Note du site
J'ai réparé le lien vers le texte : L’idéologie réformiste n’est pas la négation du libéralisme, mais du marxisme. Avec mes excuses.
J'ai passé une grande partie de la journée à préparer un commentaire de la déclaration qui a été adoptée à l'unanimité à l'issue du congrès extraordinaire du PT du 1er juin. C'était encore un boulot imprévu.
J'ai ensuite arrosé le jardin pendant deux heures, donné à manger aux chiens, j'ai pris une douche (il fait 40°C) et j'ai pris mon courage à deux mains pour me préparer un repas.
Aux infos de TV5 Monde Asie, j'apprends que 3,2 millions d'Ethiopiens sont menacés de famine, les prix des céréales s'est envolés aussi dans ce pays déjà très pauvre, c'est une catastrophe camarades. Ils ont montré un gosse famélique en train de crever, c'est dégueulasse, insupportable, j'enrage littéralement. Et le journaliste de se demander si les dirigeants de 50 pays réunis à l'initative de la FAO pour soi-disant tabler sur la faim dans le monde prendront leurs responsabilités. Il faut les exterminer, c'est un fléau mondial !
Juste après des manifestations de patrons-routiers pour demander des subventions de l'Etat ou de l'Union européenne. Pas un euro ! Qu'ils rejoignent les bataillons du prolétariat, il y en a marre que l'indifférence et l'individualisme priment sur le sort des peuples qui crèvent dans le monde. Il y a près de 10 millions de pauvres en France, tout le monde s'en contrefout : pas solvables, pas intéressants ! Quand mon épouse indienne voit ces gosses crever en Afrique, elle ne peut pas s'empêcher de pleurer et moi je suis prêt à prendre les armes pour qu'ils puissent bouffer. On peut avoir nos convictions, un niveau de conscience politique développé, mais celui qui ne se révolte pas contre ce qui est en train de se passer dans bon nombre de pays n'est pas vraiment un révolutionnaire, un révolutionnaire de salon tout au plus.
Ils ont aussi annoncé sur TV5 Monde Asie, que la sécheresse menaçait actuellement 10 millions de Thaïlandais, alors que c'est le premier pays exportateur de riz, ce qui laisse présager une nouvelle hausse du prix du riz à travers le monde. Ca va exploser, plus tôt sera le mieux !
La question politique à l'ordre du jour partout dans le monde n'est pas la défense de la nation, mot d'ordre réactionnaire, mais la nécessité d'abattre le capitalisme, de constituer une Internationale ouvrière sur la base de cet objectif. Tous les peuples sont confrontés aux mêmes problêmes : le chômage, la précarité, la pauvreté et au-delà la faim. Ces problèmes ont une seule et même origine : le capitalisme.
Il y a deux jours j'ai été interloqué. C'était lors de l'émission Thalassa, un reportage se déroulant en Indonésie sur l'île de Siberu (?) Des hommes avaient quitté leur forêt pour aller vivre dans la civilisation moderne et ils retournaient dans leur village à 4 heures de navigation en pirogue. Il faut préciser que le gouvernement leur donne de l'argent et un toit en échange de quitter la forêt. On les appelle aussi les hommes fleurs parce qu'ils se parent de fleurs hibiscus. Avant d'aller vivre en ville, ils vivaient sans eau ni électricité, commme on vivait dans la forêt il y a des centaines d'années peut-être davantage. On a vu ensuite les ravages causés par la déforestation, puis un villageois a expliqué que tout cela était politique, que c'était pour l'argent, que là bas en ville, il ne pouvait pas vivre sans argent. On leur proposait de l'argent pour qu'ils dégagent afin que des compagnies viennent rasées leur forêt et s'enrichir. J'ai trouvé qu'il faisait preuve d'une lucidité extraordinaire pour un homme qui ne sait ni lire ni écrire, qui n'a jamais quité sa forêt, habillé d'un pagne, paré de tatouages sur tout le corps, de feuilles et de fleurs, à côté duquel nos concitoyens me semblent de vulgaires ignares dont on a acheté la volonté pourvu qu'ils s'en sortent pendant qu'à travers le monde des drames horribles se produisent. Marx avait traité de chiens les Versaillais, je me demande comment il faut traiter aujourd'hui les dirigeants de ce vieux monde pourri.
Les deux villageois qui avaient rejoint la ville ont expliqué que la vie dans la forêt était difficile, comparée au confort moderne de la ville. L'un d'entre eux a dit qu'il était impossible de revenir en arrière en insistant lourdement. Cela m'a fait réagir immédiatement. Je me suis dit qu'il avait raison, on ne peut pas revenir en arrière, on ne peut pas revenir à la IVe République, on ne peut pas revenir à 1945, on ne peut pas revenir à l'époque du capitalisme ascendant et espérer des réformes, ce temps est définitivement révolu, on ne peut pas revenir à la division du travail des années 50, l'Etat bourgeois, la nation, la République sont indéfendables, le développement de la socialisation de la production à l'échelle mondiale est le prologue à la socialisation des moyens de production par les producteurs eux-mêmes prenant en mains le pouvoir et leur destin, le socialisme.
Parmi les réflexions qui me sont venues à l'esprit en arrosant le jardin en cette fin d'après-midi - je suis obligé d'attendre qu'il y ait de l'eau, trois sujets ; la rupture avec l'UE, le référendum du 29 mai 2005 et l'Entente internationale des travailleurs.
Je me suis dit que lorsque Schivardi avait déclaré qu'il retirerait sa candidature si Royal ou Fabius s'engageait à rompre avec l'Union européenne, il avait donné du même coup la signification de la ligne politique du PT : ne pas rompre avec le capitalisme, car il est totalement impensable que Royal ou Fabius ait eu un instant cette intention.
En repensant au référendum du 29 mai 2005 et plus particulièrement à ceux qui avaient appelé à voter non, j'ai repensé que parmi eux figuraient ceux parmi les représentants d'une frange de la bourgeoisie qui voulaient faire tourner la roue de l'histoire à l'envers, les nostalgiques du capitalisme français florissant. Cette idée rejoint celle que j'ai déjà exposé sur la socialisation de la production à l'échelle mondiale qui exprime la marche en avant inexorable du capitalisme... et au-dela du socialisme si nous sommes capables de prendre le pouvoir.
En relisant quelques textes de Marx, Engels et Lénine aujourd'hui, je suis tombé sur une note de l'éditeur de L'Etat et la révolution de Lénine consacré à Bakounine. La voici : "L'influence du proudhonisme était très forte en 1871 parmi les dirigeants de la Commune de Paris. Ce fut l'une des causes de l'échec du
mouvement ; mais, corollairement, cet échec porta un coup sévère au proudhonisme. En 1873, Bakounine se retira de la vie publique en
abandonnant ses responsabilités. Cette démission fut considérée comme un aveu d'impuissance.". Parallèlement, j'ai lu dans la correspondance de Marx et Engels toutes les saloperies qu'avaient pu faire Bakounine et ses amis contre l'Association internationale des travailleurs (AIT), la Ire Internationale. Marx et Engels les avaient virés ou poussés dehors. Pas à pas, Marx nous décrit les anarchistes à la solde de la bourgeoisie. Or il se trouve qu'ils ont été réhabilités par Lambert-Gluckstein au sein du PT. Mieux, il y a quelques mois j'avais dénoncé une falsification de l'histoire qu'avait soutenu le PT en faisant paraître un article d'un "lecteur" qui vantait les mérites de Bakounine au sein de la AIT. Je suis habitué au faux produits par Informations ouvrières.
Au niveau de l'Internationale, on peut prendre comme référence les thèses de la révolution permanente de Trotsky et si nécessaire les actualiser.(Une question à suivre)
Nous ne sommes plus au XIXe siècle, encore moins au XVIIIe lorsque le capitalisme ne s'était pas encore développé à l'échelle mondiale. La question qui est posée à tous les peuples est simple : soit on laisse les gouvernements et les institutions de nos pays légiférer et décider qu'il est normal qu'une poignée de capitalistes s'emparent des richesses produites sous prétexte que les moyens de production leur appartiennent, pendant que les peuples suent, souffrent ou crèvent, soit on les chasse, le prolétariat et la paysannerie pauvre prennent le contrôle des moyens de production pour satisfaire les besoins de la population...
On se rend compte ici que le mot d'ordre de défense de la nation prend immédiatement un contenu réactionnaire compte tenu de la situation réelle, il constitue un soutien larvé à la bourgeoisie locale en Afrique et en Amérique Latine, pas étonnant qu'elle se soit retrouvée dans le non le 29 mai 2005 en France, et si l'enjeu du référendum n'avait pas été si important, il aurait fallu appeler au boycott. En Bolivie, la bourgeoisie se livre à un chantage pour faire tomber Morales, pas davantage. Qu'il appelle la classe ouvrière et la paysannerie à se soulever et à exproprier les grands propriétaires terriens et les patrons, et la question de l'intégrité de la nation bolivienne sera réglée.
En écrivant cette page directement à l'écran il me vient des idées comme à chaque fois sans que je sache à l'avance où elles vont m'entraîner ni jusqu'à quelle heure de la nuit parfois.
On ne peut pas s'opposer à l'industrialisation de la Chine. Si l'on s'y oppose d'une manière ou d'une autre, c'est comme si l'on interdisait à l'immense peuple chinois de se développer, d'avoir accès aux progrès de la civilisation, au meilleur qu'elle a produit pour soulager l'existence de la population ou lui rendre plus agréable...
Les mots d'ordre à caractère nationaliste ne peuvent exister que dans la mesure où l'on refuse de prendre en compte cette dimension du développement inévitable du capitalisme à l'échelle mondiale. Ils ne peuvent exister aussi, parce que sur le plan politique on n'a pas le courage ou l'audace d'avancer des mots d'ordre qui correspondent aux tâches que le prolétariat doit accomplir au cours de la période que nous vivons comme s'il en était incapable ; pour ce qui nous concerne, il se résume aux Etats-Unis socialistes d'Europe sur la base du combat pour en finir avec le capitalisme dans chacun de nos pays qui passe par l'abolition des institutions et de la constitution qui leur est propre, rendant ainsi l'existence de l'Union européenne intenable, impossible. Vous ne pouvez pas prétendre rompre avec l'impérialisme sans porter un coup décisif à la division internationale du travail qui est la pierre angulaire sur laquelle repose aujourd'hui l'existence du capitalisme dans chacun de nos pays et à l'échelle mondiale.
Contre le consensus, le dialogue social, la coalition UMP-UDF-PS au pouvoir, la conspiration des forces de la réaction contre le prolétariat dirigée par l'Elysée et relayée par les médias et les dirigeants de tous les partis politiques qui soutiennent le régime capitaliste, il faut opposer un combat de classe sans compromis, sans hésitation, déterminé à vaincre, ils nous ont déclaré la guerre, à nous d'être à la hauteur et de revendiquer le pouvoir pour le prolétariat.
Je sais que l'on est mal parti, mais les choses peuvent se décanter, les évènements vont se précipiter dans les semaines ou les mois à venir, c'est une certitude. D'où l'importance de définir une ligne politique claire et de s'y tenir.
Trotsky a expliqué qu'il fallait construire des partis sur une base marxiste avant de passer à la construction de la IVe Internationale, peu importe ici que ce soit la IVe ou une autre. Je pense qu'il a tiré les enseignements de l'Internationale Communiste pour arriver à cette conclusion. Dès le deuxième congrès de l'IC, en 1920, Lénine et Trotsky étaient effarés par le comportement des dirigeants du PC français, ce qui m'a fait dire qu'il n'avait jamais été réellement un parti communiste dans le sens où l'entendait Marx. Ce qu'il adviendra de l'IC était prévisible d'une certaine manière.
La Ire Internationale était morte de sa belle mort après avoir fait connaître au prolétariat du monde entier que l'exploitation et l'oppression n'était pas une fatalité et qu'il existait une solution pour parvenir à son émancipation. Si la IIe Internationale social-démocrate a sombré en 1914, c'est parce qu'elle était dominée par un état d'esprit petit-bourgeois misérable. L'IC constituée d'une trentaine de sections dans le monde, très faibles sur le plan théorique, et privée de direction, elle sombra ou fut décapitée par le stalinisme. On comprend dès lors que Trotsky ait insisté sur les bases théoriques des partis qui devaient constituer l'Internationale.
On pourrait penser que c'est une tâche impossible. Quand j'avais 19 ans et que j'étais un parfait abruti vivant, jamais je n'aurais pu imaginer un jour que je serais capable d'aligner trois mots qui veuillent dire quelque chose. Je ne vous raconterais pas ici mon enfance et mon adolescence, sur le plan du développement intellectuel c'était un cauchemar, le désert complet. Donc, des militants normalement constitués à travers le monde devraient parvenir à comprendre le matérialisme dialectique, l'essentiel du marxisme et les principaux enseignements de la lutte des classes des siècles passés, pas besoin de sortir de polytechnique, il suffit de penser à son sujet quotidiennement et ne jamais cesser de se poser des questions, et il arrive un moment où cela s'inscruste profondément dans le cerveau, il n'y a plus qu'à entretenir la machine, car le cerveau n'est pas parfait, c'est la seule contrainte, mais cela ne fait pas de mal de se ressourcer sans cesse à nos origines. Un dirigeant qui prétend tout savoir ou avoir réponse à tout ne mérite pas qu'on lui fasse confiance, pas davantage que celui qui ne vous écoute pas ou ne vous répond pas. Se former au marxisme devrait être une source de satisfaction personnelle intense, une revendication de chaque militant, alors que dire des dirigeants, comme dirait Coluche : ça devrait être o-bli-ga-toire ! Disposer d'un outil pour interpréter le monde, c'est fantastique, on se sent forcément moins con après, mais il faut rester modeste, cela aussi le marxisme l'enseigne, indirectement.
Ne jamais baisser les bras, plier sous le joug de la servitude mais toujours relever la tête, tirer le meilleur de chaque expérience aussi pénible soit-elle et se battre en conservant un esprit collectif pour tenir en échec la barbarie. On se plaint de crouler sous les problèmes, mais c'est de là seulement que peuvent surgir les solutions et qu'on apprend véritablement quelque chose dans la vie, pour peu qu'on dispose des outils pour les interpréter correctement. Le matérialisme dialectique ne sert pas qu'en politique, mais dans tous les champs d'expérience.