 10 millions de grévistes. Que la télévision publique soit de plus en plus pourrie par le régime nous n'y pouvons rien, nous ne sommes pas au pouvoir, par contre on a le droit de dénoncer le flic ou le curé que l'on voit pratiquement dans chaque émission et la dérive réactionnaire des programmes en général.
Expression de cette dérive autoritaire du pouvoir, Sarkonapoléon s'est mis à la place d'un président de chaîne et a détaillé son cahier des charges idéal. Il faut "plus d'Europe dans vos programmes", a-t-il indiqué aux dirigeants de France Télévisions. Mais aussi de "la science" de "l'environnement" sans oublier "le débat démocratique", les uns, la science et l'environnement servant à faire passer la pilule des autres, l'Europe et le débat démocratique, il faudrait dire le dialogue social pour interdire toute issue politique aux masses. Sarkozy la science, tu parles, il en a rien à taper, il doit être ignare par dessus le marché !
(source : AP et Le Monde 02.07)
Fichage, flicage, ça continue !
Le fichier policier "exploitation documentaire et valorisation de l'information générale" (Edvige)qui a fait l'object d'un décret paru mardi au Journal officiel, et qui permettra de ficher les mineurs dès l'âge de 13 ans s'ils sont "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", suscite la polémique entre défenseurs des droits de l'homme, opposition et gouvernement. Mais tous les travailleurs et jeunes sont "susceptible" de s'en prendre à l'Etat, donc je propose qu'on les fiche tous !
Pour la Ligue des droits de l'Homme (LDH), cette réforme, une des conséquences du rapprochement entre les Renseignements généraux et la DST, est "incompatible avec l'état de droit".
Pour la LDH, il s'agit d'un nouveau cas "d'utilisation politicienne de la police", une "tradition française".
Il s'agit "de cibler ceux que l'on étiquette d'avance comme de futurs délinquants hypothétiques. Le soupçon préventif suffit à justifier le fichage", déplore l'organisation dans un communiqué.
Après les "dirigeables équipés de caméras surpuissantes pour filmer les banlieues, (la) prison préventive à vie après la fin de l'exécution d'une peine, (l')extension massive des fichiers d'empreintes génétiques", le fichage d'enfants de 13 ans est le dernier avatar du "plan Orwell" du gouvernement où "le contrôle social tient lieu de politique sociale", accuse la LDH.
Le Syndicat de la magistrature appelle de son côté à la mobilisation contre un dispositif "particulièrement attentatoire aux libertés (...) d'inspiration anti-démocratique" et dit examiner "toute forme d'action juridique pour empêcher sa mise en oeuvre".
"Comment ne pas rapprocher Edvige d'un contexte autoritaire plus global qui remet en cause l'indépendance des médias, comme celle de la justice et qui mène une lutte permanente contre les acteurs du mouvement social", s'interroge le syndicat.
Commentaire.
La survie du capitalisme entraîne des conséquences dramatiques pour les couches les plus défavorisées du prolétariat et sa jeunesse.
Le gouvernement compte sur le soutien ou la neutralité des bonnes consciences de ceux qui ne se sentent pas directement concernés pour renforcer sans cesse son arsenal répressif qui pourra toujours être étendu à l'ensemble des travailleurs lorsque la situation le nécessitera.
(source : Reuters 02.07)
Ils trinquent pour l'exemple.
Homme clé d'une fraude estimée à 2,4 milliards de dollars, Phillip Bennett (59 ans), l'ancien directeur général de Refco, qui fut un temps le premier courtier de matières premières indépendant au monde, a été condamné jeudi à 16 ans de prison.
Il devait répondre des 20 chefs d'accusation portés contre lui, qui incluaient pêle-mêle la fraude, l'association de malfaiteurs, le blanchiment d'argent et la communication d'informations mensongères aux commissaires aux comptes.
Après sa condamnation, il a exprimé des regrets jeudi :
"Pendant ces 33 mois (depuis le dépôt de bilan), j'en suis venu à réaliser qu'en dépit des meilleures intentions, j'avais commis une erreur de jugement inacceptable et terrible", il ne pensait pas en prendre pour autant !
Pour rappel, Bernard Ebbers, ex-directeur général de l'opérateur de télécommunications WorldCom, purge une peine de 25 ans de prison après la chute retentissante de son groupe. Quant à John Rigas, fondateur du câblo-opérateur Adelphia, il a été condamné en appel à 12 ans de prison tandis que son fils Timothy - ex-directeur financier - a écopé de 17 ans.
Par les temps qui courent il faut se satisfaire de peu pour garder le moral des troupes, ce genre de nouvelles n'est peut-être pas grand chose, mais cela nous fait du bien à défaut de mieux.
(source : Reuters 03.07)