pour un parti révolutionnaire


En bref en mai 2008

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Les titres

- Une dépêche de l'AFP du 30.04.08
- Note du site
- Bush et Sarkozy détiennent un record : 71% d'impopularité : chassons-les !
- Mimétisme.
- Deux poids, deux mesures...
- Schivardi et et le POI dans leurs oeuvres.
- Note du site
- Une étoile est née, une autre meurt.
- Semaine sociale.
- Élection à l'Unedic.
- Leur Europe : antisociale !
- Elections en Serbie
- Situation au Liban.
- Émancipons-nous du capitalisme !
- Vive la révolution prolétarienne !
- Causerie sur le militantisme.
- Infos du site
- Infos du site
- Une tentation permanente pour Sarkozy et le patronat : Abroger le droit de grève.
- Ils disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas.
- Huit syndicats de la SNCF appellent à la grève le 22 mai.
- Retraites : après Air France, préavis de grève SNCF et RATP pour le 22 mai
- Appel à la mobilisation des magistrats le 20 mai
- Remise en cause du droit de grève en France : conforme à la Constitution.
- Compte rendu succint de la journée du 15 et suite.
- Chirac ne savait pas ce qu'il signait. Qui peut le croire ?
- A tout prix maintenir le dialogue sociale avec le gouvernement.
- Exercice dangereux d'équilibristes.
- Darcos sait de quoi il parle et à qui.
- Le président le plus impopulaire de la Ve République.
- Infos sociales sur la journée du 22.
- L'UMP-PS-PRG : même combat !
- Couac couac à l'UMP. Rien ne sert de courir...
- Des patrons en difficultés : qui va payer ? Devinez ?
- Note du site.
- Tranche de vie indienne.
- Correction.
- Causerie sur le parti.
- Note du site.
- Un défit insurmontable pour le capitalisme.
- Retraites : au gouvernement de décider. Il n'en demandait pas moins.
- La politique de la main tendue.
- Figure de style et cynisme professionnel.
- La précarité se généralise.
- OGM : Sarkozy aux ordres de la multinationale américaine Monsanto.
- Les vases communiquants ou lorsque l'UE fait preuve de mansuétude.
- Note du site.
- Une dépêche de l'AFP.
- Note du site.
- La montagne des stocks de riz japonais.


Le 1er mai 2008

Une dépêche de l'AFP du 30.04.08

"Les défilés du 1er mai annoncent un mois de manifestations.

Les manifestations syndicales de la fête du Travail, jeudi, marquent le coup d'envoi d'un mois de mai agité dans la rue, notamment le 15 mai avec les fonctionnaires et les lycéens et le 22 mai contre les projets gouvernementaux de réforme des retraites.

Quarante ans après, les syndicats fêteront aussi mai 1968 sur le pavé, alors que la fête du Travail, qui aura cette année pour thèmes centraux le pouvoir d'achat, les retraites et les sans-papiers, constitue l'exorde d'un mois de revendications.

Après des appels à la grève dans l'Education (FSU, Unsa-Education, Sgen-CFDT, Ferc-CGT et Sud-Education) et parmi les fonctionnaires (CGT, FSU, Solidaires, Unsa, CFTC, FO, CFDT) pour le 15 mai, les cinq confédérations (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) ont convenu mardi d'une journée nationale d'action et de manifestations la semaine suivante "pour la défense de la retraite solidaire". L'Unsa, Solidaires (Sud) et la FSU ont annoncé mercredi qu'ils se joignaient au mouvement.

Dans de nombreuses villes de France, plusieurs syndicats afficheront dès jeudi leur unité derrière une banderole sur "les salaires, le pouvoir d'achat, l'emploi, les retraites et la paix" : à Paris, comme à Marseille, Lille, Tours, Strasbourg, Toulouse ou Bordeaux, CFDT, CGT, FSU, Unsa, Solidaires feront cortège commun.

Dans la capitale, les leaders de ces organisations, exception faite d'Alain Olive (Unsa) qui défilera à Strasbourg, manifesteront côte à côte de la République (départ 14H30) à la Nation. La CFDT n'avait pas défilé à Paris aux côté d'autres organisations depuis 2003.

"Cette unité s'inscrit dans la lignée de nos actions intersyndicales régionales menées cette année, comme sur le pouvoir d'achat avec une manifestation le 16 avril", explique-t-on à la CFDT Ile-de-France, co-organisatrice du défilé parisien.

Dans la lignée du mouvement qu'elle a initié il y a quinze jours en Ile-de-France, la CGT mettra en tête de son carré parisien des salariés sans-papiers.

"Qui mieux que les travailleurs sans-papiers de France pour illustrer La fête du Travail et de la solidarité internationale ?", souligne Francine Blanche, secrétaire confédérale CGT, estimant qu'"ils ont conquis leur place dans le salariat français".

La question des retraites prendra également une nouvelle importance après l'unanimité syndicale affichée lundi contre le projet gouvernemental.

Mais tous n'ont pourtant pas le même objectif: si FO et la CGT sont fondamentalement contre le passage à 41 ans de cotisation, la CFDT et la CFTC ne sont pas opposées au principe mais estiment que rien n'a été fait, en particulier en matière d'emploi des seniors, pour éviter l'augmentation de la durée de cotisation en 2012.

Le mot d'ordre du 22 mai, volontairement large, n'entend "pas nier les différences d'approche existantes entre organisations sur les réponses à apporter", ont d'ailleurs précisé les syndicats dans leur communiqué.

FO, qui avait initialement appelé à faire converger les revendications sur les retraites avec celles des lycéens et des fonctionnaires le 15 mai, profitera du 1er mai pour faire entendre sa voix sur le sujet.

Elle défilera seule pour le "blocage à 40 ans" (de cotisation, ndlr) et le pouvoir d'achat, notamment à Paris entre la place d'Italie (départ 11H30) et la place de la Commune (XIIIe).

La CFTC défilera sur un mot d'ordre unique, le pouvoir d'achat, entre la République (départ 10H00) et le boulevard Rochechouart (XVIIIe)."

Commentaires.

J'ai toujours l'impression que la question des sans-papiers est utilisée par les dirigeants syndicaux pour diviser la classe plutôt qu'autre chose, plus encore aujourd'hui qu'hier. Alors que la question des salaires et des retraites concernent directement la totalité des travailleurs, bizarrement c'est la question des sans-papiers qui est mise au premier plan, mais bon, je ne dois pas être le seul à me poser cette question, comme dirait l'autre il n'y a pas de fumée sans feu, et côté manipulation les dirigeants en connaissent un rayon !

A la lecture de cette dépêche, on a aussi l'impression d'un énième remake sans perspective politique. A quoi bon parler de la division syndicale, à quoi servirait finalement l'unité des organisations dirigées par des lieutenants de la bourgeoisie, dès lors que rien n'a été entrepris pour aider le prolétariat à prendre conscience qu'il devra s'auto-organiser pour briser l'obstacle des appareils des organisations et des partis.

On nous parle beaucoup de mai 68. Si c'est pour refaire demain un mai 68 ou un juin 36, cela ne m'intéresse pas, à moins de vouloir encore accorder des décennies ou un siècle de répit au capitalisme, ce n'est pas mon objectif politique.

J'ai vécu de loin mai 68 puisque je n'avais que 13 ans. Tout ce que je peux dire en tant que fils de menuisier en bâtiment, c'est que ma famille a continué de vivre aussi mal qu'avant, c'est-à-dire dans la pauvreté. Que la situation d'autres couches de la société se soient améliorées me laisse indifférent. L'agitation syndicale actuelle a un contenu purement corporatiste, dans les deux sens du terme, il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas l'avoir compris.

Qu'encore une fois les uns et les autres emboîtent le pas aux dirigeants n'a rien d'étonnant, on se demande ce qu'ils feraient s'ils ne les avaient pas, ils seraient orphelins ou perdus les malheureux, en réalité, ce sont eux qui leur donnent le bon rôle et d'une certaine manière renforcent leur position face aux travailleurs. Les dirigeants sont incontournables donc tournons sans cesse autour, restons le plus près possible d'eux, alors que la très grande majorité des travailleurs ne s'y intéressent pas du tout ou savent quoi en penser, j'ai toujours à l'esprit que seulement 5% des travailleurs du privé sont syndiqués, et encore, la majorité dans les grandes ou moyennes entreprises.

En général, ceux qui prétendent combattre les dirigeants se comportent en réalité comme leurs satellites et pas autrement. Pour eux la classe se limite à leur propre environnement, s'ils sont syndiqués, fonctionnaires ou qu'ils bossent dans une grosse boîte, ils s'imaginent que c'est le cas de l'ensemble du prolétariat, alors que c'est absolument faux. Que leurs analyses en soient faussées, inimaginables, le monde entier gravite autour de leur petite personne. Ne leur dites pas non plus que la très grande majorité des syndiqués sont plus corporatistes qu'autre chose, qu'ils défendent leurs propres intérêts et qu'ils n'en ont rien à foutre du reste, malheureux ils vont vous étriper !

Travailler dans les syndicats ne voulait pas dire qu'il fallait se définir par rapport à eux, qu'il fallait définir nos tâches en conséquence, pire qu'il fallait définir une perspective politique à partir de la place qu'ils occupaient, c'était le meilleur moyen de capituler devant les appareils, et c'est pourtant l'attitude qui prédomine depuis 60 ans dans l'avant-garde du mouvement ouvrier.

Le travail dans les syndicats, s'il n'est pas relié à la nécessité de l'abolition du salariat, du capitalisme, c'est du réformisme pur jus, du trade-unionisme qui conduit effectivement au corportisme. La soumission au capitalisme puis l'intégration des syndicats à l'Etat n'est plus ensuite qu'une formalité à moyen ou long terme. La prise de conscience de la nécessité d'en finir avec le capitalisme est le point de passage et le point commun au syndicalisme et au politique, chacun conservant sa spécificité et son autonomie d'action je précise.

On mesure ici à quel point la soi-disant indépendance des syndicats par rapport au partis est une entreprise qui a pour objectif de soumettre le prolétariat au capitalisme au lieu de le combattre. Ceux qui défendent cette thèse sont en réalité les fossoyeurs du mouvement ouvrier.

Si j'étais délégué syndical aujourd'hui, je me battrais dans ma boîte sur nos revendications, mais surtout, je mènerais le combat contre le capitalisme, j'afficherais et je rédigerais des bulletins ou des tracts expliquant comment fonctionne le capitalisme, je piocherais largement dans les ouvrages des marxistes. Dès que je changerais de casquette pour endosser celle de militant politique, la liaison avec la situation politique et le combat contre le gouvernement, les institutions et l'Etat serait si facile à établir, tellement naturelle, le combat contre le capitalisme, que la perspective politique que je développerais ne serait pas coupée de la réalité que vivent les travailleurs, et je suis certain que la plupart seraient capables de saisir de quoi je parle. Malheureusement je suis trop âgé pour le vérifier sur le terrain et surtout trop loin (en Inde), si cela tente des camarades, qu'ils n'hésitent pas à nous rendre compte de leur propre expérience. Je ferais de la formation marxiste des masses sur le terrain syndical, le tout couplé au développement de la lutte des classes dans le monde, ce serait passionnant de voir progresser pas à pas la conscience politique de ces travailleurs, il y a vraiment matière à avancer quand on y pense.

C'est pour toutes ces raisons que je rejette les appels en direction des bureaucrates pourris des syndicats, le front unique des bureaucrates, le gouvernement des bureaucrates, c'est vraiment être en panne sur le plan intellectuel ou n'avoir aucune imagination, car il faut en avoir quand on est face à une situation inédite dans l'histoire.

On dispose de tant de matériels pour mener notre combat sur la base de notre programme, sous notre propre drapeau, celui de la révolution socialiste internationale, sur la base des principes du marxisme et des enseignements qu'il nous a légués, qu'il est honteux de s'en remettre aux appareils, au réformisme, au capitalisme finalement.
 


Le 7 mai 2008

Note du site

Face à la chaleur écrasante, 40°C, un climatiseur en panne depuis 20 jours, des coupures de courants intempestives, il est 15h13, il y en a eu une dizaine depuis 7h30 ce matin, des rafales de vent brûlants qui viennent du sud, on a eu un mini cyclone il y a trois jours, et pour finir l'absence de mon épouse donc je dois tout me taper seul, j'ai du mal à me concentrer sur mon travail et je suis littéralement crevé. Vous avez compris que c'est l'été à Pondichéry. Il n'y a que la mer qui ne bouge pas trop, elle a recommencé à creuser la plage comme tous les ans à cette saison, mais il reste encore de la marge avant qu'elle n'atteigne la maison, disons 40 mètres en étant généreux. Il y a parfois des vagues si fortes le soir que j'ai l'impression qu'il y a un orage, c'est terrible, impossible de dormir.

Vous ne m'en voudrez pas de bosser au ralenti, il faut bien que je me repose aussi les yeux, par contre je vous assure que depuis le début de l'année je n'ai pas fait une seule sieste, sauf une fois, je me suis endormi sur une chaise tellement j'étais crevé, et ne me demandez pas la température de la mer, je ne me baigne pratiquement plus, je suis blasé que voulez-vous, je suis un sale petit bourgeois c'est bien connu. Il faut bien donner du grain à moudre à mes nombreux détracteurs, les schivardistes, ils sont perpétuellement à court d'arguments et j'en suis gêné pour eux.

J'allais oublié, les infos en bref de la fin avril seront recopiés demain sur le fichier du mois d'avril, je n'ai pas le temps maintenant. Un autre texte sur la démocratie et les droits politiques devrait être terminé demain ou dans deux jours. J'expliquerai la différence ou l'opposition entre la défense de la démocratie et la défense des droits politiques du prolétariat.

Bonne continuation à tous.


Bush et Sarkozy détiennent un record : 71% d'impopularité : chassons-les !

Selon un sondage publié jeudi 1er mai par CNN, 71 % des Américains désapprouvent la conduite des affaires de G. Bush. Il est désormais "le président le plus impopulaire de l'histoire moderne" des Etats-Unis. Ni le président Richard Nixon ni le président Harry Truman n'avaient franchi le seuil de 70 % de mécontents.

Selon le baromètre CSA pour iTélé et Le Parisien du 2 mai, sondage réalisé les 29 et 30 avril, la cote de Sarkozy est au plus bas chez les employés (29 %), mais aussi chez les professions libérales et cadres (25 %).

(source : Le Monde 03.05)


Mimétisme.

Cinq ans exactement après la proclamation victorieuse de Bush sous la bannière "Mission accomplie" du porte-avions Abraham-Lincoln, la Maison Blanche a reconnu une erreur de communication dont elle continuait à "payer le prix".

Un an après son élection, au cours de l'émission "En direct de l'Elysée" (TF1 et France 2), Sarkozy a reconnu une "erreur de communication totale" sur le paquet fiscal.

(source : AFP 24.04, Le Monde 03.05)


Deux poids, deux mesures...

Face aux émeutes de la faim sur le continent africain, on a appris que dans l'urgence, le gouvernement américain avait débloqué 127 millions d'euros, le gouvernement français 60 millions et celui de Grande-Bretagne 37 millions.

La Réserve fédérale a annoncé qu'elle allait injecter, en deux fois, 100 milliards de dollars à 28 jours au mois d'avril pour soutenir les banques et institutions financières au bord de la faillite.

... ou quand la fin justifie les moyens que la faim n'a pas !

(Reuters 28.03 et 25.04)


Schivardi et et le POI dans leurs oeuvres.

Je viens d'apprendre que Schivardi avait donné deux autres interviews, l'un à Var Matin et l'autre à Libération Toulouse. Je n'ai pas réussi à me procurer le second, un camarade de Toulon devrait m'envoyer des extraits du premier qui date du début du mois de mai.

Un scoop Schivardi demande que le mot républicain figure dans le nom du nouveau parti du PT. En dehors du FN, tous les partis se réclament de la République, cela tombe bien, le POI va pouvoir ratisser large, très large...

Il explique aussi que 3 000 adhérents du PS ou proches du PS auraient rejoint le POI, confirmant que ce parti sera bien un appendice du PS, un parti ouvrier bourgeois composé essentiellement de petits bourgeois, de patrons à l'instar de Schivardi fils de patron... Un authentique parti ouvrier le POI ? Si vous en douter, c'est forcément que vous êtes de mauvaise foi !

Schivardi a également annoncé qu'il sera candidat à la présidentielle de 2012, ce qui veut dire qu'il se situe dans la même perspective que Sarkozy qui compte bien demeurer à l'Elysée encore pendant 4 ans ! Il a précisé aussi que le POI ne serait pas un parti d'extrême gauche, mais un parti de gauche, ouf, nous voilà soulagés ! Tout en martelant qu'il était un partisan de la propriété privée des moyens de production, alors pour un parti de gauche, tu repasseras. Cela confirme ce que j'ai écrit il y a quelques semaines, que droite et gauche appartenaient bien au même camp n'en déplaise aux dogmatiques qui ont une interprètation livresque de l'histoire. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il faille tout confondre.

La cerise sur le gâteau pour vous détendre : Schivardi a rencontré l'humoriste raté Nicolas Canteloup qui l'a invité à l'Olympia, et Drucker consacrera une émission en sa compagnie dans la commune de Schivardi au mois de juin. Ce n'est pas un canular. Ce sont les dirigeants du PT qui vont être heureux, enfin la consécration, enfin leur parti va sortir de l'ombre du blockhaus hideux et inhospitalier du 87 rue Faubourg Saint-Denis, et de quelle manière s'il vous plaît, par l'intermédiaire d'une émission de divertissement animé par un fidèle laudateur de la Ve République, Michel Drucker ! Après ils peuvent se foutre du guignol Besancenot, ils ne valent décidément pas mieux avec Schivardi.

J'ai une question à poser ici aux militants du PT, plus précisément aux militants qui se réclament encore du trotskisme : comment pouvez-vous concevoir dans votre parti des individus comme Schivardi qui défendent apparemment des positions en totale contradiction avec le manifeste du POI ?

En fait, comme je suis un piètre manoeuvrier, sans doute parce que je ne suis pas resté assez longtemps à l'école de Lambert, je vais vous donner ma réponse : s'il n'y a pas de contradictions entre la présence de Schivardi et le manifeste du POI, c'est tout simplement parce que le manifeste du POI est conforme dans la pratique aux positions défendues par Schivardi.

Explication. Il y a d'un côté le manifeste du POI, un simple morceau de papier sans véritable intérêt puisqu'il y manque l'essentiel (les moyens pour le mettre en oeuvre et son réel objectif politique), c'est un document à valeur théorique qui présente la caractéristique d'être inachevée donc de prêter à toutes les interprétations possibles, par conséquence le républicain petit bourgeois et le trotskiste à l'esprit sclérosé peuvent y trouver leur compte, et de l'autre il y a la politique opportuniste et réformiste mise en oeuvre par le POI qui elle est bien réelle. Je vous mets au défi de nous fournir une autre explication cohérente, solidement argumentée bien entendu.

J'attends que le camarade m'envoie la suite de cet article au format word, le temps de le taper puisqu'il n'a pas de scanner.

Schivardi prend une nouvelle fois partie pour la défense du capitalisme. Honte aux militants du PT qui ont accepté sans broncher de rejoindre le POI ! Et nos sincères encouragements à ceux qui l'ont rejoint avec l'intention de combattre la tendance pourrie animée par Schivardi pour la virer du POI. Ils vont avoir du boulot puisque Gluckstein la soutient !
 


Le 10 mai 2008

Note du site

Voici la base de mon prochain texte, sous forme de questions auxquelles je vais m'efforcer de répondre :

1- La dégérescence totale du PS n'est-elle pas finalement le meilleur témoignage de la faillite du réformisme ?

2- Gluckstein reproche au PS d'avoir abandonné le réformisme, mais en réalité ne serait-ce pas l'idéologie réformisme qui reposerait dès l'origine sur la capitulation devant la bourgeoisie ?

3- Le réformisme se relie-t-il au mouvement ouvrier avant ou après les découvertes de Marx ?

4- N'incarne-t-il pas la préhistoire du mouvement ouvrier quand il était encore incapable de s'émanciper du capitalisme ?

5- Dès lors que l'abolition graduelle du capitalisme au profit du socialisme qui constitue la stratégie et la finalité du réformisme est impossible à mettre en oeuvre, ne doit-on pas en déduire que le réformisme est une idéologie bourgeoise opposée et étrangère aux intérêts fondamentaux du prolétariat ?

6- Les réponses à ces cinq questions ne suffisent-elles pas à prouver que le réformisme est effectivement étranger au prolétariat sans avoir besoin de recourir à des citations de Luxemburg ou Lénine ?

Si vous voulez participer à la rédaction de ce texte, envoyez-moi vos idées avant dimanche soir.

Bon week-end à tous.
 


Le 13 mai 2008

Une étoile est née, une autre meurt.

J'ai manqué la prestation du poupon de la LCR, Besancenot, à l'émission de Drucker, je viens de l'apprendre par une dépêche de l'AFP (le 12.05). J'ai appris à cette occasion qu'il avait le temps de bosser, de jouer au football et de fréquenter les salles de boxe, j'ajoute, de militer, d'écrire des articles, de lire, de participer à des réunions, etc., je me doutais depuis longtemps que nous avions à faire à un surhomme brûlant la vie par les deux bouts, l'angoisse de la précarité et du chômage en moins.

Comme il n'effraie pas vraiment les représentants du capital, le journal de la grande bourgeoisie, Le Figaro, lui a consacré une page entière vendredi, un coup de pub qui va faire jaser au PT ! J'ai noté aussi que la députée du Parti radical de gauche Christiane Taubira est venue lui témoigner sa sympathie en lui enjoignant de continuer son oeuvre de bienfaisance aux côtés de Sarkozy : "S'il te plaît, continue à parler!"... cela n'engage à rien. Je conseille à Drucker d'inviter Chevènement lors de la prestation de Schivardi en juin prochain, comme cela il n'y aura pas de jaloux ! On se divertit comme on peut en France apparemment. Quel bonheur d'échapper à ce piteux spectacle.

Il paraît que Besancenot "revendique pour (sa) génération un gros doute", pas de bol, ce qu'ont besoin les travailleurs et jeunes, c'est de certitudes et les certitudes ont les trouve dans les fondements et les contradictions du capitalisme qu'il est légitime de combattre et d'abattre. Je ne sais pas s'il l'a dit lors de cette émission, j'en doute.

Un scoop de LO.

Lors d'un discours a la fête traditionnelle de LO à Presles, Arlette Laguiller a découvert que le parvenu Sarkozy gouvernait pour les "riches", nous voilà bien avancés ! : ""Après un an de présidence Sarkozy, tous peuvent constater que cet homme est le porte parole des plus riches de la société (...). C'est en fonction des intérêts des riches qu'il gouverne et rien qu'en fonction de cela". Ça plane toujours aussi haut à LO. Je la soupçonnais d'être franchement gourde, mais quand elle ajoute à propos du flic-président "L'ensemble de sa politique vise à prendre aux pauvres pour donner aux riches", confondant, je tombe à la renverse !

Je me demande comment on peut militer dans un tel parti, j'avoue que c'est toujours pour moi un mystère. Rendez-vous compte camarades, c'était si bien quand un président représentant les intérêts de la bourgeoisie se montrait généreux avec les pauvres. Quand on dit qu'ils sont tous sur une ligne réformiste, on ne se trompe pas, non ?

Un regret cependant, elle a jugé le PS "totalement absent", pas tant que cela, il soutient le gouvernement ! Elle a rappelé lors d'une conférence de presse qu'elle avait participé à l'émission de Drucker il y a 10 ans, pas étonnant. Ainsi la famille entière des prétendus partis trotskistes est à l'honneur de la République version sarkoziste. Je ne dirais pas comme Gluckstein qu'il s'agit d'un "basculement", mais d'une confirmation. (source : AFP 11.05)


Semaine sociale.

Sur les deux projets d'accord sur le dialogue social dans la fonction publique soumis par le gouvernement aux dirigeants syndicaux, à l'issue d'une ultime réunion, toujours la même hypocrisie. A suivre. (source : AFP 07.05)

S'agissant de la semaine sociale chez les fonctionnaires, j'ai extrait ceci d'une dépêche de l'AFP du 12 mai !

"Le temps fort de la semaine se situera jeudi avec une journée de grève et de manifestations dans l'Education et la Fonction publique.

Cinq fédérations d'enseignants (FSU, Unsa-Education, Sgen-CFDT, Ferc-CGT et Sud-Education), deux syndicats de lycéens et trois organisations étudiantes, ont appelé à la mobilisation, rejoints par le Snalc-Csen (syndicats du secondaire, traditionnellement de droite), la Fep-CFDT (enseignants du privé) le Snetaa-Eil (enseignement professionnel), et une intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Les syndicats lycéens, mobilisés depuis fin mars contre les 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée, ont maintenu leur mot d'ordre malgré un accord vendredi avec le ministre Xavier Darcos sur un "dispositif de réussite scolaire" dans 200 établissements en difficultés.

La Fidl (deuxième syndicat) a indiqué que, pour elle, "la mobilisation s'arrêterait" après la journée d'action de jeudi, alors que l'UNL (premier syndicat) entend "rester mobilisée".

La FCPE, première fédération de parents d'élèves réuni samedi en congrès, a aussi appelé les parents à "se mobiliser fortement" le 15 mai.

Les syndicats de fonctionnaires se sont ralliés au mouvement. Cinq d'entre eux (CGT, FSU, Solidaires, Unsa, CFTC) appellent les 5,2 millions d'agents des trois fonctions publiques (Etat, hospitalière, territoriale) à faire grève et à manifester, tandis que FO appelle à une mobilisation interprofessionnelle et que la CFDT limite son appel aux seuls fonctionnaires d'Etat. Ils s'opposent notamment au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite en 2009, et au projet de loi sur la mobilité."


Élection à l'Unedic.

A propos de l'élection du président de l'Unedic suite au départ de Denis Gautier-Sauvagnac et de Michel de Virville, on nous dit que la présidence doit revenir à un représentant du patronat.

Je vous laisse le soin d'apprécier l'épilogue de cette tragi-comédie : "Une fois n'est pas coutume, il aura plusieurs candidats: le Medef propose le président de Croissance Plus, Geoffroy Roux de Bézieux, et la CGPME son vice-président, Jean-François Veysset. Les syndicats se retrouveront donc peut-être en position d'arbitre.".

Arbitres, partenaires, convives, invités, etc., bref, ils sont in-dis-pen-sa-bles au bon fonctionnement du capitalisme et des institutions !


Leur Europe : antisociale !

Plus sérieusement, le ministre français du Travail, Xavier Bertrand, à l'issue d'une visite de travail à Lisbonne dans le cadre de la préparation de la présidence française de l'Union européenne a estimé dimanche que "L'Europe ne doit pas rester à un minimum en matière sociale", heureusement que le gouvernement est là pour s'occuper de la sociale dans ce pays ! Vive Jaurès ! (source : AFP 11.05)

Il a estimé qu'"il faut déterminer les valeurs de l'Europe sociale et s'accorder sur les outils à mettre en place", sur la base des revendications du patronat et des multinationales. Les partisans de l'Europe sociale, PCF et LCR en tête, vont être comblés, le gouvernement reprend le même mot d'ordre. Décidément le mimétisme entre la LCR et le PT ne se dément pas, la concurrence est rude chez les opportunistes, elle va de soi dans ce milieu-là.


Elections en Serbie

Les élections sur l'adhésion de la Serbie à l'UE a été un bide, 40% d'abstention et le parti pro-européen du président Boris Tadic n'a obtenu que 39% des voix exprimés, soit environ 24% des Serbes. C'est ce que l'on appelle une majorité ou presque puisqu'il manque deux sièges à son parti à l'Assemblée pour disposer d'une majorité et pouvoir gouverner.

Pour joindre les deux bouts, les journalistes sur TV5 Monde Asie ont expliqué hier soir (le 12) aux infos, que le parti socialiste de Milosevic en proie à une mutation soudaine social-démocrate pourrait rejoindre celui de Tadic pour former le prochain gouvernement.

C'est le journaliste qui a employé l'expression parti socialiste puisque c'est le nom du parti de Milosevic, comme quoi les travailleurs auront tout entendu sur le socialisme, au point d'être débarrassés, non pas du socialisme, mais de tout ce tas de conneries qui a été dit en son nom, car les travailleurs savent aussi faire la part des choses, c'est tout du moins ce que je pense. (source : AFP 11.05)


Situation au Liban.

Si on ne peut pas se réjouir de la situation au Liban, par contre on a le droit de constater avec plaisir l'échec du gouvernement français et plus particulièrement de Kouchner qui s'était impliqué fortement pour soutenir M. Siniora.


Émancipons-nous du capitalisme !

A propos de la commémoration de l'esclavage, il faut rappeler ce que beaucoup oublient de dire, c'est que l'esclavage existait déjà en Afrique et en Asie avant que les négriers venus d'Europe organisent la traîte. Les régimes dictatoriaux en Afrique en sont en quelque sorte la continuité sous une forme démocratique et plus présentable.

Si je me souviens bien, en Inde, officiellement, le nombre de personnes soumises à des conditions d'existence comparables à celles de l'esclavage, s'élevait à 50 millions il y a quelques années. J'imagine que des situations similaires existent dans d'autres pays en Asie et en Afrique.

Samedi 10 mai, à cette occasion, Sarkonapoléon a cru bon de souligner d'après le correspondant de l'AFP, que l'asservissement restait une question actuelle, il ne coyait pas si bien dire : l'oppression et l'exploitation quotidienne pèsent un poids plus qu'insupportable sur les épaules de la classe ouvrière, au point qu'on a pensé les abolir aussi. Une bonne idée, non ?

A bas la servitude, l'oppression, l'esclavage moderne, le capitalisme !


Vive la révolution prolétarienne !

Par un sondage CSA réalisé pour l'Humanité et à paraître ce mardi, on apprend que 62% des personnes interrogées pensent qu'un mouvement social comme celui de mai 68 pourrait se reproduire aujourd'hui. Voilà qui va remonter le moral des camarades.

Alors que Sarkozy durant sa campagne a déclaré sa volonté de "liquider l'héritage de 68", 78% des sondés jugent mai 68 plutôt comme une "période de progrès social", contre 16% à estimer que c'était une "période de déclin".

Le parvenu de l'Elysée est une nouvelle fois déjugé. Le déclin, c'est lui : Dehors !

Enfin, ils jugent que "mai 68 a fait avancer les choses plutôt dans le bon sens" concernant l'égalité hommes-femmes (à 86%), la protection sociale (à 78%), le droit syndical (à 74%). (source : AP 13.05)

40 ans plus tard, le mouvement ouvrier est en proie à une décomposition politique sans précédent depuis le début du XXe siècle. Le prolétariat a été incapable de se doter d'une direction révolutionnaire et il demeure sans perspective politique face au gouvernement le plus réactionnaire de la Ve République, voilà ce que chaque militant peut constater. Du général-président on est passé au flic-président, il ne nous manque plus que le dictateur-président.

Alors cet anniversaire a plutôt un goût amer. Casser du CRS ou du flic comme consolation ou défoulement, voilà ce qu'il reste à notre jeunesse littéralement sacrifiée par le capitalisme. (A suivre)


Causerie sur le militantisme.

J'ai reçu un texte d'un camarade (ex-PT (CCI) sur le réformisme, il présente selon moi des imperfections, mais je le mettrai en ligne demain ou dans deux jours, à vous de faire preuve de tolérance, c'est déjà bien qu'un militant de base (un ouvrier du privé je précise) réussisse à écrire ce genre d'article. Il faut encourager les militants à se former et à se poser des questions, tout cela va dans le bon sens, car partant d'une base saine. Le site devrait fonctionner comme une cellule ou des militants de base pourraient s'exprimer librement. S'exprimer cela ne veut pas dire balancer ses positions ou démolir celles des autres, cela veut dire fournir des analyses en les étayant avec des arguments solides et vérifiables. Si les partis fonctionnaient ainsi, chaque militant pourrait s'exprimer véritablement et certaines questions ne resteraient pas en suspens.

Je viens d'avoir une nouvelle idée pour palier le manque de parti révolutionnaire, mais cela demanderait de ma part encore un travail supplémentaire. Il serait possible de rédiger un tract bi-mensuel par exemple en rapport avec l'actualité sociale ou politique, un tract en direction des travailleurs et jeunes, que les militants pourraient imprimer et distribuer autour d'eux, cela leur éviterait de se sentir bien seul en dehors d'une structure politique. C'est une idée, à vous de me dire ce que vous en pensez. Il est évident que la plupart des textes qui figurent actuellement dans le site ne sont pas destinés au travailleur lambda, je l'avais déjà précisé à plusieurs reprises. Pour s'adresser aux travailleurs, il faut utiliser leur propre langage et se mettre à leur portée.

On ne va pas construire un parti à partir d'Internet, cela n'a jamais été mon intention, il faut garder les pieds sur terre. Par contre le site peut aider les militants à se poser des questions que personne ne pose ou ne veut poser, chacun étant libre ensuite d'adopter les positions qui correspondent à ses convictions personnelles. Je ne suis que l'aiguillon dans cette affaire, rien de plus. Si des militants partagent mes analyses, je n'ai même pas à dire tant mieux, car je peux aussi me tromper, j'en concluerai seulement qu'il y a matière à regroupement sans pouvoir dire de quelle manière il pourrait se réaliser.

J'avais eu une autre idée qu'un camarade a jugée bonne, et si je ne vous l'ai pas soumise avant, c'est par manque de temps encore une fois. Pour donner encore plus de cohérence à la nécessité d'en finir avec le capitalisme, il serait intéressant de disposer de documents succints, tout en étant précis, sur les méfaits du capitalisme dans tous les domaines, éducation, santé, logement, environnement, mais aussi la vie quotidienne de la population par exemple sur l'alimentation ; le mode de vie ; les arts en général ; les médias et leurs pouvoirs ; les relations humaines ; l'agriculture, l'élevage et la pèche, etc. Il pourrait y avoir un volet internationaliste traité par sujet, par exemple sur les guerres (et les politiques d'armement, l'industrie d'armement), les guerres civiles (orchestrées), les génocides (prévisibles et organisés), les gouvernements fantoches et les dictateurs, les déplacements de populations, le tout causé par les multinationales et/ou l'impérialisme, la politique nataliste (surpopulation) et ses conséquences, la sous-alimentation et la misère dans le monde (le pendant de la surproduction et de l'obésité ailleurs), le sida et les maladies comme le paludisme qui frappent les plus faibles (un plan de destruction massif de populations, de déstabilisation politique), en relation avec la politique (les profits) des entreprises pharmaceutiques internationales, les OGM et les engrais, pesticides chimiques (dépendance et racket qui ruine les petits paysans), etc. Les rapports de l'ONU fournissent des données intéressantes, ce ne sont pas les seules, je pense aussi à la Banque mondiale ou l'OCDE ; par Internet on a accès à un nombre considérable d'informations, il faut savoir chercher et avoir le temps, plus une connection illimitée ce qui n'est pas mon cas.

Il s'agirait de faire le procès du capitalisme dans tous les domaines en l'attaquant sous des angles différents pour aboutir à la conclusion qu'il faut l'abolir le plus vite possible. Ces documents viendraient confirmer et renforcer l'analyse scientifique et marxiste du système capitaliste aboutissant à la nécessité historique (économique et politique) de passer au socialisme. Trois ou quatres pages sur chaque sujet seraient suffisantes. Il ne resterait plus qu'à rédiger un manifeste sur la situation sociale et politique (de 1945 à nos jours), et écrire la partie sur le parti et l'Internationale pour disposer des bases sérieuses et indispensables pour un parti révolutionnaire, à défaut, de documents cohérents et complets pouvant servir à défendre une orientation révolutionnaire au sein de différents partis pour ceux qui opteraient pour ce choix.

Il est évident que ne pouvant pas tout faire, ce serait aux camarades de préparer ces différents documents, mêmes des brouillons seraient les bienvenus, ce serait un ouvrage collectif, le produit d'un travail et d'une réflexion collective. On le finaliserait ensemble après. Ce travail serait plus utile que de se livrer à une forme d'activisme sans lendemain qui épuise les militants et qui finit par les démoraliser plutôt qu'autre chose. Je suis pour promouvoir les capacités individuelles de chaque militant, j'y crois fermement, je ne crois pas à la méthode qui consiste à attendre que tout descende d'en haut, de la direction d'un parti, surtout dans la situation actuelle. Vous me direz ce que vous en pensez.

Je sais qu'il y en a qui ne jurent que par les structures politiques et ils n'ont pas totalement tort. L'activité militante passerait obligatoirement par les partis existants aujourd'hui. Certes, mais c'est insuffisant puisque la démocratie n'existe pas dans ces partis ou qu'elle est étouffée, simple constatation. Par ailleurs, personne ne contestera que je suis l'un des disciples les plus acharnés de Lénine et Trotsky à défendre la place et le rôle irremplaçable du parti révolutionnaire (marxiste). Maintenant, je soutiens qu'il est aussi parfaitement possible d'intervenir dans la lutte des classes sans passer systématiquement sous le joug des directions bureaucratiques, rien n'empêche les militants de contacter des travailleurs ou jeunes autour d'eux, sur leur lieu de travail ou d'habitation, en leur proposant de discuter en dehors des structures existantes qui ont pour finalité de canaliser les aspirations révolutionnaires des travailleurs pour les dévoyer. Si vous parvenez, non pas à convaincre un travailleur que le capitalisme doit disparaître, mais à l'aider à aboutir lui-même à cette conclusion, vous aurez atteint un objectif important à côté duquel le placement d'une carte d'un parti paraîtra insignifiant. Bien entendu, la discussion doit ensuite continuer et il faut essayer de passer avec lui à l'exercice pratique.

Nous n'allons pas faire la révolution demain matin, donc prenons le temps de procéder par ordre, faisons les choses correctement, rien ne sert de courir il faut partir à point. Nous ne sommes pas des maniaques paranoïaques au service de la trésorerie d'un appareil bureaucratique, nous sommmes uniquement au service du prolétariat, et être au service du prolétariat, c'est avant tout contribuer à former une armée de combattants révolutionnaires conscients et non des zombis qui acceptent tout et son contraire, qui passe du programme de la révolution à celui du réformisme sans la moindre réaction.

Eduquez les masses, cela a fait rire plus d'un pauvre écervelé, cela veut dire aider les masses à faire leur propre éducation politique et non le faire à leur place, cela veut dire les aider à penser par elles-mêmes, à parcourir le chemin qui les sépare de la conscience politique par leurs propres moyens.

Mais les idées n'ont jamais changé le monde, exacte, cependant le seul fait de penser est déjà commettre un acte, un acte qui en entraîne d'autres... Ensuite on ne se limite pas à travailler sur le terrain des idées, on travaille davantage avec des faits qu'avec des idées. C'est la transformation de la matière qui nous intéresse en priorité et non la transformation des idées qui ont pu naître ici ou là dans le temps sur la matière. De quelle manière s'organisent les rapports sociaux dans la société, sur quoi ils reposent et comment ils évoluent et peuvent évoluer, voilà l'essentiel pour nous. Si l'on ne s'est pas perdu en cours de route, le passage de la théorie à la pratique s'impose de lui-même comme un acte naturel.

Entre rejoindre un parti désarmé théoriquement et politiquement ou conscient que l'objectif de la lutte de classe du prolétariat demeure en toutes circonstances l'abolition du capitalisme par la voie révolutionnaire, c'est ce qui distingue un militant faible et manipulable comme une girouette chaque fois que le vent change de direction, d'un militant dont les convictions reposent sur une méthode d'analyse (le matérialisme dialectique) qu'il a éprouvée lui-même. Il y en a qui prétendent être l'aiguille qui vous indique dans quelle direction souffle le vent, plus modestement, je me contente de vous inviter à observer dans quelle direction il souffle.

Les camarades qui m'écrivent et qui ne sont plus ou pas organisés dans un parti ne doivent pas se morfondre, si je peux me permettre de leur dire cela. Ils interviennent quand même dans la lutte des classes d'après ce qu'ils me disent, c'est très bien, que voulez-vous de plus aujourd'hui ? Continuez de vous former vous-même, organisez des discussions avec d'autres camarades, invités des travailleurs à y participer, même si vous n'avez pas l'impression que cela serve à grand chose, vous vous trompez, avant de les rencontrer, faites-vous un ordre du jour des questions que vous voulez aborder avec eux, réfléchissez à la manière dont vous allez les aborder, allez-y en vous disant que vous allez apprendre quelque chose, peut-être même quelque chose venant de vous-même et que vous ignoriez.

N'étant pas un intellectuel de formation, j'ai toujours eu un problème pour répondre au tac au tac à un ou des interlocuteurs notamment au cours d'une réunion, faites comme moi, laissez parler les autres et intervenez ensuite en résumant le point de point de vue de chacun et en plaçant ce que vous aviez à dire, la méthode est efficace, vous passerez pour plus intelligent que vous n'êtes, je vous assure, je ne plaisante pas, c'est un moyen de s'appuyer sur ses propres faiblesses pour les transformer en leurs contraires sans que personne ne s'en aperçoive. Et si vous n'êtes pas capable de répondre à une question, ne perdez pas votre sang-froid, demandez aux autres ce qu'ils en pensent, en faisant la somme ou la soustraction de leurs arguments, si vous savez où vous voulez en venir, vous aurez matière à formuler une réponse cohérente. Et si vous êtes malgré tout définitivement en panne, dites que vous n'avez pas réfléchi suffisamment pour vous faire une opinion précise sur cette question et que vous en rediscuterez la prochaine fois, ou passez au sujet suivant, et s'ils insistent, dites-leur qu'il n'y a que les cons qui ont réponse à tout, en termes plus diplomatiques si vous voulez tout dépend de l'ambiance et du milieu.

Face à la misère intellectuelle de notre époque, vous n'avez pas à culpabiliser, ne vous tracassez pas, vous ne perdrez pas votre temps à démonter (dans votre tête, pas à voix haute évidemment) les mécanismes psychologiques qui servent de support aux différents intervenants, et vous ne passerez jamais pour plus idiot que le plus intelligent des intervenants, je parle en général. On pourrait épiloguer longtemps sur ce sujet. Entre nous, si cela vous intéresse, pour étudier les pathologies psycho-somatiques à la loupe, le terrain le plus propice et le plus riche en expériences demeure celui des intellectuels auxquels ce site procure des irruptions cutanées spontanées, sauf exceptions bien sûr, ils se reconnaîtront.

Maintenant, il est vrai que l'objectif n'est pas de former un club de discussion, c'est donc à chacun de voir comment il peut intervenir sur le terrain de la lutte des classes sur la base d'une perspective révolutionnaire. (A suivre)

J'ai commencé à rédiger un nouveau texte sur et contre le réformisme. Je n'ai malheureusement pas le temps de rechercher ce qu'en ont dit les marxistes, et dès que je plonge dans un ouvrage de Marx par exemple, je n'en décolle plus de la journée tellement c'est bourré d'enseignements et passionnant, au lieu d'écrire mon article.

Le site Internet ne sert peut-être pas à grand chose, c'est mon opinion, cependant en consultant les statistiques j'ai constaté que de nombreux camarades téléchargeaient les oeuvres ou les extraits d'oeuvres des marxistes. Il faut encore remercier chaleureusement les camarades qui font un boulot fantastique sur le site des Archives des oeuvres des marxistes, sans eux depuis le tsunami et la disparition de ma bibliothèque, je ne serais pas orphelin mais bien seul et démuni.

Dans Deux tactiques de la social-démocratie de Lénine, 1905, il y a une analyse intéressante sur la place et le rôle de l'Assemblée constituante et du gouvernement révolutionnaire provisoire, ce dernier apparaissant naturellement au cours de tout processus révolutionnaire, mais bizarrement il ne figure nulle part dans le Manifeste du POI, ce n'est pas la seule lacune importante.

Bien qu'on ne puisse pas tout dire ou écrire dans un seul texte, quand il s'agit d'un programme posant en principe les grandes lignes du combat jusqu'à la prise du pouvoir, l'absence d'un facteur déterminant et incontournable pose évidemment problème. Vous allez comprendre tout de suite pourquoi dans le cas du POI.

"La conférence des menchéviks néo-iskristes est tombé dans l'erreur où tombent constamment les libéraux, les gens de l’Osvobojdénié… Ces derniers, font des phrases sur l'Assemblée « constituante » et ferment pudiquement les yeux sur le fait que la force et le pouvoir restent entre les mains du tsar (de Sarkozy ou son remplaçant - note de Lutte de classe) ; ils oublient que pour « constituer », il faut avoir la force de constituer.

La conférence a également oublié que d'une « décision » de représentants, quels qu'ils soient, à l'application de cette décision, il y a encore loin. La conférence a également oublié qu'aussi longtemps que le pouvoir restera entre les mains du tsar, toutes les décisions de tous les représentants, quels qu'ils soient, se réduiront à des bavardages aussi creux et aussi pitoyables que les « décisions » du parlement de Francfort, bien connu dans l'histoire de la révolution allemande de 1848. (autrement dit, seul, le mot d'ordre d'Assemblée constituante est creux - note de Lutte de classe)

Porte-parole du prolétariat révolutionnaire, Marx, dans sa Nouvelle Gazette rhénane cinglait de sarcasmes impitoyables les libéraux, les « osvobojdentsy » francfortois, justement parce qu’ils prononçaient de belles paroles, adoptaient toute sorte de « décisions » démocratiques, « instituaient » des libertés de tout genre, mais en fait laissaient le pouvoir dans les mains du roi, et n’organisaient pas la lutte armée contre la force militaire dont celui-ci disposait. Et pendant que les osvobojdentsy francfortois discouraient, le roi guettait le moment propice, augmentait ses forces militaires, si bien que la contre-révolution, s'appuyant sur une force réelle, battit à plate couture les démocrates avec toutes leurs « résolutions »."

Voilà le sort dramatique que réserve au prolétariat les jacobins de la nouvelle social-démocratie : le POI. Je vous encourage à lire en entier ce texte de 49 pages disponible sur le site des Archives internet des marxismes, un lien vers ce site est disponible tout en bas de la page d'accueil.

Attention, il faut le lire en tenant compte de l'époque et de la situation précise de la Russie de 1905, le combat contre le tsarisme incluait celui pour la République, qui plus est, non pas comme une fin en soi, mais dans la perspective de la révolution socialiste que Lénine n'a jamais perdue un instant de vue, ce qui n'est évidemment pas le cas des dirigeants du PT ou du POI. Vous y verrez aussi de quelle manière il traitait ceux qui avaient eu la bien mauvaise idée de mettre en avant les mêmes mots d'ordre que les monarchistes (comme lorsque le PT défend la nation, la démocratie, etc. cher au coeur de Sarkozy, Chevènement, etc.), à côté de Lénine, je suis un enfant de coeur avec le PT et j'en ai presque des regrets. Cela me fait dire que ceux (les intellectuels) qui manifestent aujourd'hui de la mansuétude avec le POI sont franchement animés par des intentions de capitulards petits bourgeois.

Bonne continuation à tous, le combat continue...
 


Le 14 mai 2008

Infos du site

J'ai mis en ligne le texte du camarade dont je vous ai parlé. J'ai ajouté un texte que je viens de terminer sur le réformisme, je pense qu'il est meilleur que le précédent et comporte moins de lacunes. Il se veut à la fois didactique et militant.

Comme j'avais un terrible mal de crâne hier soir et que je ne pouvais pas m'endormir à cause de la chaleur toujours intenable, il était déjà minuit passé, j'ai continué à penser à nos affaires... Les heures passants, sans que je sache pourquoi, à partir de réflexions sur le réformisme, j'en suis arrivé à repenser à Lambert, et là, j'ai réussi à établir encore plus clairement que je ne l'avais fait jusqu'à présent sa double nature, et j'ai finalement compris (établi) qu'il avait utilisé le trotskisme auquel il avait été formé initialement pour combattre et détruire le trotskisme au profit de la bourgeoisie via le réformisme, du coup, le remplacement du tandem Lambert-Gluckstein par celui de Schivardi-Gluckstein ne présentait plus aucun mystère pour moi, à la fois logique et dialectique. J'étais comblé.

Je ne peux pas vous en dire plus ici, j'ai fait ni une ni deux, je me suis répété tout cela dans ma tête plusieurs fois pour être certain de m'en souvenir, et pris de panique à l'idée que je pourrais être pris par un foutu trou de mémoire, il était 4h du matin, je me suis levé, je suis descendu boire plusieurs cafés pour être complètement éveillé et j'ai tout mis par écrit sur un petit cahier d'écolier indien, j'ai noirci 51 pages jusqu'à 8 heures du matin en finissant par rechopper un mal de tête aussi terrible que la veille au soir.

J'ai tout repassé au peigne fin, cette fois j'ai rajouté l'épisode Jospin, la scission de 52-53, la nomination de son dauphin Gluckstein, l'arrivée de Schivardi pour finir en fanfare avec le POI. Bien entendu je ne me suis servi d'aucun document, j'ai tout cela incrusté dans ma cervelle. Je pense mettre cela au propre d'ici quelques jours, il faut laisser macérer un peu. Ce document complètera le précédent, il est plus cohérent encore selon moi. C'est très rare que je me satisfasse de mon travail, je vous livre tellement souvent des articles bâclés ou mal ficelés, excusez-moi. Je ne m'attarde pas sur les détails, ce qui m'intéresse ce sont les grandes lignes et la direction, le mécanisme qui a conduit Lambert à l'objectif qu'il s'était fixé, ce n'est pas du rafistolage ou du commérage, les données sont connues et vérifiables, j'ai simplement remis de l'ordre dans tout cela et reliées les choses entre elles sans avoir besoin de porter de jugement, les faits sont suffisamment abondants et claires, ils se suffisent à eux-mêmes. Tout n'y est pas, mais l'essentiel y est pour comprendre que Lambert n'a pas commis d'erreurs comme le prétendent ceux qui l'ont soutenu hier et qui sont incapables de réfléchir à nouveau posément à son parcours et aux leurs. Je ne suis pas historien, donc cela peut prendre parfois l'allure d'une enquête journalistique, les malintentionnés parleront d'enquêtes policières, on s'en contrefout d'avance pour rester poli.

Et moi qui voulais en finir avec cette histoire ! Cette fois je n'y suis pour rien. Heureusement que je ne fais pas de cauchemars en pensant au défunt Lambert, paix à son âme, les curés de la Libre Pensée veillent dessus. C'est bon quand même d'avoir la conscience tranquille. J'ai oublié de vous dire que je commencerai sans doute par une introduction politique pour situer notre personnage, en remettant en cause une partie du Programme de transition, en épinglant Trotsky au passage, sans l'assassiner une seconde fois je vous rassure, Lambert (et Gluckstein) s'en est déjà chargé.

Un camarade m'a envoyé un interview que Bergeron - l'"ami" de Lambert, a donné à l'occasion de la commémoration de mai 68, c'est un véritable bijou, je vous assure, plus que du grain à moudre à la disposition des révolutionnaires, mieux que du poil à gratter, de la dynamite en barre pour faire sauter la citadelle du réformisme ! J'attends d'en connaître l'origine exacte si c'est possible pour le mettre en ligne. Tout commentaire sera superflu, je vous assure, c'est un document remarquable, on en voudrait tous les jours du même tonneau, à côté les interviews de Schivardi et l'article de Jeanneney sont des bagatelles. Voilà qui me met de bonne humeur, j'espère que c'est communicatif chers camarades : aux masses !
 


Le 15 mai 2008

Infos du site

J'ai actualisé la page d'accueil du site et j'ai rajouté une rubrique : Défense du marxisme. J'en ai profité pour rajouter l'intégralité de Marxisme et révisionnisme de Lénine (1908) dans la page Marxisme, ainsi que : Il faut étudier Octobre de Trotsky (1924). Il faut lire et relire ces textes ligne par ligne, les étudier minutieusement.

N'hésitez pas à nous adresser vos notes de lecture ou vos questions, cela profitera à tous les militants, chacun aborde les choses de la vie selon ses propres expériences, c'est un enrichissement pour tous de pouvoir les partager, ayez l'esprit collectif, si je peux me permettre. C'est uniquement la confrontation des idées qui permet d'aller de l'avant et personne n'a la science infuse.

L'intelligence des militants est évaluée dans les formations politiques à partir de critères définis par des intellectuels petits bourgeois, dites-vous bien que ce n'est pas le cas ici. Tout ce qui peut permettre d'aider à faire progresser le niveau de conscience politique des militants nous intéresse, c'est le seul critère retenu sur la base de la sincérité et de l'honnêteté intellectuelle, on se fout du reste. Vous voulez ma définition du crétin : celui qui ne se pose pas de questions ou qui a réponse à tout.

Je vous aurais bien entrepris sur un autre sujet assez proche, mais je n'ai pas le temps, juste un mot, une approche. Je ne pratique pas le culte de la personnalité envers les marxistes, cependant je suis en admiration devant leur modestie, compte tenu compte de leur position dans la société, ce n'est pas un tour de force qu'ils ont réalisé, mais ce trait de caractère plus que de personnalité m'a fait pensé qu'ils étaisnt tout aussi déterminés à rester eux-mêmes, très simple dans la vie, qu'à suivre la même ligne politique (révolutionnaire et marxisme) jusqu'au bout.

J'ai comparé leur comportement personnelle et politique avec ceux qui leur ont succédé, vous savez les grands dirigeants de l'avant-garde du prolétariat qui se prennent pour les maîtres après dieu quand ils ne sont pas dieu lui-même, vous voyez sans doute de qui je veux parler, et bien j'ai constaté que si la modestie n'était pas vraiment leur point fort, c'est le moins que l'on puisse dire, leur incurie politique allait de paire, ce qui finalement n'avait rien d'étonnant. Tout oppose décidément le marxisme et le révisionnisme ! Moralité : soyez modeste dans la vie, vous deviendrez peut-être un jour marxiste, je plaisante, mais c'est à peu près cela.

Bonne fin de semaine à tous.
 


Le 16 mai 2008

Une tentation permanente pour Sarkozy et le patronat : Abroger le droit de grève.

Le mouvement national qui se poursuit contre le projet de réforme portuaire qui prévoit le transfert au privé des grutiers et des ouvriers chargés de la maintenance, a été qualifié ainsi par Christian Leroux président de l'Union maritime et portuaire (Umep) : "Il s'agit d'un conflit corporatiste d'un autre âge".

Les ouvriers restent sourds aux appels à épouser les intérêts du capitalisme, les patrons devraient le savoir depuis le 6 mai 2007. Les conditions objectives l'emporteront toujours sur les appareils, le PS en sait quelque chose.

Sur RTL, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, André Santini, a parlé ainsi de la grève des fonctionnaires : "La grève, c'est un mode de réclamation qui est certainement daté", en réitérant sa proposition de grève à la "japonaise", aller au travail avec un brassard manifestant son mécontentement.

Le même jour sur LCI, Xavier Darcos s'exprimait aussi sur le même sujet : "Ces méthodes ne sont pas adaptées aux problèmes que nous connaissons aujourd'hui", les qualifiant de "surannées".

Le jour même où les enseignants, les lycéens et les parents d'élèves manifestaient dans toute la France contre le saccage de l'Education nationale par le gouvernement, lors d'une brève allocution à l'Elysée, Sarkozy le provocateur n'a rien trouvé mieux à dire : "J'ai demandé au gouvernement de déposer avant l'été un projet de loi qui instituera un droit à l'accueil des enfants qui sont inscrits dans nos écoles". Nous reviendrons demain sur le contenu choc de son allocution.

Le gouvernement Sarkozy-Fillon-Kouchner est assurément le plus réactionnaire depuis le coup d'Etat du général de Gaulle de 1958. Il est rempli de nazillons, celui de de Gaulle était rempli d'ex-nazillons. Sarkozy a-t-il l'étoffe d'un dictateur ? Pas sûr que le rapport de forces entre les classes lui permettra de mettre à l'épreuve tous ses talents et de l'emporter.

Si l'on veut sauver l'essentiel de nos acquis, il faut se disposer dans la perspective de la chute du gouvernement et des institutions, car c'est la seule perspective correspondant aux intérêts de l'ensemble du prolétariat et au-delà des classes moyennes, qui peut les unifier dans un même combat révolutionnaire. Ceux qui se placent délibérément dans la perspective de 2012 sont vendus à l'ennemi, ce sont des traîtres.

(source AFP 14.05 ; Reuters 15.05)


Ils disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas.

La société de location de véhicules Ucar a publié dans plusieurs quotidiens une publicité infâme pleine page, intitulée en caractères énormes : "Les pauvres sont dégueulasses, ils polluent".

Suite à la réaction qu'elle a sucité de la part du haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch, sur RTL, le P-DG d'Ucar Jean-Claude Puerto s'est défendu : "Je pense qu'il n'a pas de mémoire, il oublie probablement le 'salaud de pauvre' de Coluche qui a précédé la création des restos du coeur et qui a évidemment inspiré notre communication".

Pour paraphraser un humoriste qui avait dit : on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui, je dirais qu'on peut tout dire, tout dépend qui le dit, et de la part d'un patron, c'est franchement ignoble et inqualifiable. Il faudra les pendre !

Pour que les patrons puissent se permettre publiquement ce genre d'ignominie, comme ils se permettent de brocarder ouvertement le droit de grève, cela donne une idée assez précise des intentions sordides ou haineuses qui les animent et le regret (l'impatience) qui doit les bouffer littéralement de ne pas pouvoir les mettre à exécution, autrement dit de nous foutre sur la gueule.

(source : Reuters


Huit syndicats de la SNCF appellent à la grève le 22 mai

Dépêche de presse sans commentaire, pas le temps.

Reuters - Jeudi 15 mai, 18h42PARIS (Reuters) - Huit syndicats de la SNCF appellent à la grève le 22 mai pour la défense des retraites et l'augmentation des salaires.

Après la Fgaac (conducteurs autonomes) mercredi, sept organisations ont déposé jeudi un préavis de grève qui court du mercredi 21 mai à 20h jusqu'au vendredi 23 mai à 8h, a indiqué un responsable de FO.

Dans leur préavis, les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, Sud-Rail, Unsa et CFE-CGC exigent "l'arrêt de l'allongement de la durée de cotisation pour percevoir une retraite pleine et entière", mais aussi "la réouverture des négociations salariales."

Ils réclament également "la poursuite des négociations, dans le cadre de la réforme du régime spécial" de retraite des cheminots, qui a été réformé comme celui des agents de la RATP à l'automne dernier.

La durée de cotisation des cheminots passera progressivement à 40 ans d'ici 2012, contre 37 ans et demi jusqu'alors.

Gérard Bon


Retraites : après Air France, préavis de grève SNCF et RATP pour le 22 mai

Dépêche de l'AFP du 15 (extrait) sans commentaire, pas le temps.

Dans le transport aérien, les syndicats CGT, CFDT, FO et CFTC d'Air France ont déjà appelé, mercredi, à une grève le 22 mai.

A la SNCF, un préavis commun CGT-CFDT-FO-CFTC-Sud-Rail-Unsa-CFE-CGC court du mercredi 21 mai à 20H00 jusqu'au vendredi 23 mai à 8H00 et "permettra aux cheminots de participer aux initiatives interprofessionnelles décidées pour le jeudi 22 mai", selon le texte dont l'AFP a obtenu copie. Le huitième syndicat, la Fgaac (conducteurs autonomes) avait annoncé un préavis séparé dès mercredi.

Les sept syndicats ont "exigé" jeudi "l'arrêt de l'allongement de la durée de cotisation pour percevoir une retraite pleine et entière", mais aussi "la réouverture des négociations salariales".

Ils demandent aussi "la poursuite des négociations, dans le cadre de la réforme (du) régime spécial" de retraite des cheminots, qui a été réformé comme celui des agents de la RATP à l'automne dernier. Leur durée de cotisation passera progressivement à 40 ans d'ici 2012, contre 37 ans et demi jusqu'alors.

A Paris, à la RATP, le premier syndicat, la CGT, ainsi que FO et la CFDT, appellent aussi les agents à la grève le 22 mai.

L'Unsa-RATP, deuxième force syndicale à la régie francilienne, et la CFTC, n'ont pas encore pris position.

Sud-RATP et CFE-CGC appellent simplement les agents à se joindre aux manifestations, mais ne déposent pas de préavis de grève.

Dans un communiqué, Sud fait valoir qu'il "ne s'est jamais fourvoyé dans la dilution de la protestation par le dépôt de préavis disséminés, d'une seule journée d'action, ayant pour unique but de donner bonne conscience aux confédérations syndicales qui ont sacrifié les régimes spéciaux sur l'autel de la représentativité dans de basses tractations d'arrière boutique".

Les Indépendants ne prévoient rien, l'enjeu étant trop lointain dans le temps, a précisé un de ses responsables.


Appel à la mobilisation des magistrats le 20 mai

Une dépêche de l'agence Reuters sans commentaire, pas le temps.

Reuters 14 mai 2008 - L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) appelle à une mobilisation le 20 mai prochain dans les juridictions pour protester contre le projet de réforme du Conseil supérieur de la magistrature, inclus dans le texte sur la réforme des institutions.

Le syndicat majoritaire appelle les juges, qui n'ont en principe pas le droit de grève, à "manifester leur désaccord par tous moyens, lecture de communiqué au début des audiences, report ou renvois du début des audiences, conférences de presse, assemblées générales...".

Le projet adopté mercredi en conseil des ministres prévoit que les deux instances du CSM, l'une pour le "siège" (qui juge et enquête) l'autre pour le parquet (qui déclenche les poursuites et représente l'accusation), comprendront chacune sept magistrats et huit non-magistrats - un conseiller d'Etat, un avocat et six personnalités n'appartenant ni au Parlement ni à l'ordre judiciaire.

Deux de ces personnalités seront désignées par le président de la République, deux autres par le président de l'Assemblée nationale et les deux dernières par celui du Sénat. Dans la situation politique actuelle, la majorité de droite pourrait donc nommer un CSM où six membres lui seraient favorables.

Aujourd'hui, les deux formations comprennent chacune six magistrats élus et quatre personnalités extérieures.

L'USM estime que cette réforme "masque une véritable reprise en main de la magistrature et constitue une grave menace pour l'avenir sur la neutralité et l'impartialité des nominations de magistrats".

Thierry Lévêque
 


Le 17 mai 2008

Remise en cause du droit de grève en France : conforme à la Constitution.

Voici ce qu'a dit Sarkonapoléon le 15 mai : "Je respecte le droit de grève. C'est une liberté fondamentale qui est garantie par la Constitution. J'ai bien l'intention, non seulement de respecter mais de préserver cette liberté fondamentale".

Il se réfère encore la Constitution de la Ve République, c'est aussi elle qui permet au représentant du capital de porter atteinte au droit de grève en prétendant le défendre, donc pour qu'il ne soit plus possible de limiter l'exercice du droit de grève dans ce pays, il faut en finir avec cette constitution qui manifestement défend les intérêts de la minorité des exploiteurs contre l'immense majorité des exploités.

Le droit du travail contre le droit de grève.

Il a poursuivi : "la grève pose des difficultés insurmontables à beaucoup de familles, en particulier aux familles les plus modestes. Elle pose des problèmes d'égalité". "Mon devoir, c'est de les entendre aussi.". De plus, il faut respecter "le droit au travail, pour les familles qui n'ont les moyens de faire garder leurs enfants les jours de grève".

Le droit au travail auquel fait allusion Sarkozy, c'est le droit à l'exploitation et rien d'autre. S'il ne bénéficiait pas du support inique des dirigeants syndicaux qui en organisant des journées d'action divisent et montent les travailleurs les uns contre les autres, il pourrait plus difficilement se livrer à ce genre de propagande ou elle resterait sans effets.

Les bureaucrates syndicaux se sont contentés de dire qu'il avait "franchi la ligne rouge"... en proposant de nouvelles journées d'action, alors qu'il faudrait appeler à la grève générale illimitée de tout le corps enseignant avec les élèves jusqu'au retrait du projet de loi limitant le droit de grève dans l'Education nationale, avec une manifestation nationale à Paris devant l'Elysée, contre Sarkozy qui détient tous les pouvoirs.

Le populisme en guise de méthode pour gouverner.

La veille, selon un membre du gouvernement, en Conseil des ministres, Sarkozy avait rendu hommage à Darcos sur le service minimum d'accueil (SMA) : "C'est très bien d'avoir lancé le débat sur le service minimum. Ce débat a permis de faire passer au second plan la grève en elle-même. C'est ça faire de la politique !", dresser les travailleurs les uns contre les autres, le gouvernement discrédité et illégitime n'a pas d'autres solutions pour tenir.

Expérimenté pour la deuxième fois jeudi, le SMA a été appliqué par 2.837 communes sur 22.500 comprenant au moins une école, apprend-on.

Quant au directeur du Port autonome du Havre, Jean-Marc Lacave, il s'est plaint que la grève des grutiers et des ouvriers chargés de la maintenance entraîne "une perte d'activité", autrement dit, si nous supprimions le droit de grève, le droit du travail serait respecté. Sarkozy est bien le représentant du capital contre le travail.

Sarkozy avoue son impuissance à convaincre du bien-fondé de son programme réactionnaire.

En déplacement en Seine-et-Marne le 16 mai, a affirmé à propos des réactions que provoque sa politique antisociale : "Il y a plus de gens qui ont le pouvoir de dire 'non' que de gens qui ont le pouvoir de dire 'oui'. Moi, je veux les 'oui', et pas seulement l'accumulation des 'non'".

Si le non est majoritaire, il est illégitime : Dehors !

(source : AFP 14 et 16.05 ; Reuters 16.05)


Compte rendu succint de la journée du 15 et suite.

Jeudi, entre 46,16% (ministère) et 63% (syndicats) des professeurs des écoles et entre 33,55% et 55% des enseignants de collèges et lycées ont débrayé pour protester contre les milliers de suppressions de postes et contre les nouveaux programmes du primaire.

Dans l'immédiat, dimanche 18 mai , la FSU appelle seule à une manifestation nationale à Paris, de la place de l'Opéra (départ 13H30) à la place de la Bastille.

Une autre journée d'action multiforme est prévue samedi 24 mai, cette fois à l'appel de 19 organisations dont la FSU, Unsa-Education, Sgen-CFDT, les parents d'élèves de la FCPE, l'UNL, l'Unef, etc.

Les dirigeants de la Fild ont prévenu qu'après la manifestation du 15, ils "s'arrêteraient là". Pour le 24 mai, la Fidl a indiqué que chaque section locale serait libre ou non de participer.

(source : AFP 16.05)


Chirac ne savait pas ce qu'il signait. Qui peut le croire ?

On vient d'apprendre que Chirac a été entendu comme témoin, le 30 avril, au pôle financier parisien, par le juge d'instruction Jean-Marie d'Huy, dans le cadre de l'affaire des détournements de fonds à la Sempap.

Par le biais de la société d'économie mixte chargée jusqu'en 1996 des travaux d'impression de la Ville de Paris, entre 99 et 110 millions de francs se seraient volatilisés où auraient été dilapidés sans que l'on sache par qui, Chirac aurait répondu au juge d'instruction Jean-Marie d'Huy : "Je signais des montagnes de parapheurs tous les soirs, je ne lisais pas tout ce que je signais."

Les caisses du RPR se remplissaient par miracle, sans que personne n'est signée ou vue quoi que ce soit. Quand chaque mois vous vous penchez sur votre relevé de compte bancaire, vous ignorez fatalement à quoi correspondent les sommes débitées ou créditées ! Et puis, signer sans savoir ce que l'on signe, cela s'appelle de l'irresponsbilité, or Chirac savait pertinemment qu'il n'avait pas que des amis dans son entourage et qu'il ne resterait pas indéfiniment maire de Paris donc son explication est plutôt légère. Aller hop, en zonzon le châtelain !

(source : Reuters 16.05)
 


Le 19 mai 2008

A tout prix maintenir le dialogue sociale avec le gouvernement.

Aschieri a dit à Reuters le 18 mai : "Il faut que le gouvernement entende qu'il y a des attentes fortes. Il pourrait faire quelques gestes qui permettraient de renouer le dialogue, sur le programme des écoles, la revalorisation des métiers, par exemple".

Ne pas rompre le dialogue social avec le gouvernement. Pendant que les dirigeant syndicaux sont dans un camp, ils ne peuvent pas être dans l'autre, d'où la nécessité de rester dans celui du gouvernement pour ne pas être amené à aller trop loin sous la pression du camp adverse.

Pour éviter que les choses n'aillent plus loin , il presse le gouvernement.

"On est dans un conflit où on n'a pas de réponse, il faut que le gouvernement fasse un geste pour renouer le dialogue", a poursuivi Aschieri.

Les autres dirigeants syndicaux utilisent le même discours et le même dispositif dans tous les secteurs où le gouvernement a entrepris de tailler à la hache dans les acquis sociaux.

Selon le correspondant de Reuters, les syndicats de cheminots dénoncent le projet sur les retraites, mais demandent également l'ouverture de négociations sur les salaires et la poursuite du dialogue dans le cadre de la réforme des régimes spéciaux une fois accepté le préalable du passage à 41 annuités.

Sarkozy négligerait les dirigeants syndicaux qui lui rappellent le rôle crucual qu'ils jouent au près de lui.

Pour l'Unsa-Education, Sarkozy manifeste néanmoins par sa décision "un cinglant mépris aux revendications exprimées le 15 mai". "C'est un triple mauvais coup : contre le droit de grève, contre les enseignants, contre le dialogue".

En coeur ils confirment et signent.

L'intersyndicale du second degré, qui regroupe sept organisations, demande pour sa part au ministre de l'Education d'engager le dialogue "au lieu d'afficher une forme de mépris pour les organisations syndicales."

Les dirigeants de la CGT en remettent une louche alors qu'il n'y a rien à négocier, sauf la capitulation sur l'essentiel.

La CGT, qui dénonce une "opération de diversion", appelle à construire "un puissant rapport de forces" et invite Xavier Darcos à ouvrir rapidement des négociations.

La préocupation des dirigeants syndicaux n'est pas de mobiliser les travailleurs pour faire aboutir leurs revendications, c'est de trouver un terrain d'entente avec Sarkozy pour qu'il puisse appliquer son programme antisocial.

Par exemple, qu'ils appellent à une grève générale de 24 heures reconductible avec une manifestation nationale à Paris pour une hausse générale des salaires, le smic à 1 500 euros net tout de suite et le retrait des contre-réformes contre les retraites, le droit à l'éducation, à la santé, etc., et il y aura des millions de travailleurs, jeunes, chômeurs et retraités dans les rues contre le gouvernement Sarkozy-Fillon-Kouchner. C'est justement ce qu'ils veulent à tout prix éviter.

C'est aux travailleurs eux-mêmes de s'organiser avec leurs organisations et leurs partis pour chasser Sarkozy et son gouvernement, pour en finir avec les institutions de la Ve République, prendre le pouvoir !

Les nouvelles du jour et la suite du programme des journées d'action.

La manifestation nationale appelé par la FSU a rassemblé entre 20 000 et 45 000 personnes dimanche après-midi à Paris entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille.

Une nouvelle manifestation est prévue pour samedi prochain, cette fois un peu partout en France à l'appel des organisations syndicales d'enseignants mais aussi de parents d'élèves (FCPE) et de lycéens.

Entre ces deux manifestations se situe le rendez-vous de jeudi, où les travailleurs sont appelés à une journée d'action contre la réforme des retraites qui prévoit le passage progressif à 41 ans de cotisation pour une retraite à taux plein.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre du Travail Xavier Bertrand a une nouvelle fois défendu son projet en soulignant que : "L'espérance de vie est aujourd'hui de 81 ans en moyenne, alors qu'elle n'était que de 75 ans en 1982 avec une retraite à 65 ans. On vit de plus en plus longtemps, les Français le savent bien. Donc il faut travailler un peu plus longtemps".

Autrement dit, le nombre d'années où les travailleurs sont délivrés de la contrainte de se lever le matin pour aller trimer et se faire exploiter et ce qu'ils appellent l'espérance de vie moyenne, est encore trop important, intolérable. Sachant que les ouvriers vivent en moyenne 5 à 7 ans de moins que la moyenne nationale, cela revient à leur laisser moins de 10 ans à vivre une fois parti à la retraite ! Trop, c'est trop !

Comme dit une chanson d'un groupe de ragga musique réunionnaise : travailler pour vivre d'accord, vivre pour travailler, trop peu pour moi !

(source : Reuters 16 et 18.05 ; AFP 18.05)


 


Le 20 mai 2008

Exercice dangereux d'équilibristes.

Fillon a réuni dimanche soir l'ensemble du gouvernement à Matignon, pour évoquer notamment la préparation du budget 2009 et fixer les modalités d'application des contre-réformes qui seront au programme du deuxième semestre 2008.

Lors d'une déclaration à l'issue de cette réunion, il a confirmé "Notre objectif reste inchangé : nous voulons atteindre l'équilibre des finances publiques en 2012. Et dès 2009, nous nous sommes fixé un objectif absolu : un déficit public limité à 2% du PIB", alors qu'il est de 2,9% cette année.

Il a précisé les moyens qu'il comptait mettre en oeuvre pour y parvenir : "C'est un objectif ambitieux parce qu'il impose à la fois de soutenir la croissance par l'investissement et la recherche d'une meilleure compétitivité, et de maintenir l'effort en stabilisant les dépenses de l'Etat en volume".

Autrement dit, d'un côté octroyer des aides fiscales ou des exonérations supplémentaires aux patrons, de l'autre, rogner davantage sur les droits acquis pour accroître l'exploitation, tout en réduisant les effectifs de la fonction publique, car pour maintenir en volume les dépenses de l'Etat alors que tous les prix augmentent et que l'inflation atteint ou dépasse 3%, il n'a pas d'autre alternative pour y parvenir que d'entreprendre des modifications importantes de structures : "Nous allons continuer sur cette voie en faisant du second semestre de 2008 celui des réformes de structures, seul moyen d'atteindre notre objectif d'équilibre", a-t-il dit.

(source Reuters 18.05)


Darcos sait de quoi il parle et à qui.

Dans une lettre adressée au secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, Xavier Darcos écrit : "D'importantes réformes pour l'école comme pour les personnels se dessinent". Il poursuit : "Ces réformes, dont celle du lycée, se traduiront par un meilleur service aux élèves et une amélioration des carrières et des conditions de travail des enseignants", alors qu'elles aboutiront exactement au contraire.

Pour mettre en oeuvre ces réformes réactionnaires, la méthode habituelle :

"Ces améliorations sont autant de champs ouverts à un dialogue social responsable auquel j'invite les organisations représentatives des personnels", en précisant qu'il proposera prochainement un "document de méthode" définissant les thèmes et les principes généraux des discussions des prochains mois.

Darcos sait qu'il peut compter sur l'état d'esprit petit bourgeois qui domine très largement chez les enseignants et qu'il suffit de flatter les intérêts corporatistes des uns contre les autres pour maintenir la division et faire passer ses contre-réformes. Il écrit : "Plus immédiatement, il est possible d'acter des améliorations concrètes en termes de carrière et de pouvoir d'achat, dont nous sommes prêts à débattre avec vous".

"Quelles que soient les différences d'approche qui peuvent exister, je suis convaincu que (...) nous pourrons dégager les convergences nécessaires à la conduite de réformes indispensables pour améliorer la qualité du service public auquel nous sommes tous attachés", conclut-il. Il sait de quoi et à qui il parle. Sans perspective politique, toutes les trahisons peuvent se justifier facilement : ce n'est pas de ma faute, il faut bien prendre en compte la situation... Les dirigeants syndicaux sont rôdés à cet exercice et Darcos le sait très bien.

Darcos a écrit des lettres similaires aux secrétaires généraux du Sgen-CFDT, Thierry Cadart, et de l'Unsa-Education, Patrick Gonthier dans lesquelles il se félicite ainsi d'avoir pu développer avec elles, depuis un an, un "dialogue social constructif et responsable". Les collabos quoi !

(source : Reuters 19.05)


Le président le plus impopulaire de la Ve République.

Selon un sondage Viavoice pour Libération, du 15 et 16 mai, la popularité du flic-président reste fixée à 38%.

Chez les ouvriers, elle tomberait à 32%, 34% chez les employés et 27% chez les jeunes de 18-24 ans qui sont étudiants pour la plupart précise la dépêche.

(source : Reuters 19.05)


Infos sociales sur la journée du 22.

Après la SNCF et la RATP, des préavis de grève ont été déposés dans plusieurs dizaines de réseaux de transports urbains de province pour la journée du 22 mai afin d'appuyer la défense des retraites.

Selon l'Union des transports publics et ferroviaires, sur 138 réseaux interrogés, des préavis de 24 heures au moins ont été déposés dans 53 réseaux, dont Lyon, Marseille, Toulouse, Rouen, Nancy, Nantes ou Grenoble.

Un scénario imaginaire.

Les pécheurs bloquent les ports, les routiers bloquent les routes, les ouvriers les transports publics et privés, les étudiants et les lycéens les facs et les écoles, les agents l'ensemble des services publics et le pays est paralysé. Il n'y a plus ensuite qu'à appeler l'ensemble du prolétariat à rejoindre le mouvement et mettre dehors le gouvernment Sarkozy fillon-Kouchner, et former notre propre gouvernement révolutionnaire provisoire, dont la première mesure d'abolir les institutions de la Ve République.

Rien de plus simple à comprendre, rien de plus difficile à réaliser, surtout en l'absence d'un parti révolutionnaire impulsant cette politique... Notre tâche prioritaire ne serait-elle pas de le construire ? Marx savait d'avance que la Commune serait vaincue, alors ne me demandez pas de croire l'impossible.

(source Reuters : 19.05)


L'UMP-PS-PRG : même combat !

Pour faire passer la réforme des institutions décidée par Sarkozy, il faut qu'il obtienne les 3/5e des voix du Parlement (Assemblée + Sénat) réuni en congrès, donc le soutien du PS. Dès lors, l'UMP et le PS sont condamnés à s'entendre puisqu'ils défendent la même politique et poursuivent le même objectif. Il y a déjà eu un précédent avec le Traité de Lisbonne. Maintenant reste à faire passer cette collusion d'intérêts sans qu'elle saute aux yeux, pour sauver les apparences du côté du PS. Le PS n'a aucune raison de poser des problèmes à Sarkozy puisqu'il n'y a aucune élection en vue, mais il doit rester en embuscade dans une situation marquée par la montée en puissance des grèves, notamment à l'Education nationale.

Le gouvernement a reçu un "a priori favorable" des radicaux de gauche, dont les voix compteront au Sénat, nous dit-on.

Les militants trotskistes qui cotoient les militants de ce parti bourgeois au sein du Parti ouvrier indépendant (information transmise par Schivardi dans son interview du 24 avril à France Soir) peuvent être fiers, si si, figurer dans le même parti que des individus appartenant à un parti bourgeois qui participent au vote sur la réforme des institutions voulue par Sarkozy, cela mérite les compliments des militants du mouvement ouvrier ! C'est la consécration pour un parti qui se veut indépendant, de quoi, pas des institutions, difficile de prouver le contraire ensuite.

(source : AFP 19.05)

(source Reuters : 19.05)


Couac couac à l'UMP. Rien ne sert de courir...

"Il faut maintenir une durée légale du travail à 35 heures", a déclaré lundi le ministre du Travail Xavier Bertrand prenant ainsi le contre-pied des déclarations de Devedjian.

Le secrétaire général de l'UMP avait demandé lundi au nom de son parti que la durée du travail soit désormais fixée "contractuellement, entreprise par entreprise", à l'issue d'une négociation sociale à l'intérieur de chaque société. "", avait-il lancé.

Interrogé par la presse, Sarkonapoléon s'est empressé de répondre : "Référez-vous à ce qu'a dit Xavier Bertrand. Comme toujours, il a bien parlé", alors que Devedjian a sorti une grosse connerie en se faisant l'avocat du Medef et des patrons en général.

Bordel, qu'il laisse donc les partenaires patronaux et syndicaux régler cette affaire tranquillement dans le cadre du dialogue social. Il en a qui sont toujours trop pressés dans le camps de la réaction et qui prennent leurs désirs pour la réalité au risque de mettre en porte-à-faux les alliés du gouvernement, quel âne ce Devedjian, il n'a toujours rien compris à la politique.

(source : AP 19.05)


Des patrons en difficultés : qui va payer ? Devinez ?.

Le mouvement des marins-pêcheurs contre la hausse du prix du gazole s'est amplifié lundi sur une grande partie du littoral atlantique, de la Manche et de la Méditerranée, avec les blocages des dépôts de carburants de La Rochelle et du port pétrolier de Lavera près de Marseille.

Du Pas-de-Calais aux Bouches-du-Rhône, les marins bloquent l'accès aux ports ou laissent les bateaux à quai en attendant la réunion du comité de suivi du plan d'aide de la filière, de 310 millions d'euros sur trois ans, que doit présider mercredi le ministre de l'Agriculture et de la Pêche.

Et vous savez d'où provient cet argent, je vous le donne en mille de votre porte-monnaie :

L'essentiel du financement du plan d'aide aux pêcheurs proviendra d'une taxe de 2% prélevée sur la vente de poissons dans la grande distribution, qui aura entre temps été intégré au prix du poisson que vous achèterez.

Quand les marins-pêcheurs, qui sont des capitalistes, sont conduits à la faillite du fait de la concurrence mondiale, cela signifie que leur existence est incompatible avec la survie du capitalisme, par conséquence ils n'ont pas d'autre solution que de combattre pour son abolition ou se ranger du côté de la réaction ou pire encore.

Que l'on ne nous demande pas de pleurer sur le sort de ces patrons, désolé, c'est au-dessus de nos moyens. Nous ne sommes pas comme Schivardi et le POI qui assurerait leur survie en leur octoyant des aides d'un Etat bourgeois qui aurait rompu avec l'Union européenne, aides de l'Etat qui proviendraient toujours des mêmes poches, les vôtres, les miennes, celles du prolétariat.

Vendre des Airbus pour faire vivre des travailleurs français qui sont parmi les mieux payés de France, d'accord, mais acheter des vêtements fabriqués en Chine qui permettent de faire vivre des travailleurs chinois, alors non. Vous êtes d'accord avec cette politique pourrie ? Où est-il passé l'internationalisme dans cette histoire ? Comme le reste : à la trappe !

(source : AFP 19.05)


Note du site

Je viens de lire la fin de l'article que Jeanneney a consacré à la Commune de Paris et j'ai commencé à préparer un article consistant bourré de citations de Marx et Engels, ce qui réjouir ceux qui en raffolent. J'espère qu'il sera prêt dans deux jours, le reste peut bien attendre.

Il n'y a qu'une chose qui me gêne, il parle du Comité de salut public, or dans le recueil de textes de Marx et Engels sur la Commune, il ne figure nulle part, ils parlent simplement des élections qui ont eu lieu à la Commune qu'il ne faut pas confondre avec le Comité Centrale de la garde nationale (le peuple en arme comme disait Marx). Une fois que j'aurai réglé cette question mon article sera prêt.

Bien entendu, je relierai l'expérience de la Commune à la révolution d'Octobre, lors de laquelle Lénine mis en pratique les principaux enseignements que Marx et Engels en avaient tirés, ce que ne pouvait évidemment pas faire Jeanneney puisqu'il ne se place pas dans la perspective de la révolution prolétarienne et la prise du pouvoir par le prolétariat, le POI qui est un parti réformiste étranger à cette méthode et à cet objectif.
 


Le 21 mai 2008

Tranche de vie indienne

En réalité ces lignes ont été écrites le 20 entre 21h et 23h.

Vous êtes sans doute nombreux à vous demander comment je vis en Inde. Voilà une tranche de vie qui n'a rien d'exotique ou de paradisiaque.

Il est 18h40, il fait déjà nuit et j'arrête d'arroser le jardin pour aujourd'hui, je terminerai demain matin. A cause de la chaleur et le terrain étant en fait une plage, il faut impérativement arroser tous les jours, cela prend environ 2h30. Pour ne plus perdre en cours de route les idées qui me passent par la tête, d'une main je tiens le tuyau d'arrsage, de l'autre mon dictaphone ou j'enregistre mes réflexions sur la lutte des classes. Si je pouvais, je me le brancherais sur le cerveau pendant que je dors !

Il fait nuit, j'appuie sur l'interrupteur, pas de courant, génial, je suis habitué. Grâce à la batterie de secours, je prépare le manger des deux chiens, du faux-filet et du riz agrémenté d'épices en quantité modérée ; le prix des meilleurs morceaux de boeuf est équivalent à celui de la côte de porc en France, c'est la viande la moins cher, le filet est à peine plus cher. (1,20 euro le kilo)

Toujours pas de courant, je prends ma douche de fin de journée, il doit faire entre 30 et 35°C et il n'y a pas un brin d'air. Ensuite pour rester de bonne humeur, je me prépare un cocktail vodka citron vert, jus d'orange, glace et limonade. J'avais prévu de me préparer du beafteck haché, mais sans courant je ne peux pas utiliser le hachoir que j'avais acheté d'occasion au proviseur adjoint du lycée français en 1978. A part du poulet, des oeufs et parfois du poisson, je n'ai mangé de la viande que trois fois en deux mois, je privilégie les légumes et les pâtes.

Je sirote tranquillement mon cocktail à la belle étoile en me demandant une énième fois comment il est possible d'aborder les travailleurs afin de les amener à acquérir une conscience politique solide. Je pense qu'il est intéressant de se poser les mêmes questions dans des circonstances différentes, on obtient parfois des réponses inattendues mais pertinentes. J'imagine une quinzaines de scènes et de dialogues avec des travailleurs ou jeunes pour aboutir au constat qu'on ne savait pas s'y prendre, qu'on avait pris décidément des habitudes détestables pour ne pas dire plutôt repoussantes, bref, côté psychologique peut mieux faire. Au lieu de se mettre à la portée des travailleurs, on se met à leur place, l'erreur fatale. Comment arriver à ce qu'un travailleur ou jeune nous dise : voilà ce qui me révolte, ce que je ne supporte pas, ce qui n'est pas normal, pour ensuite l'amener à comprendre qu'il faut abolir le capitalisme ? Même tout individualiste qui se respecte se pose des questions, il faut donc arriver à ce qu'il les pose devant nous, cela nécessite de posséder des connaissances générales qui débordent largement le champ social habituellement abordé par les partis politiques. C'est bien la raison pour laquelle les militants doivent avoir le temps ou prendre le temps se s'intéresser à autre chose que la politique proprement dite. Allez faire comprendre cela à des activistes en chef, ils vivent dans leur bulle déconnectés de la réalité. Des camarades se demandaient comment je faisais pour ne pas être coupé de la réalité, c'est simple j'ai bossé dans plus de 45 boîtes, donc j'ai acquis une certaine expérience du terrain, il me suffit de suivre l'actualité pour me remettre dans le bain comme si je n'en étais jamais sorti.

Tiens voilà le courant qui revient, je vais peut-être pouvoir manger ce soir, à midi, j'ai mangé une salade verte uniquement et rien ce matin, il m'arrive de plus en plus souvent de ne faire qu'un repas par jour, je trouve que c'est suffisant en général, on bouffe trop. J'avais envisagé de regarder le film qui commence à 18h30 sur TV5 Monde Asie, pas de bol, mais je n'ai rien perdu : Les parapluies de Cherbourg !

Je commence à hacher la viande, je zappe sur une chaîne indienne pour voir les infos, et je commence à faire cuire les spaghetti. Des villages au Tamil Nadu ont été ravagés par de forts coups de vent, je suis sûr que vous n'en avez pas entendu parler, vous avez en tête les images venant de Birmanie ou de Chine que les médias passent en boucle depuis deux semaines. Nouvelle coupure de courant. On ne sait jamais combien de temps cela peut durer, dix minutes ou dix heures !

Je commence à dîner éclairé par la lumière qui vient du bureau, la pièce où est située l'ordinateur, mon outil de travail, la lutte de classe est prioritaire. Le courant revient, je peux regarder les infos sur TV5 Monde Asie, les mauvaises nouvelles du jour qui nous viennent des quatre coins du vieux monde. Je bois un café et je me mets à transcrire cette fin de journée qui ressemble à bien d'autres.

Ceux qui pensaient qu'ils avaient à faire à un bobo, un soixante-huitard attardé, un bab cool ou un colon seront déçus. Une vie ordinaire d'un ouvrier de la région parisienne exilé en Inde. Un ouvrier pas vraiment comme les autres qui a passé une grande partie de la journée en compagnie de Marx et Engels à suivre pas à pas le déroulement des événement en France du 4 septembre 1870 à 1872, au lieu de faire une sieste sous les cocotiers. J'ai écrit que mon prochain texte sera prêt dans deux jours, je dois donc bosser, même avec une serviette à portée de la main pour essuyer la sueur qui coule de partout. Bon, c'est moins pire que de bosser en usine et je ne me plains pas, je connais aussi, pas besoin de m'étendre ici, mes potes ouvriers en parleraient mieux que moi pour avoir vécu cette vie là plus longtemps, trop longtemps n'en déplaise à ceux qui veulent les faire crever au boulot.

J'arrête là, il y a un téléfilm sur TV5 Monde Asie avec en toile de fond un accident industriel, qui me rappelle que le PT (fédération de Haute-Garonne) avait été favorable à la réouverture de l'usine AZF de Toulouse, alors que ma fille et sa mère habite cette ville et avaient été épouvantées par l'explosion, j'ai mieux à faire ce soir que de regarder la télé.

Je vous écris ces lignes car j'imagine que c'est désagréable et frustrant de se retrouver face à une machine anonyme qui vous débite des textes et des articles sans que vous sachiez qui les écrit au juste. Et de mon côté, comme je n'ai personne à qui parler, cela tombe bien. Ce n'est pas mon côté magalomane, mais légèrement névrosé, on a tous un penchant qui prédomine sur les autres. J'avais bien pensé ajouter une page au site consacrée à la vie que je mène en Inde, mais je me suis dit que vous vous en foutriez et je n'aime pas me mettre en scène, je suis fait pour jouer les seconds rôles. J'espère seulement que mes analyses participent modestement à la réflexion des militants. N'hésitez pas à m'écrire, dans la mesure du possible je vous répondrai.

Bonne continuation à tous les camarades.
 


Le 22 mai 2008

Correction

J'ai corrigé une dizaine de coquilles ou fautes qui figuraient dans le texte d'hier, je n'avais pas pris le temps de le relire attentivement ou plotôt posèment car la journée avait été crevante, avec mes excuses.


Causerie sur le parti.

Face à l'entreprise de liquidation des enseignements du marxisme que constitue la formation du POI du PT et du NPA de la LCR, ne serait-il pas possible que des camarades prennent l'initiative d'appeler à une conférence de défense du marxisme qui se terminerait par l'adoption d'un texte appelant à la construction d'un véritable parti révolutionnaire basé sur le marxisme et qui serait repris par l'ensemble des participants qui l'auraient adopté, en se constituant en comité pour un parti ouvrier révolutionnaire ? Est-ce utopique ou un fantasme, ou au contraire les forces existent pour avancer résolument dans cette voie ?

Si nous n'y parvenions pas, vous donneriez raison à Besancenot et Schivardi-Gluckstein, je ne pense pas que cette perspective vous enthousiasmera. Je suis désolé de ne pas être en France et de ne pas pouvoir prendre une telle initiative comme me le demande plusieurs camarades. Il faut oser, ceux qui combattent le trotskisme au nom du trotskisme ou qui se réclament de la révolution en soutenant le camp de la contre-révolution n'ont pas vos scrupules, ils osent.

Une réflexion qui m'est venue à l'esprit cette après-midi en arrosant le jardin.

Le PT en passant du front unique sur le plan tactique au plan stratégique, il abandonnait concrètement le combat pour la révolution prolétarienne. D'une alliance temporaire sur des questions partielles, il est passé à une coalition permanente sur des questions de fond touchant directement à la nature du parti, son programme et son objectif, on pourrait ajouter son drapeau pour être complet.

Le passage du PCI au PT puis au POI s'analyse très facilement, et si à chaque tournant droitier, Lambert et sa clique ont utilisé les événements marquant de l'époque comme écran de fumée, c'était uniquement pour le justifier. Il faut bien avouer que jusqu'à présent une poignée de militants seulement l'ont véritablement compris. Ce n'est pas de leur faute puisque tout avait été préparé minutieusement pour qu'il en soit ainsi.

La restauration du capitalisme en Russie allait servir de prétexte pour liquider le PCI construit plus ou moins sur le modèle du parti de Lénine, et l'élection de Sarkozy avec le ralliement de membres de la direction du PS au gouvernement allaient servir de prétexte à la liquidation de ce qui restait encore de référence au trotskisme et au marxisme dans le PT.

Quand Trotsky écrivait dans les Leçons d'Octobre (1924) que " La question de la sélection du personnel dirigeant a, pour les Partis d'Europe Occidentale, une importance exceptionnelle il aurait jamais pu imaginer une seule seconde que ceux qui se réclamaient ses héritiers porteraient un jour des hommes comme Schivardi ou Jeanneney à la direction de leur parti. La boucle est bouclée. Lambert a achevé son oeuvre, j'allais écrire Trotsky, mais Staline s'en était déjà chargé.

Autre chose. Je n'ai pas eu le temps de travailler sur le texte sur la Commune, sa parution sera donc retardée d'un jour ou deux, surtout avec l'actualité sociale qui est très chargée en France. Ne vous emballez pas.

J'ai lu dans l'Hebdo des socialistes du PS, du 10 mai, quelques déclarations intéressantes, celle-ci par exemple de Laurent Baumel qui devrait plaire à Gluckstein : " La vraie question des temps modernes, est de savoir comment réinvestir dans la démocratie et dans le réformisme, la passion utopique de 68.". Encore un qui a tout compris.

Une autre pour Besancenot et Krivine pour qu'il n'y ait pas de jaloux, elle est d'Henry Weber : " S’ il y avait quelque chose à liquider de Mai 68, ce serait cette exaltation de la violence, cette défiance vis-à-vis de l’État de droit et de la démocratie représentative.". Il faudrait commencer par liquider les fieffés réactionnaires qui colportent ces saloperies pour faire durer le plaisir, le leur bien sûr !

Ces gens-là sont passés de l'autre côté de la barricade et prônent le corporatisme, ils veulent que nous restions le dos plié sous le joug du capitalisme, mais ils n'y parviendront pas. Ce n'est pas la nation qui n'est pas à vendre, mais nos convictions politiques basées sur la compréhension du développement du capitalisme et de la lutte des classes, la nécessité de passer au socialisme. A bas la réaction, à bas le PS ! Vive le prolétariat et la jeunesse révolutionnaire !
 


Le 24 mai 2008

Note du site.

Les infos des jours précédents (39 articles) sont disponibles dans la page "infos en bref de mai". J'ai rectifié quelques erreurs au passage, avec mes excuses. Je vous passe les problèmes informatiques quasi permanents que je rencontre du fait de l'humidité, c'est à piquer des crises de nerfs, par exemple, par moment j'ai deux fois le même mot (ou groupe de mots) qui s'affiche à l'écran, donc j'en élimine un, alors qu'en fait il n'y en avait qu'un seul d'enregistré sur le disque dur, du coup, si je ne vérifie pas une dernière fois, ce mot manquera dans le texte que vous lirez. La clémence du climat me permet de pouvoir bosser davantage, d'où l'actualisation de cette rubrique.

J'ai préparé une réponse dans un style très personnel à un courriel d'un camarade qui partagent mes analyses, je vais la mettre en ligne comme elle est rédigée car j'y aborde des questions importantes et je n'ai pas le temps de reformater ce texte,je dois finir le texte sur la Commune qui fera entre 15 et 20 pages inclus de nombreuses citations de Marx, Engels, Lénine et Trotsky sur les enseignements qu'ils en ont tirés et qui demeurent toujours valables.

Vous trouverez peut-être des coquilles dans les infos ci-dessous, je les ai rédigées hier soir très tard.

Sur l'Inde, j'ai entendu hier soir aux infos sur Sun news (chaîne en tamoul et anglais) que l'inflation atteignait déjà 7,82%. Tous les prix augmentent ici aussi. J'essaierai de vous donner plus d'infos dans les semaines qui viennent sur ce qui se passe en Inde, notamment les grèves et les mouvements sociaux qui se succèdent tous les jours à travers le pays. Le CPI (Marxiste) et le CPI (Marxiste-Léniniste) organisent des manifestations chaque semaine contre la hausse des prix... je voudrais bien m'investir dans la politique ici, mais il y a la barrière du langage et le risque de me faire expulser, de plus je n'habite pas à proximité d'une grande ville, il y a très peu d'industries installées à Pondichéry. Je continue de penser que j'ai mieux à faire avec ce qui se passe en France et à travailler sur des questions théoriques qu'il faut absolument régler...

Une infos entendus sur TV5 Monde Asie hier soir.

819 tornades ont déjà balayé les Etats-Unis depuis le début de l'année, un record. De là à penser que cela à un rapport avec la concentration de CO² et autres composants chimiques dans l'atmosphère au-dessus des E-U... Même la nature n'en veut plus du capitalisme et se venge de ses méfaits ! Pour paraphraser Bush : le mal attire le mal ! A nous de balayer le vieux monde pourri de ces ordures comme disait Lénine.

Bon week-end à tous.


Un défit insurmontable pour le capitalisme.

Les prix du pétrole ont dépassé pour la première fois les 135 dollars à Londres comme à New York jeudi.

En trois semaines, les prix ont bondi de 35 dollars et sur un an, ils ont plus que doublé.

Bien entendu on nous sert toujours les mêmes arguments pour expliquer cette situation qui permet aux multinationales d'engranger des profits gigantesques : les investisseurs s'affolent des disponibilités à court et à long terme, le refus de l'Opep d'augmenter sa production et la fonte des stocks aux Etats-Unis.

En réalité, les spéculateurs avec la complicité des compagnies pétrolières anticipent l'écart entre l'offre et la demande qui ne cesse de se resserrer au fil des mois, sachant que la demande connaît un essor incessant dans les pays émergents, la croissance de l'offre restant inchangée.

L'explication fournit pas Robin Batchelor, gérant d'un fond spécialisé du groupe BlackRock, serait la plus cohérente et mettrait en lumière l'incapacité du capitalisme à contrôler la situation qui d'aboutira rapidement à déclencher une crise sociale permanente à l'échelle mondiale remettant en cause l'existence du capitalisme lui-même :

"La Chine consomme aujourd'hui moins de pétrole par personne que les Etats-Unis en 1905 (...). Si la Chine et l'Inde devaient porter leur consommation par tête au niveau actuel des Etats-Unis, ces deux pays à eux seuls auraient besoin de 160 millions de barils par jour, deux fois plus que l'offre disponible aujourd'hui".

D'un côté le capitalisme a absolument besoin que ces pays qui représentent 40% de la population mondiale se développent pour écouler ses marchandises, d'un autre côté leur développement remet en cause jusqu'au fondement du capitalisme en alimentant ses contradictions à l'extrême.

Les perspectives sont encore plus sombres pour l'avenir du capitalisme.

D'après le Wall Street Journal, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prépare un rapport pour le mois de novembre estimant que la production devrait à peine dépasser les 100 mbj en 2030, loin des 116 mbj sur lesquels l'AIE misait jusqu'à présent pour cet horizon.

Ces craintes sur l'avenir se traduisent par une explosion des prix à long terme. Le pétrole vendu en décembre 2016 - le contrat le plus éloigné disponible à New York - a atteint mercredi le prix jamais vu de 142,09 dollars.

Cela confirme l'impossibilité du capitalisme à contrôler la situation. Le système s'emballe et personne n'est en mesure d'en prévoir les conséquences sur le plan social et politique. Les émeutes de la faim et contre la hausse des prix en général dans une quarantaine de pays récemment en sont une première démonstration, les prochaines seront encore plus imprévisibles et violentes.

La capacité du prolétariat mondial à s'organiser contre les conséquences de la survie du capitalisme apparaît de plus en plus clairement comme le facteur déterminant de la situation.

(source : AFP 22.05)


Retraites : au gouvernement de décider. Il n'en demandait pas moins.

700 000 manifestants du public et du privé dans les rues en France le 22 mai à l'appel de la plupart des syndicats, contre le projet de loi du gouvernement Sarkozy-Fillon-Kouchner sur l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans.

Le ministre du Travail a déclaré sur Europe 1 : "Bien évidemment, nous continuons la réforme des retraites, elle est indispensable, elle est incontournable si l'on veut garantir la retraite de tous les Français".

Autrement dit, il en faudra beaucoup plus pour faire reculer le gouvernement sur ce projet, dont l'objectif est la liquidation à terme du système de retraite par répartition au profit des compagnies d'assurance et autres institutions financières. C'est donc le système capitaliste qui pour survivre à besoin de cette contre-réforme. Question : entre la survie du capitalisme et notre propre survie, faut-il hésiter un seul instant ? Entre sacrifier le capitalisme qui rime avec chômage, précarité ou pauvreté ou sacrifier notre propre vie au boulot pour engraisser une minorité d'exploiteurs qui se vautrent dans le luxe, le choix est rapide à faire.

On connaît le choix des dirigeants syndicaux.

Dans un communiqué la CGT redonne l'initiative au gouvernement qui ne va pas se priver pour en profiter : "La balle est dans le camp du gouvernement. Il ne peut pas plus longtemps esquiver l'exigence d'une réelle négociation sur l'avenir de notre système de retraite".

Chérèque (CFDT) est évidemment sur la même ligne : "Après un rapport de forces de ce type, le gouvernement va être obligé de nous recevoir et on va remettre nos projets sur la table".

Pour FO, Maily s'est voulu menaçant sans que personne ne le prenne au sérieux : "Si le gouvernement reste droit dans ses bottes, ça veut dire qu'il faudra une suite, on ne pourra pas en rester là".

Quant au PS il s'est empressé de leur emboîter le pas par la voix de J. Dray : "Nous demandons au gouvernement de prendre acte de la dégradation préoccupante du climat social, de sortir de son isolement buté et d'entamer de véritables négociations".

J'ai constaté que le nombre de grévistes avait été particulièrement faible dans les transports, 24,9% à la SNCF et le trafic n'a pratiquement pas été perturbé à la RATP, ce qui me fait dire que tout a été fait pour que ce jour-là les travailleurs puissent aller bosser comme si de rien n'était. Il y a tout lieu de penser que c'était délibéré de la part des dirigeants syndicaux.

La palme de la réaction revient cette semaine au Medef qui en rajoute une louche : en écho aux manifestations, la présidente du Medef Laurence Parisot, favorable à un recul de l'âge de la retraite en plus de l'allongement à 41 ans, s'est interrogée: "Est-ce si catastrophique que ça de partir à la retraite à 63 ans et demi ?". De crever quelques années seulement après avoir pris sa retraite, c'est la barbarie !

(source : AFP 22.05 et Reuters 23.05)


La politique de la main tendue.

Les propos tenus par Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) sur leprojet de loi constitutionnelle réformant les institutions présenté par le gouvernement, sont évocateurs de la parodie d'opposition que constitue le PS face à l'UMP-Nouveau Centre.

Il n'a pas hésité à dire : "Nous tendons la main. Vous nous tordez le bras", moi je leur mettrais un coup de pied au cul, mais nous n'appartenons pas au même camp et je ne suis qu'un ruste plébéien.

Pour rassurez Sarkozy, il a ajouté : "Rien n'est encore perdu. Nous reconnaissons certaines avancées de votre texte. Nous sommes prêts à trouver les voies qui permettront de progresser ensemble", faites le boulot à la place de Sarkozy, il vous en sera grè, nous n'en n'avons jamais douté. Excellent ce passage, non ?

Pour brouiller les pistes comme seuls savent le faire des manipulateurs de métier, il a lancé à l'adresse du gouvernement que les députés et sénateurs du PS "ne voteront jamais un texte qui accroît les pouvoirs du président de la République", comme si fondamentalement cela changerait quelque chose, j'entends par là, à notre combat contre les institutions de la Ve République qui ne sont pas amendables ou négociable mais qui doivent être abolies.

Qu'il y ait des tiraillements à l'UMP, au Nouveau Centre, au MoDem et au PS sur l'attitude à avoir face à ce projet est tout à fait normal en période de crise ouverte des institutions, de là à en faire tout un plat.

La crise des institutions traduit celle du capitalisme, qui elle impose la nécessité de l'abolir ce qui passe sur le plan politique par la liquidation des institutions, c'est en fait très simple à expliquer et à comprendre.

(source : Reuters


Figure de style et cynisme professionnel.

Le ministre de l'Education Xavier Darcos et trois syndicats (Snetaa-EIL [majoritaire dans l'enseignement professionnel], SNPDEN-Unsa [majoritaire chez les chefs d'établissements], ID-FAEN [syndicat de chefs d'établissements minoritaire]) ont signé vendredi un "protocole d'accord" visant au saccage pure et simple de la formationprofessionnelle.

L'accord propose de "revaloriser la voie professionnelle", notamment en créant un "cycle de référence de baccalauréat en trois ans", au lieu de quatre actuellement, une réforme qui doit être généralisée à la rentrée 2009 et qui conduira davantage de jeunes à terminer leur formation professionnelle sans ce diplôme qui coûte trop cher aux patrons.

Pour comble de cynisme, le législateur s'est fendu d'un pléonasme pour présenter cette contre-réforme sous un jour avantageux, elle doit "assurer au moins une formation de niveau V (CAP ou BEP, ndlr) à tous les jeunes et augmenter le niveau général des qualifications".

Il est également question de dévaloriser le BEP si j'ai bien compris. L'entourage de Darcos a expliqué à l'AFP vendredi que "tous les élèves devront passer à l'intérieur du cycle de formation en trois ans, un diplôme de niveau V, dans le cadre des BEP actuels ou dans le cadre d'une rénovation de BEP".

La encore ils ne manquent pas de cynisme. Pour rassurer les lycéens, le protocole prévoit que soient par la suite définies les "modalités pédagogiques" de suivi ("tutorat", "aide individualisé") pour les élèves en difficulté, comme si c'était une fatalité. Ne serait-il pas préférable pour les patrons que les jeunes travailleurs soient formés sur le tas en apprentissage par exemple, car pendant au moins trois ans ils constitueraient une masse exploitable à bon marché ?

Un tiers environ des lycéens, soit 720.000, sont scolarisés dans l'enseignement professionnel.

Trois syndicats enseignants (Sgen-CFDT, Snalc-Csen et SE-Unsa) avaient signé le 18 décembre un "protocole de discussion" sur ce sujet. Le Snalc-Csen a quitté les discussions le 30 avril. Le SE-Unsa a annoncé cette semaine qu'il ne signerait pas l'accord en raison du contexte général d'"agression" du ministère contre les enseignants. Interrogé vendredi, le Sgen-CFDT a indiqué qu'il ferait savoir sa position le 7 juin.

(source : AFP 23.05)


La précarité se généralise.

(extrait non commenté d'une dépêche de l'AFP, j'ai juste ajouté une note à la fin.)

Près d'un tiers des personnes âgées de 25 à 59 ans ont vécu au moins une fois une période de chômage de plus d'un an, ou bien ont eu recours au minimum social ou à un contrat aidé, et 14% de façon récurrente, indique une enquête du Credoc rendue publique vendredi.

On avait déjà une photographie à peu près exacte du nombre de personnes que l'on dit "très éloignées de l'emploi" à un instant précis, et qui ont recours de ce fait à un dispositif d'insertion professionnelle ou d'aide.

C'est le cas d'un actif sur huit, soit environ 3,5 millions de personnes, indique le rapport général du "Grenelle de l'Insertion", processus de concertation lancé depuis six mois, réunissant employeurs, collectivités locales, partenaires sociaux, Etat et associations autour des thèmes de l'emploi et de l'exclusion, qui s'est achevé vendredi à Paris.

Il s'agit notamment de demandeurs d'emploi de plus d'un an, travailleurs handicapés, allocataires de minima sociaux, bénéficiaires de contrats de travail aidés (emplois à durée limitée, subventionnés par l'Etat) ou salariés des structures d'insertion.

Mais les chercheurs du Credoc, en interrogeant un panel de 2.028 personnes âgées de 25 à 59 ans sur l'ensemble de leur parcours professionnel, montrent que le nombre de personnes confrontées, à un moment ou à un autre, à un problème d'insertion professionnelle, est beaucoup plus élevé.

Plus d'une personne sur deux a connu le chômage au moins une fois (15% l'ont connu au moins trois fois). Près du quart ont alterné emploi et chômage en cours de carrière. Près du tiers des personnes qui ont fait face au chômage ont connu une période de recherche de plus d'un an.

Au total, un tiers des 25-59 ans sont ou ont été au chômage depuis/pendant plus d'un an au cours de leur carrière, ou bien ont été allocataires d'un minimum social (RMI notamment), ou encore en contrat aidé.

Le recours aux minima sociaux est loin d'être marginal, 15% des personnes interrogées déclarent en avoir bénéficié au moins une fois dans leur vie.

Le risque est très net pour les famille