Site dédié aux militants marxistes-léninistes qui veulent combattre sous le drapeau de la révolution socialiste internationale
dossier sur le syndicalisme

Site actualisé le 7 septembre ....... Retrait immédiat de toutes les troupes françaises et étrangères d'occupation en Afghanistan et partout dans le monde !.....A bas le capitalisme qui sème la guerre et la désolation sur tous les continents !...... Sarkozy-Fillon-Kouchner : dehors !........ Privatisation de La Poste : grève illimitée avec comités de grève élus et occupation jusqu'au retrait sans condition du projet du gouvernement !








Textes disponibles dans cette page

Edito du 12 août : La fin du cycle de Doha reportée à plus tard.

La causerie du jour. (5 septembre)

Les infos en bref. Les titres du 7 septembre.

Les derniers textes de Lutte de classe. (07.09)

Document : Rapport sur la crise financière. (05.09)

Document : Interview intégrale de Vladimir Poutine par CNN le 30 août 2008. (04.09)

Document : La finance américaine au bord du précipice (30.08)
Document : Qui est vraiment Sarkozy ? Comment a-t-il été fabriqué ? (30.08)
Hélas, le nouveau Marx tarde à venir ! (30.08)

Tribune libre : Considérations sur l’évolution contemporaine de la Chine (04.09)
Tribune libre : Santé : La toxicité des amalgames dentaires (24.08)
Tribune libre : Syndicalisme : Lettre aux dirigeants syndicaux. (25.07)

Document : Données collectées sur le conflit entre la Géorgie et la Russie. (20.08)

Document : la Constitution de la Ve République complète
    (inclus les modifications adoptées le 23.07.08) (01.08)


Document : Loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008
    de modernisation des institutions de la Ve République. (01.08)


Défense du marxisme : Extrait de La social-démocratie allemande (Marx-Engels)

Notre programme minimum et les revendications immédiates du prolétariat
 
Les derniers textes de Lutte de classe

Que cache la ligne politique de la rupture avec l’Union européenne ? (07.09)
Extraits commentés du rapport sur la crise financière de René Ricol. (05.09)
Deux articles commentés de la LCR. (04.09)
Des adhérents du PS s’expriment sur leur parti. (04.09)
POI : Gluckstein et « les intérêts de la nation ». (02.09)

Le PS « réconcilié » avec le travail : c’est le corporatisme ! (30.08)
Le POI réclame à cor et à cri un « plan de relance ». Qu’est-ce que cela signifie ? (27.08)
Le POI verse une larme sur le « sang français » de l’armée des Versaillais.
    Ce n'est pas le nôtre ! (27.08)

A tous les travailleurs et jeunes. Pourquoi devons-nous construire un parti ? (26.08)
Faut-il être nostalgique de l'URSS. ? (21.08)
Il faut modifier le tracé de la frontière entre la Géorgie et la Russie. (20.08)
Sur le conflit armé en Géorgie. (19.08)
Réponse à l’éditorial de D. Gluckstein du 14 août. (19.08)
Causerie sur la combativité des travailleurs. (19.08)
Réponse à un nouveau courriel sur le conflit entre la Géorgie et la Russie. (19.08)
Réponse à un courriel sur le conflit entre la Géorgie et la Russie. (16.08)
Sur le conflit entre la Géorgie et la Russie. (14.08)
Evo Morales toujours dans une impasse politique. (11.08)
A propos du n°4 d’Informations ouvrières. (11.08)
Réflexions sur le parti. (05.08)

Comment Sarkozy a renforcé le caractère bonapartiste de la constitution de la Ve République.
    (31.07)

Lettre aux dirigeants syndicaux. (suivi d'un long commentaire) (25.07)
Causerie sur le parti. (17.07)
Le POI à travers Informations ouvrières (n°2 et 3). (17.07)
A propos du POI. (17.07)
Réponse à un courriel du groupe CRI. (17.07)

La causerie du jour.

Le 5 septembre

J'ai lu rapidement le rapport sur la crise financière de René Ricol et j'en ai extrait les passages qui me semblaient les plus intéressants en les commentant brièvement. Je ne suis pas un spécialiste en questions financières et je peux vous dire que cela n'a pas été une partie de plaisir, même il faut bien s'y mettre aussi.

Je n'ai rien fait d'autre de la journée.

Hier j'ai lu les résultats d'un sondage paru dans L'Humanité qui fait ressortir que 56% des "salariés" interrogées se disent prêts à descendre dans la rue pour les salaires et les retraites, et 51% sur la totalité de la population.

Faites un rapide calcul, il y a environ 44 millions d'adultes en âge de voter, divisons par 2, cela fait 22 millions, retirons les étudiants qui peuvent ne pas se sentir concernés pour le moment, je ne sais pas combien il sont, soyons large, retirons 5 millions, il reste 17 millions de manifestants potentiels, retirons encore les deux tiers des retraités, cela donne 10 millions de manifestants.

Le même sondage révèle que 53% des "salariés" sont prêts à se mettre en grève pour une augmentation de salaire. Les patrons et le gouvernement ont du souci à se faire ! Et les dirigeants syndicaux pourris en premier lieu !

Toujours dans le même sondage, "Interrogés sur les mesures proposées par la gauche pour augmenter les salaires et pensions de retraite, une majorité des Français (55%) a le sentiment qu'elles ne seraient "pas efficaces" si elles étaient appliquées" (source : AFP 04.09)

Conclusion, non seulement un nombre considérable de travailleurs sont prêts à engager le combat immédiatement contre le gouvernement, et la majorité d'entre eux ne se font aucune illusion sur le PS et le PCF, quel soulagement !

Il n'y a donc pas lieu d'être pessimiste ou de se morfondre. Le gouvernement Sarkozy-Fillon-Kouchner est minoritaire et illégitime. Son pouvoir est contesté par la majorité des travailleurs, il ne reste plus qu'à faire le lien entre la situation sociale actuelle qui est intolérable et la nécessité pour les capitalistes d'accumuler toujours davantage de profits, ce qui explique la politique de Sarkozy en leur faveur...

Il ne faut pas tomber dans le piège qui consiste à isoler la question des salaires de la question du pouvoir politique, à la traiter comme une abstraction, ce que font très bien les réformistes en subordonnant leur tactique au niveau de conscience des masses, car c'est uniquement en montrant aux travailleurs le lien qui existe entre les deux que leur conscience politique progressera.

Si maintenant il y en a qui préfèrent réduire leur activité politique au niveau du syndicalisme, ce n'est pas une raison pour les imiter.

Unité des partis ouvriers et des syndicats, oui, mais sans le PS qui n'est pas un parti ouvrier !

Le smic à 1.500 euros nets tout de suite !

Pas une retraite en dessous de 1.500 euros nets !

300 euros d'augmentation pour tous les salaires en dessous de 3.500 euros (par exemple)!


Le 4 septembre

Je vous conseille de lire l'article sur Sarkozy car il fourmille de renseignements intéressants, pas seulement sur lui d'ailleurs, mais aussi Kouchner par exemple.

L'interview de Poutine est également intéressant, on peut être un ex-membre du KGB et ne pas être complètement débile, il connaît bien l'histoire de la Russie et de l'URSS, c'est à lire à mon avis.

Le texte sur la Chine se termine mal, mais bon, ce qui nous intéresse ce sont les données qu'il contient et non le point de vue de l'auteur qui se place bien sur le terrain de la lutte des classes, mais du mauvais côté, c'était inévitable.

J'ai téléchargé une quinzaine d'articles sur la Bolivie afin de préparer un article qui ne sera pas prêt avant la semaine prochaine.

Un petit mot sur l'Inde.

Je suis allé ce matin régler ma facture d'électricité et j'ai discuté avec des employés. Ils m'ont appris que le courant est désormais coupé tous les jours jusqu'à une date indéterminée, de 6h du matin jusqu'à 9h, le soir de 18 à 19h et un peu plus tard de 22 à 23h, soit 5 heures par jours en raison de la faiblesse de la production d'électricité. Sans compter les autres coupures dues à des défaillances du réseau, le vent ou la pluie, une branche d'arbre ! Comme les émissions intéressantes ou les films sur TV5 Monde Asie commencent à 21h et durent jusqu'à 22h30 ou 22h45, autant dire que je ferai autre chose à la place.

Autre chose.

J'ai lu l'éditorial d'hier de Gluckstein Sortir ou pas... et j'en partage en grande partie le contenu, il a correctement réagi sur le RSA qui est une véritable saloperie pour amplifier la paupérisation, il a remplacé le "peuple français" par le "peuple travailleur", c'est mieux, c'est mieux que le "monde du travail" (PCF, LO, LCR) qui me donne la nausée, le seul problème c'est comme toujours sa conclusion où il concentre tous ses coups uniquement contre l'Union européenne.

Le combat contre l'Union européenne est correct évidemment, je n'ai jamais dit le contraire, mais sur le plan de l'éducation des masses il ne peut pas servir à faire progresser la conscience politique des masses, car c'est mettre la charrue avant les boeufs comme je l'ai déjà expliqué à maintes reprises.

Je comprends parfaitement qu'il soit intéressant et nécessaire pour leur montrer qui se placent sur le terrain de l'UE et qui prône la rupture avec l'UE, mais je ne suis pas sûr qu'elles en tirent un quelconque bénéfice, car le lien avec les institutions de la Ve République et plus particulièrement la constitution leur échappe. Je pense plutôt que c'est une tactique d'appareil qui sert principalement à se démarquer des autres partis et sert d'autres intérêts que ceux de la classe ouvrière, ou plus précisément qui ne sert pas ses intérêts fondamentaux et ne permet pas de faire un pas en avant vers l'objectif du combat du mouvement ouvrier tel que l'ont défini les marxistes.

Si l'on s'en tient à l'état d'esprit des masses, à celui des couches les plus avancées qui coïncide aujourd'hui avec celui de l'immense majorité des travailleurs, c'est contre Sarkozy, le gouvernement et le Parlement qu'il faut concentrer le tir, car pour elles, ce sont eux qui sont responsables de la situation sociale actuelle, qui distribuent des milliards d'euros aux plus riches et qui taxent toujours plus le reste de la population dont une partie toujours plus importante sombre dans la pauvreté, qui expliquent qu'il n'est pas possible de faire une autre politique parce que les caisses sont "vides", mais qui au même moment dépensent plus d'un milliard d'euro par an pour aller guerroyer aux quatre coins du monde.

Les travailleurs le savent pertinemment, ils ne sont pas sourds et aveugles, encore moins stupides au point de ne pas comprendre qu'on les trompe quotidiennement. Ce serait faire une grave erreur de penser le contraire, et je précise que ce n'est pas là prendre ses désirs pour la réalité, la multitude de témoignages rapportés par les militants et l'écho que rencontrent les campagnes engagées le prouvent amplement, même les médias sont obligés d'en tenir compte, l'immense majorité de la population en a marre de Sarkozy, son gouvernement, ajoutons du PS qui le soutient.

Par contre, si un certain nombre d'entre eux comprennent le lien qui existe entre leur triste sort et la politique du gouvernement en faveur des patrons, ils ne peuvent pas comprendre spontanément que la politique du gouvernement est le produit des contradictions du systèmes capitalistes et sa raison d'être, l'accumulation du profit, par conséquent, ils ne peuvent pas en déduire qu'il faut s'en prendre au fondement du capitalisme pour sortir de cette situation, ce qui passe sur le plan politique par l'abolition de la constitution et des institutions de la Ve République qui sont les piliers du régime.

Finalement, c'est la question du pouvoir qui leur échappe, qui plus est si aucun parti ne la pose clairement, ils se retrouvent désarmés sans perspective politique, du coup, tous les combats qui sont menés ne servent à rien ou presque, malgré l'acharnement qu'y mettent les militants.

Je ne tiens pas à polémiquer pour le plaisir, c'est plutôt une contrainte qu'autre chose, je n'ai pas lu encore la page 8 du n°12 d'Informations ouvrières, mais quand j'apprends qu'une délégation va se rendre chez Sarkozy pour lui expliquer qu'il faut qu'il renationalise la sidérurgie, là le POI dérape, pire il déraille complètement.

On ne peut que condamner cette initiative, c'est tirer les masses en arrière : Sarkozy est ultra minoritaire dans le pays, il est illégitime, il n'y a pas une décision qu'il ait prise ces derniers mois qui n'ait pas été massivement rejetée par la population. Qu'est ce que le POI veut prouver à travers cette initiative ? Que Sarkozy est favorable aux privatisations, qu'il est du côté des capitalistes ? Il n'y a que les couches arriérées du prolétariat qui ne le savent pas encore. Et pour déboucher sur quoi au juste ? Pour l'entendre dire qu'il se pliait aux injonctions de l'UE, des multinationales ? Et après, on le sait déjà, vous serez bien avancés ! Cela ressemble à un baroude d'honneur qui va finir comme d'habitude dans une impasse.

J'ai envie de dire que c'est forcément ce qui arrive quand on n'a pas compris que l'on ne combat pas pour obtenir un résultat immédiat dans le cadre de ce qui est seulement possible, car c'est s'abaisser politiquement au niveau de conscience des masses, mais (à l'opposé) en ayant pour unique objectif de faire progresser la conscience politique des travailleurs afin de construire le parti sur des bases saines et solides et non sur des marécages. On en a vraiment rien à foutre de réunir des centaines de milliers de signatures sur une pétition qui finira dans une poubelle, de manifester à un million si on ne recrute pas des milliers de travailleurs sur une base politique qui permettra d'en faire des combattants révolutionnaires conscients, de contruire le parti dont nous aurons besoin, pas aujourd'hui, mais demain. Aucune action n'est inutile, à cette seule condition, sinon c'est perdre littéralement son temps et gaspiller son énergie pour rien.

Car la véritable question, ce n'est pas la soumission de Sarkozy devant l'UE, mais le fait qu'en tant que représentant de la classe des capitalistes, il ne peut aller contre leurs intérêts, par conséquent, il n'y a pas d'autre solution que d'engager le combat pour le chasser, mais pas seulement, car un représentant du capitalisme en cache un autre et ainsi de suite, qu'il est l'étiquette UMP ou PS, il faut donc en finir avec les institutions et la constitution qui sont à leur service et sur lesquelles il s'appuie pour gouverner et mettre en oeuvre sa politique anti-ouvrière.

Le lien politique qui permet de comprendre pourquoi le capitalisme a réussi à passer le cap du XXe siècle, il réside dans la continuité des institutions politiques qu'ils s'est forgés pour asseoir son pouvoir, sa domination sur la classe ouvrière. Depuis 1789, toutes les institutions et les différentes constitutions, les cinq républiques qui se sont succédées constituent le socle, le pilier sur lequel repose la légitimité des rapports sociaux d'exploitation capitalistes. C'est leur principal point commun et leur seule raison d'être, c'est la raison pour laquelle il faut les abattre en premier, les abolir par décret. Ce sera au gouvernement révolutionnaire provisoire de s'en charger.

En dehors de cette perspective politique, comment peut-on imaginer avancer ne serait-ce que d'un pas vers notre objectif ? C'est se leurrer.
 

Les causeries de 2008

Les infos en bref.

Le 7 septembre

Les titres

- Inde. L'usine Tata Motors de Singur à l'arrêt.

- Coca Cola à la conquête du marché chinois.

- Grève à la SNCF.

- Nicaragua. Ortega reconnaît les Républiques d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

- Education nationale. Sur fond de journées d'action.

- Aux masses !

- Rapport annuel de la Cnuced : "La situation pourrait devenir encore plus délicate".

- L'unité nationale ne leur suffit pas.

- Intox avec "tact et mesure", s'il vous plaît.

- L'écologie : un concept décidément réactionnaire.

- Marché de l'automobile en Europe : le plongeon.

- Un accord scélérat.

- Etats-Unis. Hausse du chômage.

- Sarkozy champion de la renationalisation !

- A-t-on vraiment le "choix" ?

- Les esclavagistes des temps modernes. Les mêmes qu'hier.


Infos en bref de septembre 2008 (30 articles ou dépêches au 3 septembre)

Infos en bref d'août 2008 (150 articles ou dépêches)

Infos en bref de juillet 2008 (103 articles ou dépêches)

A tous les travailleurs et jeunes.
Pourquoi devons-nous construire un nouveau parti ?

Avant-propos.

Ce document s’adresse à tous les militants du mouvement ouvrier sans distinction. A vous de voir quel usage vous pouvez en faire, vous pouvez le modifier ou le compléter pour l’améliorer. Vous pouvez le télécharger au format pdf ou word pour impression. Dans la version word, j’ai retiré l'avant-propos et les références au site pour que chacun puisse se l’approprier librement et en faire ce qu’il veut, le diffuser à grande échelle en appelant à une réunion par exemple. Je ne milite pour aucune chapelle ou aucun appareil, mais uniquement pour notre cause, c'est bien de le dire, c'est mieux de le prouver.

Vous noterez au passage que j’ai évité toute forme de polémique et que je n’ai cité aucun parti en particulier. Pour cette raison vous n'y trouverez pas trace non plus de références à la situation sociale ou politique. J'ai voulu que ce document ait un caractère générique et qu'il puisse être utilisé aussi longtemps que nous ne disposerons pas d'un véritable parti révolutionnaire ou communiste.

Voici en quelques lignes quelle pourrait être la trame d’un tract ou d'un appel en direction de tous les travailleurs et jeunes, pour les convaincre de réfléchir au fonctionnement de la société, et pourquoi pas, de s’engager dans le combat politique.

J’ai évité volontairement les références historiques, les sous-entendus, les a priori, les grandes phrases à caractère théorique, la terminologie politique habituelle que les militants connaissent bien et qui pour le néophyte méfiant, s’apparente au bourrage de crâne ou à une tentative de manipulation, à la langue de bois, il faut bien tenir compte du contexte politique actuel et ne pas heurter inutilement les susceptibilités légitimes des travailleurs, après des décennies d’incurie politique ou de trahisons de la part des dirigeants du mouvement ouvrier.

Si maintenant il s’en trouvait parmi vous pour me reprocher de prêcher pour le PT ou la LCR qui se sont lancés dans la construction de nouveaux partis ouvriers, le POI et le NPA, ce serait me faire un procès d’intention au regard des positions critiques que je développe publiquement dans ce site sur ces partis, leurs programmes et leurs dirigeants. Comme je considère que le POI et le NPA ne répondent pas à la question que nous avons à résoudre, c’est finalement la raison d’être de ce document, ainsi les choses sont claires entre nous.

Quand on aborde la question du parti, on confond souvent le rôle du parti avec son objectif. S'il est vrai que quelque part ils se rejoignent, puisque le parti en tant que condition subjective deviendra à son tour une condition objective de la victoire du prolétariat sur la bourgeoisie, il ne faut pas les confondre.

Essayons de dire les choses le plus simplement et clairement possible.

Pourquoi devons-nous construire un nouveau parti ?

Nous devons construire un parti parce que la société est organisée de telle façon qu'elle est dirigée par des institutions (Assemblée nationale, Sénat, etc.), dont les représentants sont adhérents à des partis politiques, et parce qu’à leur tour ces partis expriment les intérêts spécifiques d'une classe sociale déterminée.

Les partis politiques sont des regroupements d'individus appartenant en totalité ou en majorité à la même classe sociale, et c'est parce que leurs intérêts sont communs qu’ils font valoir ensemble leurs droits contre les autres classes de la société et les autres partis qui les représentent. La bourgeoisie possède plusieurs partis, l'UMP, le Nouveau Centre, le MoDem, le FN, mais aussi les Verts et le PS. De son côté, le prolétariat en a construit plusieurs, le PCF, le POI, LO et la LCR.

Quant à la petite bourgeoisie, elle se répartit dans tous les partis en fonction de ses propres intérêts, mais c'est souvent une question de circonstance qui fait basculer ses éléments dans un camp ou dans l'autre, elle n'a pas d'existence indépendante des deux classes fondamentales de la société, soit ses éléments penchent du côté des partis bourgeois lorsqu'ils estiment que la bourgeoisie est la plus apte à améliorer leur situation, soit ils penchent du côté des partis ouvriers lorsque leur mode de vie ressemble davantage à celui de la classe ouvrière ou quand les partis ouvriers semblent déterminés à mettre en oeuvre une politique qui servira ensuite leurs intérêts.

Donc le parti sert en premier lieu à regrouper les éléments d'une même classe sociale pour représenter et défendre ses intérêts.

Les institutions étant dominés par des partis qui détiennent de fait le pouvoir politique, il est dès lors inconcevable de lutter contre les institutions en place pour prendre le pouvoir politique sans disposer d'un parti pour combattre les autres partis.

Lutter contre les institutions en place ne signifie pas lutter pour en prendre le contrôle et les faire fonctionner pour le compte de notre classe, puisque nous savons par expérience, depuis la Commune de Paris, que c'est impossible, qu'il faut les détruire de fond en comble pour en construire (créer) d'autres sur leurs cendres.

Si les représentants des différentes institutions de l'Etat s'expriment en défendant les intérêts de la classe qu'ils représentent, les représentants des différents partis bourgeois font exactement la même chose ou tiennent le même discours. Quand vous écoutez parler un adhérent d'un parti bourgeois, vous croyez entendre parler un ministre, un député, un sénateur ou un membre du Conseil constitutionnel, sans qu'il n'y ait de différences notoires dans leur discours. Jamais vous n'entendrez un adhérent de l'UMP ou du PS soutenir qu'il faut exproprier les capitalistes ou remettre en cause les fondements du capitalisme, puisque cette position correspond aux intérêts fondamentaux de la classe qu'ils combattent, ce qui explique qu'ils aient adhéré à l'un de ces partis bourgeois.

Dans la société, ce sont les institutions de l'Etat qui détiennent le pouvoir politique, et comme on vient de le dire, ces institutions sont entre les mains de différents partis qui représentent à leur tour, on devrait dire, en principe, les intérêts de différentes classes sociales. Maintenant, l'on sait que tous les partis qui participent aux institutions ne représentent les intérêts que d'une seule classe, ceux de la bourgeoisie, les intérêts du prolétariat n'étant pas représentés jusqu'à présent.

Par le biais d'alliance (électorale), de compromissions en tous genres ou par la mise en oeuvre de politiques conciliatrices envers les intérêts de la bourgeoisie, les partis ouvriers se retrouvent associés aux partis bourgeois. Du coup, la classe ouvrière se retrouve sans parti digne de ce nom. Tous les partis ouvriers qui participent de près comme de loin aux institutions ou dont les dirigeants sont présents dans les instances de direction des syndicats ouvriers, collaborent ainsi au maintien en place de l’ordre établi et du régime capitaliste, tout en prétendant le contraire évidemment.

Voyons ce qui distingue les syndicats des partis.

Le parti ouvrier se distingue des syndicats ouvriers, dans la mesure où ils ne visent pas tout à fait le même objectif, ou plutôt, ils ont le même objectif, mais leur combat ne se situe pas sur le même plan, en réalité ils sont ou devraient être complémentaires.

Les syndicats servent à combattre pour l'amélioration des conditions de travail des ouvriers dans la perspective de l'abolition du salariat, autrement dit pour en finir avec le capitalisme. Le terrain d'élection de ce combat, c'est l'entreprise, le lieu où se déroule la confrontation entre les intérêts des patrons et ceux des ouvriers, là où l'un s'enrichit sur le dos de l'autre qui trime pour un salaire qui lui permet à peine de survivre.

Quand vous travaillez, vous produisez de la richesse en transformant des matières premières, dans les autres cas, vous manipulez des marchandises ou vous rendez un service. L'ensemble de ces opérations sont nécessaires pour que le produit fini soit commercialisable et une fois la vente effectuée, que l'argent tombe dans la poche de votre patron.

Une partie de cet argent va servir à racheter des matières premières et payer les frais généraux (électricité, téléphone, etc.) de l'entreprise de façon à ce qu’elle puisse continuer de fonctionner, une autre partie vous sera versée sous la forme d’un salaire et de cotisations sociales, et la troisième partie ira dans la poche du patron ou des actionnaires, sans qu’ils n'aient fourni le moindre travail ou sans que leur travail n'ait apporté une valeur supplémentaire à notre marchandise. La part que s'octroie le patron n'est rien d’autre qu'une partie de la richesse (temps de travail) que nous avons produite et qu’il nous a volée. Mais il s'agit d'un vol légal.

Parce qu'il possède les moyens de production, c’est-à-dire, les machines, les outils, les locaux et l’argent nécessaire au démarrage et au fonctionnement de son entreprise, il prétend qu'il est en droit de nous voler indéfiniment une partie de notre travail et d'en fixer le montant, mais absolument rien ne permet de justifier qu'il possède les moyens de nous exploiter, car l'argent qu'il possède n'est que le produit du vol du travail des générations précédentes par les patrons qui l'ont précédé.

Maintenant, pour que ce vol et que cette division entre exploiteurs et exploités se perpétue, ses semblables organisés en partis politiques ont créé des institutions et une constitution (les piliers de l’Etat) qui leur assurent juridiquement le droit de jouir de la propriété de notre travail, dont la part qu'ils nous volent en toute impunité. Ainsi, l’Etat n’est pas au-dessus des classes, mais représente les intérêts d’une seule classe, la classe dominante, celle qui possède le pouvoir économique, les propriétaires des moyens de production.

Dès lors, l'on comprend que pour mettre fin à cette situation, le combat dans l’entreprise n'est pas suffisant et comporte des limites, il est par ailleurs impensable d’imaginer mettre fin à l’exploitation entreprise par entreprise sans s’attirer les foudres des institutions dont leur puissant appareil répressif (police, gendarmerie, CRS, GIGN, armée, etc.), il faut donc mener le combat sur un autre plan, sur un plan général, sur le plan politique, contre les institutions et la constitution qui servent à légaliser le vol dont nous sommes victimes, afin d’y mettre un terme.

Le parti a pour objectif de renverser les institutions et d'abolir la constitution, afin d’en finir avec les rapports sociaux d'exploitation qui sont à l'origine de toutes les inégalités et injustices, de tous les problèmes économiques et sociaux que nous rencontrons, toutes les souffrances inutiles qui nous accablent, sans parler des guerres...

L'objectif final du parti est de prendre le pouvoir pour le compte de la classe des exploités, afin d'instituer une République sociale, le socialisme. Puisque le parti est le seul à combattre consciemment pour cet objectif, mettre fin à l’exploitation capitaliste, il est en droit de revendiquer le pouvoir dans un premier temps. A lui de faire ses preuves et de gagner la confiance de la classe ouvrière pour en prendre la direction.

Mais pour que le parti prenne le pouvoir, pour que cette République sociale voie le jour, il faut que l'ensemble de notre classe se mobilise dans un élan révolutionnaire pour mettre fin à la situation contraire à la dignité humaine que nous connaissons aujourd’hui. Notre classe doit s'organiser au cours de ce processus révolutionnaire, constituer ses propres organes de pouvoir politique, et c'est seulement à partir de ce moment-là qu'elle sera en mesure d’assumer tout le pouvoir.

Vous avez sans doute entendu parler des soviets, un mot barbare pour certains qui l'assimilent à la dictature qui a régné en URSS pendant de longues décennies, alors qu'en réalité, il veut tout simplement dire comité, comité et rien de plus, comité de grève, comité d'action, comme vous voudrez. Chacun comprendra qu’il n’y a finalement rien de diabolique à se regrouper dans chaque usine ou chaque commune pour former des comités et faire valoir nos droits économiques, sociaux et politiques en tant que classe sociale distincte de la bourgeoisie.

Ce sont ces comités composés de délégués élus et révocables à tout moment, constitués à l’échelon national, qui dirigeront les affaires du pays sous la direction de la classe ouvrière pour le compte de l’immense majorité de la population à partir de ses besoins.

Le rôle du parti est d'aider notre classe à prendre conscience de sa force, à prendre confiance en elle-même, à l’organiser pour lui permettre d’assumer les tâches historiques qu’elle doit accomplir, pour libérer l'humanité tout entière de l'exploitation et de l'oppression, des chaînes de la servitude humaine dans laquelle la maintiennent une infime minorité de riches, de patrons, d'actionnaires ou de rentiers, car c'est seulement à cette échelle que l'on pourra enfin entrevoir le règne de la paix, de l'harmonie universelle entre les peuples et de la liberté. Ce qui justifie aussi la construction d'une Internationale ouvrière réunissant tous les partis combattant pour la même cause et pour le même objectif.

Sans le parti, sans la mobilisation révolutionnaire de notre classe, il est inutile de s'attendre à une amélioration durable de notre sort, encore moins à un changement radical de politique, les prédicateurs en tous genres qui vous disent le contraire ou autre chose sont des menteurs et ils vous trompent, leurs intérêts ne peuvent pas être les nôtres. Tout parti qui n’est pas guidé par l’objectif de mettre fin à la division de la société en classes et à l’existence de l’Etat ou dont le programme ne comporte pas cet objectif, n’est pas digne d’être appelé un parti ouvrier au sens marxiste du terme.

En résumé et en guise de conclusion.

Ne pouvant pas mettre fin demain matin aux institutions et à la constitution de la Ve République, au capitalisme, c'est en défendant tous nos acquis ou droits, en combattant pour l'amélioration de nos conditions de vie et de travail dans la perspective politique d'abattre les institutions et l'abolition de la constitution, que nous pouvons nous rapprocher de notre objectif.

C’est en aidant à notre tour la conscience politique de notre classe à progresser, ce qui doit se traduire sur le plan pratique immédiat par la construction du parti, que nous préparerons les conditions nécessaires à la prise du pouvoir.

Pour être prêt à assumer nos responsabilités dans cette perspective et donner un sens à notre vie dont nous pourrons être fier, décidons dés aujourd’hui de prendre en mains nos propres affaires.

Entre mourir à petit feu un peu chaque jour et vivre dans l’humiliation permanente ou relever la tête pour affirmer notre droit de choisir notre destin, il n’existe pas d’autre alternative.

Penser un seul instant que l’on pourrait s’en sortir seul au détriment de notre classe en ignorant le monde dans lequel nous vivons, c’est se bercer d’illusions, c’est se mentir à soi-même, c’est mépriser nos semblables, c’est nous mépriser et témoigner une bien misérable idée de nous-même, alors que l’on mérite mieux, nos aspirations au bonheur et à la liberté sont parfaitement légitimes et personne n’a le droit de nous empêcher de combattre pour leur réalisation. Et même si nous ne pouvions pas y accéder de notre vivant, cela n’a pas d’importance, puisque nous savons que seule cette perspective humaniste au plus haut degré, est porteuse d’un idéal sans tâche que l’humanité toute entière partagera un jour.

Karl Marx disait que l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, il ne se trompait pas, car c’est la seule voie pour vaincre et assurer notre salut.

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Le POI verse une larme sur le « sang français » de l’armée des Versaillais. Ce n’est pas le nôtre !

Je suis tombé par hasard sur un communiqué de presse du POI intitulé Morts en Afghanistan, signé par les quatre secrétaires nationaux, Claude Jenet, Gérard Schivardi, Jean Markun, Daniel Gluckstein. En voici quelques extraits les plus significatifs. J’ai trouvé ce document sur le site Internet du POI de Clichy-sur-Seine (92), la ville où j’ai habité autrefois et où je militais à l’OCI.

« En mars 2008 le Comité permanent pour création d'un parti ouvrier indépendant publiait un communiqué pour manifester son désaccord avec la décision du président SARKOZY de renforcer la présence militaire française en Afghanistan. »

C’est tout, mais pas pour condamner la présence de milliers de soldats français déjà sur place ? Sinon pourquoi ne pas le rappeler ici, parce que c’était juste une façon de causer sans conséquences, d’ailleurs on peut s’étonner que le POI ait son accord ou son désaccord à exprimer sur une décision prise par Sarkozy, il s’exprime là comme s’il avait son mot à dire au lieu tout simplement de le combattre pour le chasser du pouvoir. Et comme il doit aimer qu'on l'appelle "président" et qu'on écrive son nom en lettres majuscules !

« Moins de six mois après on peut constater le résultat de cette brillante décision : un alignement de cercueils couverts du drapeau français. Il ne pouvait en être autrement. »

Emouvant franchement, les voilà la larme à l'oeil devant la mort de ces barbouzes ! Quelle touchante attention... réactionnaire ! Je plains sincèrement mes camarades du POI qui vont se trouver bien embarrassés pour répondre aux railleries dont fera encore l’objet leur parti. A moins qu’ils ne se drapent dans le « drapeau français » qu’on affectionne de plus en plus dans ce parti... pour se cacher.

« Le Parti Ouvrier Indépendant ne tire aucune fierté d'avoir eu raison de tirer la sonnette d'alarme, »

Ils confirment ici que le POI se pose en conseiller de Sarkozy-Morin-Kouchner, de mieux en mieux !

Ne vous marrez, gardez votre souffle cas la suite est encore plus pitoyable.

« mais cela le conforte dans l'idée que seule une sortie immédiate de cette Europe du business, acoquinée au capitalisme américain, et à l'OTAN peut permettre à la France de redevenir une vraie nation »

Vive le général de Gaulle, vive la France libre ! Cela pue à plein nez le républicanisme nationaliste petit-bourgeois. Après « l’authentique » parti ouvrier, voici venu le temps de la « vraie nation » ! Il ne nous manquera plus que la vérité révélée de saint Marc Blondel et Christian Eyschen de la Libre Pensée !

« Le Parti Ouvrier Indépendant condamne à nouveau toute politique interventionniste menée à des fins économiques », mais s'il s'agissait de fins politiques, là ce serait peut-être une autre affaire, le double langage auquel nous ont habitué les dirigeants du PT.

« Pas d’engagement de la France dans la défense des intérêts américains qui ne sont pas les intérêts du peuple américain », seulement ? Et il s'agissait des intérêts du « peuple français » comme n’arrête pas de le répéter Sarkozy, peut-être que cela se discuterait ? On peut le sous-entendre, d'autant plus que Bush prétend défendre les intérêts du peuple américain en Afghanistan, et même sans tenir compte de la position de Bush, cela veut-il dire que si les intérêts du peuple américain commandaient de bombarder la population civile d'un autre pays qui ne lui a rien demandé, il faudrait soutenir cette guerre ? Y aurai-t-il par hasard une situation qui justifierait une telle guerre aveugle ? Même un gouvernement ouvrier ne se lancerait pas dans une telle aventure. Tant d'atrocités ont été commises au nom des intérêts des peuples que l'on est en droit de se poser cette question, non ? C'est exactement l'argumentation avancée par Bush.

Une dernière question : Pourquoi employer le même langage que Bush et Sarkozy ? Pour mieux embrouiller les travailleurs et les militants ?

« Pas de sang français versé en Afghanistan pour défendre l’approvisionnement en pétrole des Etats-Unis ; le peuple français a suffisamment payé en vies humaines pour la défense de ses propres lobbies (Indochine, Algérie, guerres coloniales…) ».

Carrément abjecte, « suffisamment », pas une goutte de plus, cela signifie qu’il était normal qu’il en verse un peu quand même. Les voilà qui justifient la colonisation au passage, très fort, incroyable ! Ne doutons pas que c’est le genre de discours qui doit plaire à l’UMP et à l’Elysée qui se soucient tant des intérêts du « peuple français ». Un intérêt que décidément beaucoup de monde s'arrache ces derniers temps, c'est mauvais signe.

Ils sont à l'unisson avec Sarkozy, Morin, Kouchner et la racaille qui pleurent la mort des 10 barbouzes de l'armée française, l’armée des Versaillais. Les militaires qui sont morts en Afghanistan faisaient partie des pires unités de l'armée, les commandos de parachutistes et la légion étrangères, des assassins en puissance, voilà ce que pleure le POI. Ils apprennent à leurs militants à respecter l'armée des Versaillais camarades.

Et quand on lit attentivement, on se dit encore que ce « sang français versé en Afghanistan » n'est pas le nôtre, ne peut pas être le nôtre, c'est celui d'une armée impérialiste qui combat le prolétariat partout dans le monde, et qui nous massacrera demain si on se soulève contre l'ordre établi. Honte aux dirigeants du POI !

« Retrait de toutes les forces françaises d’Afghanistan »

Vous avez raison, service minimum, ne nous occupons pas des 63.000 autres soldats de 45 pays qui occupent ce pays, vous pourriez vous faire du mal et le regretter plus tard. Et pour finir sur un hymne au parfum populiste, à moins qu’ils aient écrit cela comme ils auraient dit, « comme il fait chaud aujourd’hui » :

« Liberté, paix et indépendance pour le peuple Afghan. »

De quelle liberté la classe ouvrière et la paysannerie pauvre afghane pourraient-elles disposer dans un pays dirigé par un président fantoche à la solde de Washington, livrés à des chefs de tribus qui perpétuent un système féodal ? On se le demande.

On sent qu'ils ont dû se faire violence pour arriver à pondre ce communiqué.

Au fait, lorsque les troupes russes sont entrées en Géorgie et que la situation politique pouvait déraper à tout moment pour nous plonger dans une nouvelle guerre, nos valeureux dirigeants ont gardé le silence. Etrange ou révélateur de l’ambiance qui doit régner à la direction de ce parti écartelé par ses propres contradictions.

On pourrait également s’étonner que le POI martelant qu’il fallait « un plan de relance » en faveur des travailleurs, que ces soldats ayant été tués dans la nuit du 18 ou 19 août et leur communiqué datant du 20 août, que les dirigeants du POI n’aient pas mentionné l’étude Ifop parue dans Dimanche Ouest-France du 17 août qui faisait ressortir que 82% des personnes interrogées ne faisaient pas confiance au gouvernement pour « l'augmentation du pouvoir d'achat », autrement dit que Sarkozy ne pouvait pas à la fois dépenser des sommes gigantesques pour entretenir une armée d’occupation et faire la guerre à des peuples et prendre des mesures pour « l’augmentation du pouvoir d’achat », le lien était tout trouvé sous une forme plus condensée, mais sans doute fallait-il encore épargner le gouvernement en prétendant que c’était l’Union européenne qui interdisait tout « plan de relance » au nom du pacte de stabilité.

Sarkozy, son gouvernement et leur Parlement sont minoritaires et illégitimes, mais le POI continue de le nier et de le passer sous silence. Il y a des indices qui ne trompent pas comme l'on dit souvent, on en a ici la preuve.

Vous voulez un mot d’ordre clair, net et précis qui sied en toutes circonstances, y compris celle-ci, qui fasse l’unité de tous les militants ouvriers combattant le capitalisme :

Retrait immédiat de toutes les troupes françaises et étrangères d'occupation en Afghanistan et partout dans le monde !

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POI : Gluckstein et « les intérêts de la nation ».

Je vous propose une lecture critique de l’éditorial du n°11 d’Informations ouvrières, rédigé comme il se doit par le secrétaire national du POI, D. Gluckstein.

Il commence par un glissement sémantique qui met un peu plus en relief le courtisan du régime qu'est devenu Gluckstein, après avoir fait référence à la France, il paraphrase Sarkozy : « Une escalade qui nous est imposée ? ». Le « nous » (inclusif), pour ceux qui savent lire, c'est la France ! Une « escalade imposée » à la France, par qui ? Vous le saurez plus loin, car désormais le POI entend défendre les intérêts de la France pour ceux qui ne le sauraient pas encore. Vous pensez que j’exagère ? Attendez de lire la suite pour en juger. La France dont se réclame Sarkozy, pas seulement, celle des républicains à qui Gluckstein s'emploie à emprunter le langage conformément à la stratégie pour laquelle le POI a remplacé le PT. Et pour mieux prouver que je ne me trompe pas, dans la phrase suivante il écrit : « Il y a pour le moins matière à s’interroger. », ah c'est le moins que l'on puisse dire ! Mais pas dans le sens où il l’entend.

Pour être certain que l'on se comprenne bien, ce n’est pas une banale façon de s’exprimer ou histoire de pinailler sur un détail de ma part, je précise que s'il avait dit que cette « escalade » nous était « imposée » après avoir fait référence aux travailleurs à qui Sarkozy n’a pas demandé leurs avis, là nous aurions été d'accord avec lui et je ne me serais pas attardé sur cette phrase, d’autant plus que nous savons que la majorité de la population est contre l'intervention militaire en Afghanistan, mais lorsqu'il fait référence à la France en parodiant Sarkozy, Morin ou Kouchner, cela n'a pas du tout la même signification, on ne peut pas le suivre sur ce terrain qui relève du patriotisme ou du nationalisme.

Mais alors pourquoi cette « escalade » ? Il répond plus loin à cette question : « L’objectif évident est de susciter un climat d’union sacrée. », comme s'il n'existait pas déjà depuis l'élection de Sarkozy (pour ne pas remonter plus loin) ! Nous allons le vérifier.

Autre élément qui permet de dire qu'il fabule complètement, un sondage réalisé ces derniers jours révèle que cette opération associée à celle de Maillé, n'a pas réussi à faire remonter la cote de popularité de Sarkozy, plus 2 ou 5 points selon les instituts de sondage qui ont précisé qu'elle demeurait très minoritaire (source : Reuters 31.08), et que ce sondage avait été réalisé pendant la période des vacances, quand les personnes interrogées ne pensaient pas forcément à tous les problèmes qu'elles allaient devoir affronter dès le début septembre, et que par conséquent il fallait minorer les résultats de ce sondage, autrement dit que la cote de popularité de Sarkozy n’avait pas remonté, ce n'est pas moi qui l'invente, ce sont les publicistes bourgeois qui n'ont pas intérêt à nuire à Sarkozy qui l’ont écrit, nous sommes bien d'accord.

Ajoutons qu'on sait très bien que tous les instituts de sondage sont à la botte de Sarkozy, on ne peut donc pas dire que le véritable objectif de Sarkozy ait été celui-là, par contre celui dont justement Gluckstein n'a pas parlé s’adressait davantage à la population qu’aux partis politiques, il a échoué lamentablement : parvenir à redorer son image au près de la population, il repassera ! C’était prévisible.

Il continue son éditorial en s'apitoyant sur ces malheureux barbouzes rescapés du piège que leur avaient tendu la résistance afghane. Car voyez-vous, page 4 à laquelle il renvoie, si « la réaction du commandement » avait été plus rapide, s'il n'y avait pas eu « de sérieux problèmes de coordination » et s'ils avaient reçu « des munitions » ils auraient pu massacrer ces résistants afghans à l'occupation de leur pays et ces 10 braves soldats français ne seraient pas morts ! 10 résistants afghans ne vaudront jamais 10 militaires français, je pense exactement le contraire. Il devrait postuler au poste de commandant en chef des opérations en Afghanistan pour le compte de l'OTAN ! Excusez-moi, mais là Gluckstein a franchi un nouveau pas dans la mauvaise direction.

Il ne lui viendra pas un instant à l'esprit que parmi les combattants afghans il n'y a pas que des talibans, il y a de véritables résistants à l'occupation militaire à laquelle participent les armées de 45 pays, par exemple des combattants qui ont résisté à l'occupation militaire de l'Afghanistan par l'URSS dans les années 80. C'est comme si l'on disait qu'il n'y avait eu qu'une seule organisation de résistants pendant la seconde guerre mondiale en France, ce serait absurde, grotesque et faux en même temps.

Plus navrant encore, Informations ouvrières se fait l'écho d'un père de militaire qui explique que le gouvernement doit arrêter d'envoyer « des enfants se faire tuer », parce que des commandos parachutistes et des légionnaires armés jusqu’aux dents et qui partent faire la guerre à la résistance afghane, ce seraient des enfants de coeur ! Et le POI se fait le complice de ce genre de discours.

Pour choisir de s'engager particulièrement dans ces unités de combat de l'armée qui sont formées à tuer et à torturer si nécessaire, à intervenir à l'étranger, à soutenir des dictatures chancelantes en Afrique ou défendre les installations des multinationales contre les intérêts des peuples, il faut appartenir à la lie de la société, et qu'on ait 19 ans ou davantage ne change rien. On pourrait rappeler à Gluckstein la définition que donnèrent Marx et Engels du lumpenprolétariat dans La social-démocratie allemande (page 17, version Internet) :

« Le lumpenprolétariat - cette lie d'individus déchus de toutes les classes qui a son quartier général dans les grandes villes - est, de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est parfaitement vénale et tout à fait importune. Lorsque les ouvriers français portèrent sur les maisons, pendant les révolutions, l'inscription : « Mort aux voleurs ! », et qu'ils en fusillèrent même certains, ce n'était certes pas par enthousiasme pour la propriété, mais bien avec la conscience qu'il fallait avant tout se débarrasser de cette engeance. Tout chef ouvrier qui emploie cette racaille comme garde ou s'appuie sur elle, démontre par là qu'il n'est qu'un traître. »

Il nous sert du « peuple français » dorénavant dans chaque éditorial ou communiqué, on croirait entendre parler le secrétaire général du PCF des années 70-80 Georges Marchais ! Ce sera difficile de tomber plus bas, mais on ne sait jamais.

On apprend que « L’engagement français en Afghanistan se fait au compte d’intérêts étrangers aux intérêts de la nation », parce que si c'était pour le compte de la nation, cela changerait tout et justifierait même une guerre. De la France à la nation, il n’y a pas loin, je vous le disais en introduction. Depuis quand les « intérêts de la nation » coïncideraient avec ceux de la classe ouvrière quand elle est dirigée par la bourgeoisie, précisons, à l’époque de l’impérialisme stade suprême du capitalisme ? Où a-t-il vu jouer cela le « trotskiste » Gluckstein ? Certainement pas dans le marxisme. On comprend pourquoi, lorsqu'on a à l'esprit que les « socialistes » qui ont rejoint le POI se réclament de la SFIO qui s'est particulièrement distinguée le 4 août 1914 en votant les crédits de guerre, eux aussi ils ont défendu les « intérêts de la nation » française. On n'a pas vraiment envie que ces gens là aient un jour le pouvoir. Mais vous allez voir pourquoi il a embrayé sur ce terrain-là.

Il continue : « C’est Bush qui a exigé de l’Union européenne — qui s’incline — de « partager le fardeau » des interventions militaires en Afghanistan et ailleurs. Derrière Bush, ce sont les multinationales, capitalistes et spéculateurs, qui dictent leurs exigences. ». Certes, mais rien n'empêchait Sarkozy de refuser de se plier à l'exigence de Bush, Chirac avait bien refusé de participer à la coalition qui a attaqué l'Irak en 2003, dites-moi si je me trompe. Il a oublié De Gaulle auquel il n’hésite pas à faire référence ailleurs, dites-moi encore si j’ai rêvé. Donc, encore une contre-vérité. Précisons que cette interprétation fallacieuse des évènements est partagée par bon nombre de bonnes consciences, y compris au sein de l'UMP (voir le Comité Valmy par exemple).

Vous vous dites qu'il va appeler à chasser Sarkozy, vous n'y êtes pas du tout, car « En agissant ainsi, le gouvernement Sarkozy-Fillon dévoile sa nature : un gouvernement de supplétifs de l’OTAN et de l’Union européenne. », bref, encore une fois il n'est pas vraiment responsable au sens propre du mot supplétif qui appartient à la terminologie militaire et qui signifie : servir de complément aux unités régulières, en réalité, Sarkozy vient seulement compléter le dispositif de l'OTAN et de l'UE, il est la dernière roue du carrosse, le malheureux, il est obligé de suivre sans broncher. Bref, il serait comme les dirigeants syndicaux, pris au « piège », personne n'est vraiment responsable dans ce beau pays qu’est la France, alors que Sarkozy a rappelé lors du Conseil national de l’UMP le 5 juillet dernier que l'Union européenne existait par la volonté des chefs d'Etat, je cite : « si la Commission décide c'est parce que les chefs d'Etat et de gouvernement l'ont voulu ainsi » (source : Reuters 05.07), ce qui lui permettait de dire ce qu'il avait à dire en se foutant des conventions ou plutôt en les oubliant, à moins qu'il ne les connaisse pas, ce qui est fort probable aussi. Que Sarkozy soit aux ordres de Bush, c'est certain, mais cela demeure un choix politique qu’il a fait, il ne faut pas l'occulter, qu'on le veuille ou non. Ne pas le dire, ne revient-il pas à soutenir de façon masquée le gouvernement ?

Pourquoi alors toute cette gesticulation ? Au passage, vous avez sans doute remarqué que Gluckstein continue de faire l'impasse sur la présence de Kouchner au gouvernement, même lorsqu'il est en première ligne en tant que ministre des Affaires étrangères comme sur cette affaire, il parle du « gouvernement Sarkozy-Fillon ». Kouchner est au PS et le POI entend recruter des adhérents de ce parti pourri, il faut donc l'épargner lui aussi, solidarité oblige entre « camarades » ! Pour comprendre la prise de position d’un parti, il faut avoir tout cela à l’esprit, sinon on est prêt à croire et à raconter n’importe quoi. Que l’on ne puisse pas tout dire ou rappeler dans un éditorial, c’est un fait, mais là il s’agissait d’un mot, un seul, le nom de Kouchner qui lui brûle les lèvres.

Vous allez voir que décidément Gluckstein fait feu de tout bois. Il écrit : « C’est parce que sa politique se heurte dans tous les domaines à la résistance des travailleurs et de la jeunesse que le gouvernement tente à travers, son aventure en Afghanistan de créer un climat d’union nationale propice à l’exécution de ses plans « intérieurs ». ».

Au premier abord on pourrait penser que cette analyse est correcte, puis en y regardant d'un peu plus près, on se demande où il a vu jouer cela : Sarkozy a appliqué sans trop de difficultés son programme de démolition depuis 16 mois avec le soutien du PS, du PCF et des dirigeants syndicaux. Certes, l'UMP a perdu quelques villes aux élections municipales, mais pour l'essentiel, Sarkozy est arrivé à ses fins, et l'on ne voit pas très bien ce qui pourrait l'empêcher de continuer sur sa lancée. Que ce soit sur le traité de Lisbonne où la « réforme » des institutions, Sarkozy a eu gain de cause, n’est-ce pas ? Que ce soit sur la remise en cause du droit de grève, des retraites, le saccage de la Sécu, du Code du travail, etc., il a obtenu ce qu’il voulait, arrêtez-moi si je me trompe. Donc le « climat d’union nationale » est déjà instauré dans ce pays.

Ne soyez pas assez naïf pour penser qu’il parle de la population et non des partis politiques, puisque hier comme aujourd’hui, Sarkozy est totalement incapable de réunir la majorité de la population derrière lui, nous ne sommes pas aux Etats-Unis, par contre, que tous les partis institutionnels le soutiennent, c’est bien réel et ce n’est pas nouveau, donc ce n’est pas un objectif à atteindre pour Sarkozy.

La « résistance » des travailleurs dont il parle, elle est passive, muselée, sans représentation politique et Sarkozy le sait très bien. Quant au « climat d'union nationale » - Gluckstein finit pas y venir, alors que jusqu'à présent il ne parlait que de « coalition » en faisant référence à la gestion des régions par le PS au côté du gouvernement dominé par l'UMP. Au passage, j'ai sans douté été l'un des premiers à employer l'expression d'union nationale en parlant du gouvernement actuel, bref, l'union nationale existe depuis la formation du gouvernement il y a 16 mois, un petit moins longtemps si l'on tient compte ou part des comités que Sarkozy a constitués dans la foulée et où participent des dizaines de dirigeants du PS et des autres partis présents à l'Assemblée nationale, donc Gluckstein découvre une situation qui existe déjà depuis un moment. Trop tard à la soupe, il serait peut-être tant que tu te réveilles un peu, regarde dans quels draps s'est foutu Evo Morales en laissant passer l'occasion de prendre tout le pouvoir, c'est lui qui va être balayé par la réaction s’il commet encore la moindre erreur, s’il n’est pas déjà trop tard…

Gluckstein et tous les dirigeants de son courant politique sont devenus à la suite de Lambert, incapable de formuler la moindre prévision politique (comme à la veille du référendum du 29 mai 2005 par exemple, ou encore l’élection de Sarkozy), or c'est une des tâches essentielle à laquelle doit s'atteler un dirigeant rappellera à plusieurs reprises Trotsky. Ce n'est pas trop qu'ils en sont incapables car ils sont fort intelligents, il aurait mieux valu dire qu'ils en avaient la possibilité mais qu'ils les gardaient pour eux, car ils craignent par dessus tout de formuler publiquement un pronostique erroné, qui dans un parti en proie au centralisme bureaucratique pourrait se retourner contre eux et rime avec déchéance, perte de pouvoir, soumission ou exclusion un jour où l'autre, les exemples ne manquent pas, le moment voulu on pourra toujours vous ressortir vos erreurs anciennes pour justifier toutes les accusations possibles et inimaginables contre vous, pour vous exclure si nécessaire, c’est si facile de fabriquer un amalgame de toutes pièces.

Du coup, ils sont tétanisés à l’idée de devoir formuler une prévision, surtout à court terme, car leur erreur sauterait aux yeux des militants qui pourraient leur demander des comptes. Peut-être aussi qu’à force d’endurer cette pratique antidémocratique, ils sont devenus sclérosés et je leur prête abusivement une qualité qu’ils n’ont plus depuis longtemps, ce que les faits semblent confirmés, mais laissons-leur le bénéfice du doute puisque cela ne porte pas à conséquence. Il faut bien expliquer à quoi correspondent certaines attitudes des dirigeants, si l'on veut réellement arriver à les comprendre et éviter de se méprendre sur leur leurs réelles intentions et ce qu’ils disent ou écrivent.

Que Sarkozy ait besoin d'un second souffle pour continuer son programme de démolition, cela n'a rien d'extraordinaire et n'est pas l'essentiel (de mon point de vue qui n’est pas celui d’un réformiste), en réalité, depuis le premier jour de son mandat il est en permanence à l'affût de la moindre occasion pour faire un pas en avant, car il sait pertinemment qu'il a été élu sur la base d'une vaste escroquerie et que le voile derrière lequel il cachait sa véritable nature s’est envolé les semaines qui ont suivi son arrivée à l’Elyséen cela Gluckstein ne le dit pas, parce qu'il devrait dire qu'il est illégitime et minoritaire dans le pays, sinon Sarkozy ne se serait pas cassé la tête pour attirer l'attention sur sa vie personnelle par exemple pour faire diversion, il sait plus que n'importe qui que son programme antisocial ne rencontrera jamais l'adhésion de la majorité de la population qu’il passe son temps à matraquer. Bref, Gluckstein enfonce des portes ouvertes.

Que l'immense majorité des travailleurs condamnent en bloc les lois et les mesures réactionnaires prises par le gouvernement Sarkozy-Fillon-Kouchner depuis mai 2007, nous le savons tous, que la situation économique va encore s'aggraver, nous le savons tous aussi, Fillon vient de déclarer lundi sur Europe 1 à propos de la croissance économique, après avoir rêvé à haute voix qu'elle sera de 2% ou 1,7% : « J'espère que ce sera au moins 1% » (source : AFP 01.09), que cette situation va alimenter les tensions sociales entre les classes, nous le savons tous, les grèves se multiplient à travers tout le pays, notamment sur la question des salaires, mais pour que le gouvernement soit réellement menacé, il faudrait au moins une condition, au choix :

- soit que les fonctionnaires et les travailleurs des grandes entreprises qui forment le gros des bataillons des syndicats se lancent dans une grève illimitée qui paralyse l'activité économique du pays, ce qui impliqueraient qu'ils contrôlent eux-mêmes leur grève en réalisant l'unité et en constituant leur comité national de grève, car dans le cas contraire les dirigeants syndicaux auront vite fait de saboter leur mouvement. Ajoutons qu'au mieux, sans perspective politique le gouvernement serait obligé de céder sur certaines revendications sans aller plus loin, cela reviendrait à donner satisfaction partiellement à ceux qui réclament un « plan de relance » de la consommation par la hausse des salaires, fondamentalement cela ne changerait absolument rien à la situation sociale et politique, tout au plus Sarkozy bénéficierait d’un répit supplémentaire ;

- soit qu'un parti ou des partis ouvriers (avec les syndicats) appellent dans l'unité à une manifestation nationale à Paris pour en finir avec Sarkozy, les institutions de la Ve République, le capitalisme, mais nous savons qu'aucun parti ne se situe dans cette perspective politique, il faut donc l'exclure.

Tout repose finalement sur la capacité des travailleurs des grandes entreprises et les fonctionnaires qui en réalisant l'unité à la base peuvent imposer l'unité des syndicats aux bureaucrates qui les contrôlent, contre leur gré, à conditions qu’ils se libèrent de leur tutelle, entraînant dans leur sillage l'immense majorité des travailleurs du secteur privé (75% des salariés), ce qui pourrait déboucher sur la grève générale, sans se faire la moindre illusion sur l’issue politique de ce scénario.

On nous a fait croire à de multiples reprises dans le passé que tout était possible, sauf que sans un parti révolutionnaire enraciné profondément dans les masses, rien n’est possible. Qu’il puisse se construire au cours de la mobilisation des masses, c’est ce que nous enseignent les leçons du passé, encore faudrait-il que l’on dispose d’un embryon de parti, or il n’existe pas aujourd’hui. Peut-être que cela précipitera certains rapprochements entre différentes formations politiques se réclamant de la révolution socialiste, pour le moment et à court terme sans faire preuve d’un optimisme aveugle, c’est le seul élément positif qui pourrait émerger de la situation. Il ne faut pas sombrer dans la dépression et abandonner le combat, mais il faut rester lucide.

Même Trotsky, selon moi, avait pêché par excès d’optimisme en lançant « C’est au tour de la France » en 36, peut-être pour galvaniser nos troupes, mais en l’absence du parti, les choses étaient entendues d’avance, car on ne construit pas un parti de toutes pièces en quelques mois ni en quelques années, et sans doute que bien des militants ont cultivé des illusions à cette occasion ou ne s’en sont jamais remis. On peut formuler des prévisions avec beaucoup de prudence, mais seulement lorsque l’on a été au bout de ses analyses, pas avant. Dans ma situation, c’est un exercice quasi-impossible, mais je prends le risque puisque personne ne veut s’y atteler, et si je me plante, vous en serez les premiers témoins, il suffira de rectifier le tir voilà tout. La question du parti liée à la question du pouvoir demeure déterminante.

La fin de son éditorial est encore plus pathétique, Jaurès devient par enchantement un « grand socialiste », on en vient à se demander ce que pouvait être à côté Marx ou Lénine, les superlatifs nous manquent ainsi que les mots, Gluckstein nous coupe le souffle. Il lèche les pompes des sociaux-démocrates ménopausés qui avant de sombrer totalement dans la sénilité se souviennent soudainement qu'ils ont une conscience, je n’ose même pas dire une conscience de classe, on a envie de dire que le mal est fait et qu'il est un peu tard pour qu'on les prenne vraiment au sérieux, désolé, surtout lorsque l'on voit que Gluckstein se vautre dans la fange du républicanisme à cent balles pour nous en convaincre.

Il y a quelques années Jaurès est revenu en odeur de sainteté dans ce courant politique, puis, son nom est apparu de plus en plus souvent dans leurs publications, pour finir, il est à l’honneur dans le Manifeste du POI ou il a remplacé avantageusement Marx déchu, pour conclure le voilà devenu un « grand socialiste », demain qui sait, ils en feront un grand révolutionnaire !

Laissez à Jaurès ce qui revient à Jaurès, sans salir sa mémoire, mais sans l’embellir non plus, au risque de sombrer dans le ridicule. Il en faudra plus que ce genre de flatteries de courtisans pour enterrer les enseignements du marxisme.

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Défense du marxisme.

Extrait de La social-démocratie allemande. 1875-1894 - Marx -Engels

"En fait, l'Association générale des ouvriers allemands aussi bien que le Parti ouvrier social-démocrate, et même tous deux pris, ensemble, ne forment encore qu'une infime minorité de la classe ouvrière allemande. Or, d'après notre conception, confirmée par une longue pratique, la juste tactique dans la propagande n'est pas d'arracher ou de détourner çà et là à l'adversaire quelques individus, voire quelques - uns des membres de l'organisation adverse, mais d'agir sur la grande masse de ceux qui n'ont pas encore pris parti. Une seule force nouvelle que l'on tire à soi de son état brut vaut, dix fois plus que dix transfuges lassalléens qui apportent, toujours avec eux le germe de leur fausse orientation dans le parti.

Et encore, si l'on pensait attirer à soi les masses sans que viennent aussi les chefs locaux, le mal ne serait pas si grave ! Mais il faut toujours reprendre à son compte toute la masse de ces dirigeants qui sont liés, par toutes leurs déclarations et manifestations officielles du passé, sinon par leurs conceptions actuelles, et qui doivent prouver avant tout qu'ils n'ont pas abjuré leurs principes, mais qu'au contraire le Parti ouvrier social-démocrate prêche le véritable lassalléanisme.

Tel a été le malheur à Eisenach. Peut-être n'était-ce pas facile d'éviter alors ; mais il est incontestable que ces éléments ont nui au parti. Je ne sais pas si nous ne serions pas au moins aussi forts aujourd'hui si ces éléments n'avaient pas adhéré à notre organisation ? Mais, en tout cas, je tiendrais pour un malheur que ces éléments trouvent un renfort." (page 33-34, version Internet)

On pourrait remplacer aujourd'hui les lassalliens par les républicains et les démocrates. En principe le parti s'adresse aux masses, en particulier aux couches les plus avancées du prolétariat (car l'objectif du combat de Marx et Engels était déjà de construire le parti et pas autre chose), à ne pas confondre avec les travailleurs syndiqués ou qui militent déjà dans un parti ouvrier. Marx et Engels (et ensuite Lénine) n'ont cessé de le répéter. C'est cela un véritable parti ouvrier indépendant, cela n'a rien à voir avec le POI. Le POI a fait pire, car il a attiré des élus du PS et du PCF mais sans les masses !

Un parti qui sans cesse lorgne sur les autres partis va adapter sa tactique sur eux au lieu de la subordonner à sa stratégie. Du coup, il s'écartera de son objectif et perdra ainsi son indépendance pour devenir un parti comme les autres... Sans parler des illusions qu'il colportera sur ces partis et qui sont en contradiction avec son propre programme, théoriquement. Il en arrive rapidement à pratiquer en permanence une sorte de double langage, à renier ses principes pour s'adapter à l'air du temps qui dorénavant lui sert de guide. C'est l'engrenage, à l'étape suivante, ce parti est devenu totalement méconnaissable et a abandonné son objectif.

Construire un véritable parti communiste et non un fourre-tout hétéroclyte.

Engels : « Dans tous ces écrits, je ne me qualifie jamais de social-démocrate, mais de communiste. Pour Marx, comme pour moi, il est absolument impossible d'employer une expression aussi élastique pour désigner notre conception propre. » (Fr. Engels, Préface à la brochure du Volksstaat de 1871 - 1875.)

Dès 1871, le qualificatif de social-démocrate était devenu insupportable pour Marx et Engels, alors quand on pense à ceux qui ont soutenu les partis social-démocrates lors de chaque élection jusqu'en 2007, il est définitivement impossible de leur accorder la moindre confiance.

"Se représenter la société socialiste comme le règne de l'égalité est une conception unilatérale de Français, conception s'appuyant sur la vieille devise Liberté, Égalité, Fraternité, et se justifiant, en ses temps et lieu, comme phase de développement; mais, de nos jours, elle devrait être dépassée comme toutes les visions unilatérales des vieilles écoles socialistes, car elle ne fait qu'embrouiller les esprits et doit donc être remplacée par des formules plus précises et mieux adaptées aux choses. (page 38, version Internet)

La devise de la république bourgeoise est "dépassée". Si elle l'était déjà à la fin du XIXe siècle, alors que dire plus d'un siècle après ! Le règne de l'égalité, c'est celui de la démocratie, une vision fantasmatique et opportuniste de la lutte des classes.

Karl Marx - Lettre à Fr.-A. Sorge, 19 octobre 1877.

"En Allemagne, un esprit pourri gagne notre parti, non pas tant dans les masses que parmi les dirigeants (ceux qui viennent des classes supérieures et des rangs « ouvriers »). Le compromis avec les Lassalléens a également conduit à un compromis avec des médiocrités, à Berlin […] avec Dühring et ses « admirateurs », et ailleurs avec toute une bande d'étudiants et de docteurs super-intelligents qui veulent donner au socialisme un tour « supérieur, idéal », autrement dit substituer à la base matérialiste (qui réclame une étude sérieuse et objective, si l'on veut opérer à partir d'elle) leurs divinités de la Justice, de la Liberté, de l'Égalité et de la Fraternité." (page 45, version Internet)

Il ne mâchait pas ses mots Marx. Toute ressemblance avec des dirigeants ou un parti que vous reconnaitrez immédiatement ne serait être que le fruit du hasard ! Les "divinités" des républicains n'étaient pas en odeur de sainteté auprès de Marx et Engels. On comprend pourquoi Jaurès est plus présentable que Marx et Engels.

Editorial du 12 août 2008

La fin du cycle de Doha reportée à plus tard.

Les discussions dites du cycle de Doha entre les 153 pays de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) entamées le 21 juillet à Genève, se sont finalement terminées par un échec cuisant principalement pour les Etats-Unis, les participants n'ayant pu se mettre d'accord sur les mesures visant à protéger les agriculteurs des pays dits pauvres qui constituent 50% ou plus de leur population active.

Les négociations ont échoué principalement en raison du désaccord entre les Etats-Unis, la Chine et l'Inde sur les importations agricoles, mais pas seulement.

Le cycle de Doha lancées en 2001 dans la capitale du Qatar a pour objectif la libéralisation des produits agricoles et manufacturés, autrement dit il vise à ouvrir les marchés intérieurs des 153 pays membres aux produits étrangers.

Rappelons que l’OMC trouve ses origines dans l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, appelé GATT et signé dès 1947. Alors que dans le milieu des années 1970, les négociations du GATT se sont surtout concentrées sur les législations nationales, y compris sociales, qui étaient censées constituer des obstacles au commerce, à partir de 1986 et jusqu’en 1994, aura lieu le dernier cycle de négociations sous l'égide du GATT appelé l’Uruguay round, au centre duquel se trouvera l’agriculture. Le 15 avril 1994 était signé un accord à Marrakech créant l'OMC dans le prolongement du GATT, dont la fonction sera de fournir un cadre permanent institutionnalisant les négociations commerciales réunissant la majorité des Etats au profit des multinationales.

L'objectif affiché de cette nouvelle réunion était de relancer le commerce international pour un nouvel abaissement des droits de douane, afin de stimuler l'économie mondiale et de contribuer à la lutte contre la pauvreté, alors qu'en réalité il s'agit de permettre aux capitalistes dominants de conserver leurs positions et d’enlever de nouvelles parts de marché.

Les discussions visant à aboutir à un accord mondial de libéralisation des échanges commerciaux ont échoué après neuf jours de négociations, les participants n'ayant pu se mettre d'accord sur les mesures visant à protéger les agriculteurs des pays « pauvres ».

En réalité les choses sont beaucoup plus compliquées, car chacun des pays participants à ce marchandage entendait bien défendre les intérêts particuliers de ses propres producteurs, ce qui remettait en cause en principe tout accord possible, puisque celui-ci devra être adopté à l'unanimité et dans sa globalité.

C'est le développement inégal sur le plan économique, industriel et agricole entre les différents pays et la concurrence acharnée qu’ils se livrent qui a conduit à ce nouvel échec, après celui de septembre 2003 lors de la conférence de Cancun (Mexique), alors qu'il était prévu que le cycle de Doha serait achevé en principe fin 2004.

Ces tractations entre Etats n'ont pas pour but d'harmoniser la production à l'échelle de la planète et de mettre fin à l'anarchie qui la caractérise en régime capitaliste pour satisfaire les besoins de l'humanité, mais de renforcer la concurrence que se livrent les différents producteurs dans l'intérêt des plus puissants afin d'éliminer les plus faibles.

De plus, les dirigeants des différents pays doivent rendre des comptes dans leur propre pays et se trouvent confrontés à des situations sociales tendues qui ne leur permettent pas de liquider des pans entiers de l'industrie ou de l’agriculture sans prendre le risque d'un embrasement social ou d'être discrédités au près de la population.

Si l'on ajoute à ce tableau que ces discussions se sont déroulées avec en toile de fond la crise des subprimes, la hausse des prix en général dont celle du pétrole et des produits alimentaires qui ont déclenché des émeutes dans plus de 40 pays, l'inflation qui est repartie à la hausse, etc., les participants à cette réunion ne disposaient pas d'une marge de manoeuvre suffisante leur permettant de faire les concessions nécessaires pour parvenir à un accord à l’heure où règne l’incertitude sur l’évolution de l’économie mondiale.

Pour qu'il y ait accord, il aurait fallu que la plupart des dirigeants des 153 pays participant à ces négociations assument les conséquences à court terme de leur soumission aux conditions dictées par les besoins du capitalisme mondial et qu'ils s'engagent à en faire porter le poids sur leur propre prolétariat et paysannerie pauvre, un risque qu'ils n'étaient apparemment pas tous prêts à prendre.

Cet échec était donc prévisible, d'ailleurs, avant même le début de cette réunion, le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, ne lui donnait pas plus de 50% de chance de réussite. Pour lui ces négociations sont devenues un « bourbier » inextricable qui manifestent à la fois le refus des différents capitalistes à accepter des concessions supplémentaires qui les conduiraient à une dépendance accrue en vers l'impérialisme américain, et la résistance des peuples qui ont tout à perdre dans ce marchandage dont ils sont finalement les seuls proies à dépouiller.

L'objectif de cette réunion était surtout de reporter sur l'ensemble des peuples les contradictions auxquelles doit faire face l'impérialisme américain qui demeure la première économie mondiale, ce qui a conduit l'OMC au bord de l'éclatement si l'on en juge par les clans (C4, G7, Nama 11, G20) qui se sont formés pour défendre leurs intérêts spécifiques dans des domaines aussi divers que l'industrie automobile, le jambon, le coton ou la banane par exemple. Mieux encore, elle a permis de révéler une ligne de fracture au sein de l'Union européenne.

Cette réunion s'étant étalée sur 9 jours et ayant mis en scène de très nombreux acteurs devant traiter de marchandises diverses, j'ai choisi de vous présenter son déroulement à partir des différentes questions abordées en essayant de regrouper les prises de position des uns et des autres pour que vous en ayez un aperçu le plus complet possible, figure ensuite les position de l’Union européenne et des Etats-Unis.

Pour planter le décor, voyons quels étaient les enjeux de ce marchandage planétaire.

Le projet présenté par Pascal Lamy (Parti socialiste) prévoyait notamment que les Etats-Unis réduiront de 70 % à 14,5 milliards de dollars (9,3 milliards d'euros) leurs subventions agricoles et que l'Union européenne diminuera les siennes de 80 % à 24 milliards d'euros. Les droits de douane agricoles européens supérieurs à 75 % seront abaissés de 70 %. Pour les produits manufacturés, les pays en développement devront réduire leurs droits de douane dans une fourchette de 20 à 25%.

Dans les domaines agricole et industriel, il prévoyait que les pays développés et en développement pourront protéger certains produits fragiles avec des droits de douane renforcés, mais les pays dits riches dans une moindre proportion. Cependant, les pays émergents ne seront pas autorisés à soustraire tout un secteur industriel, l'automobile par exemple, à la baisse générale des droits de douane.

Si ces propositions avaient donné lieu à un accord, les producteurs des pays « riches » se seraient retrouvés en concurrence directe avec ceux des pays où le coût de la main d'oeuvre et de la production est beaucoup plus bas. Cela aurait abouti à exiger des gouvernements des pays « riches » qu'ils fassent pression sur leurs propres producteurs pour qu'ils abaissent leur coût de production, autrement dit, une nouvelle baisse du coût du travail donc des salaires accompagnée de la liquidation des acquis sociaux qui existent encore, la législation du travail et la protection sociale en priorité.

(la suite de l'éditorial en cliquant sur le lien ci-dessous, 7 pages)

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