Lutte de classe
Sarkozy : "si la Commission décide c'est parce que les chefs d'Etat
et de gouvernement l'ont voulu ainsi"
Lors du Conseil national de
l'UMP qui s'est tenu samedi 5 juillet, Sarkozy a rendu un hommage appuyé à
l'Union européenne, en s'engageant à prendre ses responsabilités : « Jamais
je ne prendrai comme bouc émissaire une Commission qui est par ailleurs utile »,
répondant à Barroso qui s'était exprimé dans le même sens avant lui : il faut « avoir
le courage de ne pas céder à la tentation parfois très facile de rendre
toujours responsable Bruxelles chaque fois qu'il y a des difficultés ».
Ils ont raison, la
responsabilité de Sarkozy est totale dans la mise en oeuvre destructrice de nos
droits et acquis, car c'est lui qui a signé le traité de Lisbonne et qui l'a
fait ratifié par la voie parlementaire, comme c'est lui qui met en application
la politique de Bruxelles et personne d'autre.
A ce titre, je me demandais si
au lieu de faire signer une pétition pour exiger un référendum sur ce traité,
il n'aurait pas mieux valu en faire signer une pour exiger qu'il retire sa
signature. Par ailleurs, chacun sait qu'il n'y aura pas de référendum et que
Sarkozy ne retirera pas sa signature.
Sur le plan tactique, exiger
qu'il retire sa signature, cela me paraissait plus approprié, car c'était tenir
compte du lien qui existe entre le sommet de l'Etat et l'Union européenne, en
atteignant Sarkozy on portait un coup à l'Union européenne tout en mettant en
évidence la complicité qui existe entre les deux. De plus, c'était tenir compte
que Sarkozy est minoritaire dans le pays, donc illégitime pour signer un traité
et engager le destin de la population dans une voie qu'elle n'a pas choisie.
De fait, cela aurait permis aux
travailleurs d'exprimer leur rejet pas seulement de l'Union européenne mais
aussi de Sarkozy et sa politique qui est conforme à celle de l'Union
européenne. D'une certaine manière, c'était faire d'une pierre deux coups et
c'était plus pédagogique, car cela permettait de mettre en relief le
fonctionnement antidémocratique des institutions de la Ve République, sachant
que la majorité de la population était également hostile au traité de Lisbonne.
Partant du fait que c'est
Sarkozy qui a signé ce traité conformément au pouvoir que lui octroie la
Constitution de la Ve République, en permettant aux travailleurs de remettre en
cause sa signature, c'était porter un coup aux institutions et remettre en
cause la Constitution de la Ve République, le pilier de l'Etat bourgeois.
Le discours que Sarkozy a tenu
devant les cadres de l'UMP et Barroso confirme le bien-fondé de cette
proposition. Il a reconnu que « si la Commission décide c'est parce
que les chefs d'Etat et de gouvernement l'ont voulu ainsi », ce
qui est exact et signifie que ce sont bien les chefs d'Etat qui sont à
l'origine de l'UE et non l'inverse, que rien ne serait possible sans eux, par
conséquent, c'est bien contre eux qu'il faut engager le combat pour les
empêcher de construire l'Union européenne.
Quant à la méthode Sarkozy face
au rejet de l'Union européenne, il a dit « On ne change pas les
peuples, par définition ils ont raison, mais nous on doit changer »,
traduisons, quoi que les peuples pensent on ne doit pas l'ignorer mais on ne doit
pas en tenir compte comme ce fut le cas dans le passé, le rouleau compresseur
est en marche et rien ne doit l'arrêter, ainsi l'exige l'impérialisme.
A titre d'exemple, il a rappelé
qu'il avait « été élu pour agir, pour conduire un mouvement de réformes
sans précédent, je veux dire à nos partenaires que la France change et beaucoup
plus vite qu'on ne le croit », il en a voulu pour preuve qu'en France
désormais « les grèves personne ne le voit, on peut réformer les ports,
on peut réformer profondément les 35 heures », il peut tout liquider
grâce à la coalition UMP-PS et au soutien de l'ensemble des dirigeants
syndicaux et des partis qui les soutiennent ou tiennent à les épargner.
Jusqu'où et jusqu'à quand ?
Sarkozy a rappelé à juste titre
que c’était lui qui décidait et non la Commission européenne. Sarkozy est
minoritaire et illégitime, donc sa signature au bas du traité de Lisbonne est
une forfaiture, un coup de force contre les intérêts de la majorité de la
population.
(source : Reuters 05.07)