Site dédié aux militants marxistes-léninistes qui veulent combattre sous le drapeau de la révolution socialiste internationale


Site actualisé le 3 juillet ....... Le chômage dans la zone euro a encore augmenté en mai pour atteindre 9,5%, son plus haut niveau depuis 10 ans, et il devrait atteindre 11,5% en 2010. A un tel niveau qui osera dire encore qu'il ne faut pas en finir avec le capitalisme et les institutions politiques qui sont à son service, la Ve République, l'Union européenne ? ..........








Articles, dépêches et documents disponibles dans cette page

 Edito du 20 juin : l'éditorial du bulletin du CCI(T) du 19 juin.

 Causerie du jour. (du 3 juillet)

 Les derniers articles de Lutte de classe. (20.06)

  INFO ÉCONOMIQUE.

   Les dernières dépêches.
 - "Les marchés financiers deviennent moins transparents, plus fragmentés" (02.07)
 - USA. Les baisses de salaires se multiplient aux Etats-Unis (02.07)
 - France. La dette publique de la France croît de 86,5 milliards d'euros (01.07)
 - France. Le PIB français du 1er trimestre confirmé à -1,2% (01.07)
 - Dans les paradis fiscaux, 20 % des dépôts proviennent des pays en voie de développement
    (01.07)
 - Espagne. L'Espagne crée son fonds de soutien aux banques (01.07)

 - Allemagne. Le gouvernement allemand approuve une dette record pour 2010 (25.06)
 - La Chine et l'Inde vont soutenir la croissance mondiale en 2009 (23.06)
 - La Banque mondiale révise à la baisse les prévisions de croissance pour 2009 (23.06)

  INFO SYNDICALE.   (juillet - août)

  Archives  (janvier - février)  -  (mars - avril)  -  (mai - juin)
   Les dernières dépêches.
 - Crise : Nicolas Sarkozy consulte les partenaires sociaux (01.07)

 - Deux syndicats policiers fondent l'Union syndicale majoritaire (18.06)
 - Les syndicats ratent leur journée de mobilisation unitaire (14.06)
 - Mailly : "On n'est pas des G.O du social" (13.06)
 - "Manifester puis rentrer chez soi ne fera pas plier ce gouvernement" (13.06)
 - A Marseille, les militants s'interrogent sur la stratégie de leur syndicat (13.06)
 - Les partenaires sociaux négocient la "gestion sociale de la crise" (10.06)

  INFO POLITIQUE.   (juillet - août)

  Archives  (janvier - février)  -  (mars - avril)  -  (mai - juin)
   Les dernières dépêches.
 - Régionales: Besancenot et Mélenchon pour des listes "indépendantes" au 1er tour (03.07)
 - Régionales: Mélenchon et Besancenot partants pour une alliance (01.07)
 - Sécurité: 25 organisations réclament le retrait du projet de loi sur les bandes (01.07)
 - Le texte contre les bandes violentes adopté par les députés (01.07)

 - Borloo a-t-il boosté Cohn-Bendit aux européennes? (23.06)

  INFO SOCIALE.   (juillet - août)

  Archives  (janvier - février)  -  (mars - avril)  -  (mai - juin)
   Les dernières dépêches.
 - Quand Sarkozy promettait le maintien de la retraite à 60 ans (02.07)
 - Travailler en étant malade va "dans le sens de la modernité", selon Lefebvre (01.07)
 - Restauration: pas de hausse des salaires liée à la TVA, mercredi (01.07)
 - Des salariés saccagent le siège du port de Marseille (01.07)
 - "Le développement du sous-emploi" (01.07)
 - Un outil de retour à l'emploi ? (01.07)
 - Ces élèves handicapés priés de changer d'accompagnant (01.07)
 - Les 30 000 emplois vie scolaire non renouvelés, "un véritable gâchis !" (01.07)

 - Le chômage en hausse pour le 13e mois consécutif (26.06)
 - Ardennes : trois dirigeants d'une société retenus dans leur usine libérés (23.06)
 - Débrayage chez Alcatel à Strasbourg contre un accord avec HP (23.06)

  INFO JUSTICE.

   Les dernières dépêches.
 - La police mise en cause pour ses contrôles au faciès (01.07)
 - A Paris, frappé dans la rue et au commissariat (01.07)
 - Trois membres du Conseil supérieur de la magistrature démissionnent (26.06)
 - Scientologie : le parquet demande la dissolution (16.06)
 - A 77 ans, il conteste un PV... et se retrouve menotté (09.06)
 - « Hou la menteuse » : Morano est bien allée jusqu'au tribunal (06.06)
 - Le tribunal administratif de Paris suspend les contrats concernant les centres de rétention (01.06)
 - Les censeurs du Net (01.06)

  INFO SOCIÉTÉ.

   Les dernières dépêches.
 - Les ancêtres communs de l'homme et du singe auraient vécu en Asie,
   suggère une nouvelle étude (03.07)
 - Le vieillissement démographique sera plus rapide au Sud qu'au Nord, selon l'INED (01.07)

 - Revenu disponible des ménages français: 993 milliards d'euros en 2003, selon l'INSEE (25.06)
 - De plus en plus de catastrophes dans les JT (INA) (25.06)
 - Les Français dépensent moins qu'en 1960 pour s'habiller (17.06)
 - Violences intrafamiliales: 160.000 faits recensés en 2008, selon la police (16.06)
 - La malnutrition touche plus d'un milliard de personnes (13.06)
 - 96 % des Français essaient de réduire leur consommation (13.06)
 - Quatre salariés sur dix touchés par le stress (11.06)
 - Moins de nouveaux crédits aux ménages en avril (11.06)

  INFO INTERNATIONALE.   (juillet - août)

  Archives  (janvier - février) -  (mars - avril)  -  (mai - juin)
   Les dernières dépêches.
 - Italie : rondes noires et chemises grises (02.07)
 - Espagne. Batasuna est déclaré illégal par la Cour européenne des droits de l'homme (02.07)
 - Russie. Une étude tire la sonnette d'alarme sur l'alcool en Russie (01.07)
 - Afhanistan. Les Etats-Unis révisent leur politique antidrogue en Afghanistan (01.07)
 - Nigéria. "Tragédie des droits de l'homme" au delta du Niger (01.07)
 - Bangladesh. Des ouvriers du textile se rebellent au Bangladesh (01.07)

 - Afghanistan. La prison de Bagram, un Guantánamo afghan (26.06)
 - USA. Internet, meilleure source d'information pour les Américains (18.06)
 - USA. Quelque 80 milliards de dollars supplémentaires pour l'Irak et l'Afghanistan votés
    à la Chambre (18.06)
 - En Turquie, le chômage des jeunes explose (18.06)
 - Allemagne. Des dizaines de milliers d'étudiants dans les rues en Allemagne (18.06)

La Constitution de la Ve République complète (inclus les modifications adoptées le 23.07.08)

   TRIBUNE LIBRE

    Archives  depuis janvier 2009
Déclaration commune du NPA et du PG après leur rencontre du 30/06 (02.07)
Déclaration du syndicat CGT de Wagon automotive. (02.07)
Appel d'Echerolles du 27 juin 2009 (POI) (02.07)
Communiqué sur l'évacuation des sans-papiers de la Bourse du travail
    (groupe bolchevik) (02.07)


Lettre de l'Union Régionale Poitou-Charentes CGT FAPT
    au Bureau Fédéral de la CGT FAPT (30.06)

Naissance de l'association Front Syndical de Classe (30.06)
Statuts de l'association Front Syndical de Classe (30.06)
Contribution de la Tendance CLAIRE du NPA suite à l'évacuation des sans-papiers
     par un commando cagoulé et armé CGT secondé par les CRS. (27.06)

Débat révolutionnaire n°8 (de militants du NPA) (27.06)
Communiqué de la Coordination nationale des sans-papiers en lutte (26.06)
Lettre électronique n° 2 de la Tendance CLAIRE du NPA (25.06)
Appel des Unions locales FSU,CGT,CFDT, FO, Solidaires, CFTC, CFE-CGC du Havre
    aux confédérations nationales. (25.06)

Appel du monde automobile à la mobilisation nationale (Comité d'entreprise PTMP) (23.06)
La CGT Goodyear interpelle Bernard THIBAULT, (19.06)
La fin ou le commencement ? Par Jean Lévy, adhérent à la CGT depuis 1944. (18.06)
Pétition : Ils ne nous feront pas taire ! (18.06)
Syndicalisme, mutualisme : même combat ! (18.06)
Motion CGT Groupe VALEO (15.06)
« Que les bouches s'ouvrent » ! (Collectif National pour un Front Syndical de Classe) (13.06)
Contribution de la Tendance CLAIRE du NPA après les élections européennes (13.06)
Débat révolutionnaire n°7 (de militants du NPA) (13.06)
Tract Goodyear du Collectif National pour un Front Syndical de Classe (10.06)
Déclaration du POI (08.06)
Déclaration du NPA (08.06)
Lettre aux organisations ouvrières de Saint Etienne
    (Les délégués syndicaux CGT, CFDT, CGT-FO de l’usine Flextronics) (07.06)

Déclaration de la Commission Administrative élargie de l’UD-FO 34 (05.06)
Lettre ouverte à Gérard Aschieri
    (Jack Lefebvre (SNES) Jean Paul Crouzet (SNUIPP) Miguel Martinez (SNESup)) (05.06)

Formation des maîtres, pour un vote contre au CSFPE du 12 JUIN (snesup-fsu) (05.06)
Les élections du 7 juin : pas une voix ouvrière ! (Groupe CCI-T) (05.06)
Élections au Parlement européen le 7 juin (Groupe bolchevik) (03.06)
Tous le 02 juin 2009 avec les GOODYEAR et les CONTI (02.06)
A l'attention de l'UD CGT 59 (Philippe Dumon - syndiqué CGT) (02.06)
Déclaration des organisations syndicales
    CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA (01.06)

Vote de la FSU en CTPM sur la « masterisation » : quand abstention rime avec capitulation !
    (Collectif National pour un Front Syndical de Classe) (01.06)

Après le vote en CTPM du 28 mai, pétition à l'adresse de la direction FSU
    (Collectif National pour un Front Syndical de Classe) (01.06)


   DÉFENSE DU MARXISME

    Archives
   Quelques enseignements du marxisme. (7) (29.04)
  Cinq journées : du 23 au 27 février 1917. (Histoire de la révolution russe - Trotsky)
 
Les derniers articles de Lutte de classe

    Archives 2009
Le combat contre les licenciements est une question politique. (20.06)
Le POI à la remorque du PS, toujours aussi indépendant ! (18.06)
Réflexions politiques (10.06)
Sur le résultat des élections européennes en France (08.06)
Le déclin du capitalisme et la déchirure du mouvement ouvrier (06.06)

Votre Europe n’est pas la nôtre ! (24.05)
Avec qui le NPA est-il en concurrence ? (23.05)
Rejoignez les comités d'unité initiés par les militants du POI pour l’interdiction des licenciements,
    chasser Sarkozy, liquider les institutions de la Ve République. (21.05)

Il faut choisir : « tout est à nous » ou pour un meilleur « partage des richesses » ? (17.05)

Grève générale : produit de la maturité politique des masses ou décrétée par les dirigeants ?
    (28.04)

Un courriel reçu et ma réponse (20.04)
Ils le tiennent leur plan de relance... pour assurer la survie du capitalisme. (11.04)

A nouveau sur la question du parti. (23.03)
Non, tout n’est pas possible dans n’importe quelle condition. (14.03)
Il n’y a pas d’opposition entre un parti de militants conscients et un parti de masse. (11.03)
« Action unitaire » ou « marche unie » pour interdire les licenciements, qu’est-ce que cela change
    sans perspective politique ? (11.03)

Discussion sur le parti. (07.03)
La marche unie sur Paris pour en finir avec Sarkozy et son gouvernement, afin d’interdire
    les licenciements. C’est mieux non ? C’est révolutionnaire ! (05.03)

 
Vous faites peut-être partie des 1000 militants environ qui se connectent chaque mois sur le site, s'il vous intéresse et vous apporte quelque chose, contribuez aussi à son financement, l'adresse figure en bas de l'écran.
 

La causerie du jour.

Le 3 juillet

Avec un peu de retard je mets en ligne la déclaration de la section CGT de Wagon automotive en grève illimitée contre les licenciements : "A l’unanimité, les salariés ont décidé de se mettre en grève générale à compter de ce jour après avoir totalement arrêté la production la semaine dernière du Lundi au Jeudi." peut-on lire dans ce texte.

Même si l'on ne partage pas tout le contenu de ce document, la fin est intéressante : "Les salariés de l’entreprise ont décidé, avec leurs représentants Syndicaux, de mener des opérations d’envergure qui pourraient être porteuses d’une extension de la grève générale dans notre région, et pourquoi pas dans notre Pays".

L'article du Monde intitulé Les baisses de salaires se multiplient aux Etats-Unis mérite d'être lu.

On nous dit que selon une étude d'Adecco USA seuls 17 % des salariés américains sont disposés à réduire leur salaire en cas de chute de la rentabilité de leur entreprise. Et selon une étude de Watson Wyatt, 95 % des 1 500 premières entreprises privées américaines proposent à une fraction de leurs salariés une rémunération "variable".

On serait tenté de dire que les salariés dont ils parlent et qui seraient disposés à subir une réduction de salaire, appartiennent aux 5% restant qui ont une rémunération fixe. Bref, en dehors d'une poignée de militants conscients qui refusent de collaborer à la paupérisation de la classe ouvrière, l'immense majorité des travailleurs américains sont prêts à accepter n'importe quoi pour conserver leur emploi, encore une fois, à défaut d'issue politique.

Que ce soit aux Etats-Unis ou dans n'importe quel pays du monde, c'est l'absence d'alternative au capitalisme, l'absence d'une issue politique et d'un parti ouvrier révolutionnaire combattant pour le socialisme qui permet au capitalisme cette offensive internationale contre la classe ouvrière.

Que dans neuf cas sur dix, les syndicats aient accepté de signer des accords avec les patrons pour baisser les salaires en font des rouages du capitalisme et modifie la nature sociale des syndicats.

Qu'on vienne nous expliquer ensuite qu'ils sont indépendants et qu'il faut défendre leur indépendance est un peu fort, car en réalité ils sont bien passés avec armes et bagages dans le camp de nos ennemis, par conséquences la question de la construction d'un nouveau syndicat ouvrier se trouve poser.

A mon avis, tous les regroupements de syndiqués qui combattent actuellement contre la politique de collaboration de classe des dirigants syndicaux en France devraient déboucher à terme sur leur unification et la constitution d'un nouveau syndicat.

On nous expliquera encore qu'il est possible de faire pression sur les dirigeants syndicaux de l'intérieur des syndicats existants, certes, mais en quoi cela a-t-il quelque chose à voir avec la question que nous avons a résoudre, la subordination des masses au capitalisme ?

Dans quelques entreprises ou secteurs de la fonction publique, des sections syndicales parviennent à prendre position contre la politique liquidatrice des dirigeants syndicaux, mais dans l'immense majorité des entreprises ou des secteurs où sont concentrés les syndiqués, les sections syndicales soutiennent la politique de leurs dirigeants syndicaux ou font preuve de neutralité à leur égard, avant de reconduire la direction sortante au prochain congrès, cela fait plus de 64 ans que nous pouvons le constater.

S'il n'a jamais été possible de constituer une tendance révolutionnaire au sein des partis se réclamant de la classe ouvrière après qu'ils sont passés de l'autre côté de la barricade, d'où la constitution de nouveaux partis ouvriers, j'émets l'hypothèse que le même raisonnement devrait peut-être aboutir à la même conclusion s'agissant des syndicats.

De quelle meilleure arme pourrait disposer le mouvement ouvrier pour mener son combat émancipateur et défendre son indépendance de classe face au capitalisme et aux bureaucraties syndicales corrompus, sinon un syndicat véritablement indépendant du gouvernement, des institutions, des patrons et du capitalisme ?

Logique, non ?

Dans son dernier éditorial (IO n°53), D. Gluckstein a écrit : "Inacceptable cette « logique » d’un gouvernement aux ordres de la classe capitaliste. Inacceptable aussi la logique de la « gouvernance», par laquelle le même gouvernement prétend associer les syndicats à ces contre-réformes"

Comment comprendre, quelle autre "logique" devrait commander Sarkozy et son gouvernement sinon celle de servir exclusivement les intérêts des capitalistes ? Devrait-il par hasard servir les intérêts d'une autre classe sociale, par exemple ceux de la classe ouvrière pour adoucir ses souffrances et ainsi mieux l'inféoder au régime ? Est-ce ce que Gluckstein suggère ? Si c'était simplement l'existence de ce gouvernement qu'il visait, il n'aurait pas employé l'adjectif inacceptable, il aurait écrit insupportable ou intolérable.

Que Sarkozy gouverne pour la classe des capitalistes n'a rien d'"inacceptable", c'est "logique", normal quoi, il est à sa place et parfaitement dans son rôle, on a envie de lui dire : surtout ne changez rien, plus il apparaîtra comme le président des privilégiés et des rentiers, plus il sera isolé de la majorité de la population et détesté par elle, n'est-ce pas un de nos objectifs pour pouvoir mobiliser la classe ?

Question élémentaire : La nature sociale de l'Etat ne déterminerait-elle pas la nature du gouvernement ? Cela ne nous suffit-il pas pour caractériser le gouvernement Sarkozy-Fillon-Kouchner et le combattre ?

Quant à la deuxième partie de cet extrait, elle est de la même veine : en pratiquant la collaboration de classe depuis l'après-guerre et en abandonnant le combat pour en finir avec l'exploitation capitaliste, les dirigeants syndicaux n'ont-ils pas participé sans interruption à la "gouvernance" de l'Etat capitaliste ?

Pour ceux qui auraient des problèmes de lecture, il faut préciser que les deux propositions sont séparées par un point qui marque une rupture, elles doivent donc être traitées séparément, et que s'il existe une continuité ou un lien entre les deux propositions, c'est uniquement au niveau de la logique qu'il faut le chercher puisque Gluckstein précise, inacceptable "aussi", il s'agit donc bien de deux idées distinctes, complémentaires grâce à "aussi".

Peut-être a-t-il voulu s'en prendre au gouvernement sans le viser directement ou trop violemment, la légitimité de celui-ci, à défaut de reposer sur le soutien de la majorité de la population, tiendrait d'une logique qui prendrait ses racines dans une sorte de fatalité partagée que ne supporterait plus Gluckstein.

Quoi de plus logique que le gouvernement gouverne pour les capitalistes, quoi de plus logique que les bureaucrates pourris des syndicats collaborent avec lui ?

Faudrait-il en attendre autre chose ? En fait de retour à l'Association internationale des travailleurs de Marx et Engels, le POI retourne au temps des alchimistes !

15 ou 30 millions de chômeurs aux Etats-Unis ?

Barack Obama s'est déclaré jeudi "profondément préoccupé" par les nouvelles suppressions d'emplois aux Etats-Unis, à la suite de l'annonce d'une hausse du taux de chômage à 9,5% au mois de juin. (AP 02.07)

Le nombre de destructions d'emploi aux Etats-Unis a atteint en juin 467.000 en juin.

"C'est effroyable. Je regarde toujours les vrais chiffres du chômage, le chiffre U6 (la mesure la plus large du taux de chômage), qui ressort à 16,5% contre 16,4% le mois dernier. C'est la réelle proportion de chômeurs que nous avons ici", souligne Joe Saluzzi de Themis Trading. (Reuters 02.07)

Berlusconi sur les pas de Mussolini.

Le Parlement italien a définitivement adopté jeudi une loi controversée durcissant l'arsenal contre l'immigration clandestine, et autorisant l'organisation de patrouilles de citoyens non-armés pour renforcer la sécurité dans les rues. (AP 02.07)

La charrette du jour.

Oracle prévoit de licencier jusqu'à 1.000 employés en Europe, soit environ 1% de ses effectifs mondiaux, la récession pesant sur les résultats du spécialiste américain des progiciels, selon l'Agence France Presse.


Le 2 juillet

Flagrant délit de mensonge.

Le candidat à la présidence de la République dans ses engagements de campagne en 2007 avait promis "Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer".

"Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d'être la durée hebdomadaire légale du travail. Que ce soit un minimum, cela me va très bien. Ce que je n'accepte pas", c'est "que cela soit aussi un maximum", soulignait alors le futur président de la République.

Dans un entretien à RTL le 27 mai 2008, un an après son élection, le président de la République avait confirmé cet engagement. Interrogé sur le recul de l'âge légal de départ, et notamment la volonté de la présidente du MEDEF Laurence Parisot de voir cet âge passer à 63,5 ans, Nicolas Sarkozy avait eu la réponse suivante:

"Elle a le droit de dire ça. Je dis que je ne le ferai pas pour un certain nombre de raisons. Et la première, c'est que je n'en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n'est pas un engagement que j'ai pris devant les Français, je n'ai donc pas de mandat pour faire cela". (AP 01.07)

A propos du projet de loi sur le travail le dimanche.

On pouvait lire dans une dépêche : "...les communes touristiques au sens du code du travail ne sont aujourd'hui que de l'ordre de 500, "soit 1,4 % des 36 000 communes françaises". Mais elles regroupent près de la moitié de la population."

Il est donc bien question d'un pas en avant vers la généralisation du travail le dimanche.

En Inde, il n'est pas rare de voir des employés de commerces travailler 7j/7, des ouvriers de petites entreprises également, les jours de congés sont laissés à la discrétion des patrons, accordés essentiellement pour raisons familiales...

L'Union européenne sur les pas de la dictature.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a confirmé, mardi 30 juin, à Strasbourg, la décision de la justice espagnole qui, en 2003, avait déclaré illégal Batasuna, présenté comme vitrine politique de l'organisation séparatiste basque armée ETA.

Non seulement la CEDH n'a pas jugé que le Tribunal suprême espagnol avait violé la Convention européenne des droits de l'homme en prononçant leur dissolution, mais elle dit que cette décision "répondait à une nécessité sociale impérieuse". Pour l'instance strasbourgeoise, "un parti politique dont les responsables incitent à recourir à la violence ou qui propose un projet ne respectant pas les règles de la démocratie ne peut recourir à la protection de la Convention européenne des droits de l'homme".

Deux partis censés reprendre l'héritage de Batasuna - l'Action nationaliste basque (ANV) et le Parti communiste des terres basques (PCTV) - ont été mis hors la loi à l'automne 2008, et les listes abertzales ont été interdites pour les élections régionales du 1er mars.

Cette mouvance pèse pourtant d'un poids non négligeable. Lors des élections européennes du 7 juin, la liste Initiative internationaliste-Solidarité entre les peuples (II-SEP) portant les couleurs du nationalisme radical, un temps interdite puis finalement autorisée à se présenter, a recueilli 116 000 votes au Pays basque, soit environ 16 % des suffrages exprimés. En Guipuzcoa, la province de Saint-Sébastien, II-SEP a même séduit près d'un électeur sur quatre (23,4 %).

L'absence de représentants de la mouvance Batasuna au nouveau Parlement basque a facilité l'élection d'un socialiste, Patxi Lopez, comme président d'une région gouvernée depuis vingt-neuf ans par le Parti nationaliste basque (PNV). (Le Monde 01.07)

Selon cette institution de l'Union européenne : "un parti politique dont les responsables (...) propose un projet ne respectant pas les règles de la démocratie ne peut recourir à la protection de la Convention européenne des droits de l'homme". Autrement dit tous les partis politiques qui proposeraient une issue politique qui ne rentrerait pas dans le cadre du régime capitaliste et des institutions politiques en place qui ont pour seule focntion d'assurer sa pérennité, et donc proneraient le renversement du régime par le soulèvement révolutionnaire du prolétariat, se verraient loti à la même enseigne que Batasuna et n'auraient plus qu'à continuer le combat politique dans la clandestinité.

Cette institution nous demande de respecter "les règles de la démocratie" bourgeoise qui octroient tous les pouvoirs aux classes dominantes ultra minoritaires dans la société au détriment des classes exploités qui constituent l'immense majorité de la population. En nous demandant d'adhérer aux "règles de la démocratie" telles qu'elles existent sous la domination de la bourgeoisie, l'Union européenne nous demande de ne pas remettre en cause l'Etat que justement nous devons détruire de fond en comble (Marx) pour constituer un véritable Etat ouvrier, elle nous demande ni plus ni moins de renoncer au programme de la révolution socialiste et de nous convertir au capitalisme qui rime avec chômage, précarité, pauvreté, guerre et barbarie.

L'objectif du combat du mouvement ouvrier défini par K. Marx et F. Engels, l'émancipation du prolétariat de l'exploitation capitaliste au moyen de la révolution, est incompatible avec "les règles de la démocratie" bourgeoise taillées sur mesure pour défendre les intérêts d'une infime minorité de la population, les capitalistes.

"les règles de la démocratie" en vigueur en Espagne et dans tous les pays qui se réclament de la démocratie ne profitent finalement qu'aux privilégiés qui possèdent les moyens de production, alors que la démocratie telle que l'entendent les militants marxistes révolutionnaires sera exercée par le prolétariat et étendue à la totalité de la population, à l'exception de ses adversaires qui s'en exclueront eux-mêmes.

C'est uniquement le prolétariat devenu la classe dominante (dictature du prolétariat) et détenant tous les pouvoirs politiques qui permettra un exercice sans entrave de la démocratie, ce qui est inconcevable temps qu'une minorité d'exploiteurs détient de fait tous les pouvoirs et décident du sort de la majorité en bafouant quotidiennement ses droits et ses aspirations.

La principale règle de la démocratie bourgeoise impose de respecter la propriété privée des moyens de production, nous sommes prévenus : tous ceux qui tenteront de l'enfreindre tomberont sous le coup de la loi des procureurs de l'Union européenne qui ont pour commanditaires les multinationales, l'aristocratie financières, les banquiers. La révolution socialiste passera outre, légitime du point de vue des intérêts fondamentaux des exploités, elle brisera le régime légal de la démocratie bourgeoise pour fonder une société plus juste et harmonieuse basée sur la satisfaction des besoins de l'immense majorité de la population...

Le combat pour en finir avec l'Union européenne passe aussi par le combat contre les décisions iniques de la Cour européenne des droits de l'homme.

Etats-Unis.

Les ventes automobiles ont plongé en juin aux Etats-Unis, dans un contexte économique qui reste défavorable aux constructeurs.

Ford -10% en juin, General Motors -33,6%, Toyota -31,9%, Chrysler -42%, Honda Motor -29,5%, Nissan -23,1%. (Reuters 01.07)


Le 1er juillet

Un mot personnel.

Je me retrouve une nouvelle fois tout seul, Magueswary a rejoint Aubagne... en chaise roulante ! En fait, c'est seulement à l'aéroport de Chennai, de Bruxelles et Marseille qu'elle en a eu besoin avant de monter dans un taxi pour rentrer chez elle. Parce qu'elle était trop faible pour parcourir les longs couloirs des aéroports avec son sac sans prendre le risque d'une chute de tension. Elle m'a téléphoné et elle est bien arrivée c'est l'essentiel.

A part cela j'ai rendez-vous demain matin avec l'adjoint du Consul de France à Pondichéry qui m'a dit au téléphone qu'il allait intervenir par courrier auprès des autorités indiennes en relation avec mes problèmes. Il m'a appris qu'un Français avait été assassiné le mois dernier à quelques kilomètres de chez nous, cela ne me refroidit pas.

J'ai bien compris à quoi j'ai à faire, à la corruption organisée au plus haut niveau : le chef du district est du DMK, comme le Chief minister du Tamil Nadu, le chef de mon village qui est un véritable voyou est aussi au DMK, il figurait sur toutes les affiches lors des dernières élections, la police obéit au DMK qui l'a acheté, donc quand je porte plainte à la police contre le chef de mon village, c'est comme si je portais plainte contre le DMK.

L'Inde une démocratie paraît-il ? Il faut vraiment ne pas avoir grand chose dans la cervelle pour soutenir une affirmation pareille.

Sinon, hier j'ai envoyé trois lettres recommandées avec accusé de réception au fonctionnaire qui refuse de me donner le papier que je lui demande, à son chef et à l'équivalent du préfet, en les informant que nous déposerons plainte pour rétention de document administratif et corruption de fonctionnaire si nous n'obtenons pas satisfaction sous huitaine, la lettre a été rédigée par mon avocat.

J'ose à peine vous souhaiter bonnes vacances sachant que plus de 50% d'entre nous en seront privés.

Ce qui change au 1er juillet. (source : La Tribune 01.07)

Le Smic augmente de 1,3% en juillet. Il est porté de 8,71 euros brut de l'heure à 8,82 euros (6,93 euros net). Pour 35 heures mensuelles, le salaire passe ainsi de 1321,02 à 1337,70 euros brut (1051 euros net environ).

Les fonctionnaires verront leur point d'indice revalorisé de 0,5%.

Les allocations chômage augmentent de 1%. En revanche, les cotisations chômage ne baisseront pas comme cela avait été envisagé par les partenaires sociaux.

Les tarifs des trains Intercités, Corail, Téoz et Trains Express Régionaux (TER) vont augmenter à partir du 1er juillet de 3,4% en moyenne.

Les tarifs de transport public en Ile-de-France seront relevés de 2% en moyenne.

Les forfaits Carte Orange-Navigo vont tous être augmentés de 1,50 euro, quel que soit le nombre de zones. Le carnet de 10 tickets 't+"passera de 11,40 euros à 11,60 euros.

Une hausse des tarifs d'EDF est probable, mais en août.

Comparez la hausse du Smic et de la valeur du point des fonctionnaires avec celui celle des prix, du simple au double, au triple ou davantage.

Quelque dépêches.

En plus ils sont lâches !

Les députés ont adopté par 43 voix - sur 43 votants - la proposition de loi de Christian Estrosi (UMP) visant à réprimer les bandes violentes, un texte jugé par la gauche dangereux pour les libertés.

Les groupes socialiste, radical et citoyen (SRC) et de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) n'ont pas participé au scrutin pour protester contre le refus d'une demande suspension de séance. Ils voulaient initialement voter contre. (Reuters 30.06)

Des chômeurs dont on ne parlent pas beaucoup.

Alors que le chômage progresse de manière continue depuis plus d'un an, l'emploi intérimaire a connu un nouvel effondrement au premier trimestre 2009, avec une baisse du nombre de postes de 15,6%, soit 80.800 emplois en moins, par rapport au trimestre précédent, selon les chiffres diffusés mardi par Bercy.

La DARES avait déjà enregistré "une baisse (...) exceptionnelle au quatrième trimestre 2008", avec la suppression de 79.500 postes d'intérimaires (-13,3%).

Selon Bercy, c'est le secteur industriel qui est le plus touché avec 23% des postes d'intérimaires supprimés dans ce seul secteur. "En un an, ce sont près de la moitié des emplois intérimaires dans l'industrie qui ont été supprimés", souligne la DARES. (AP 30.06)

Travailler le dimanche, pourquoi, la réponse de La Talonnette.

"Est-ce qu'il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je doive passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir?", a demandé le chef de l'Etat lors d'un déplacement dans le quartier d'affaires de La Défense. (AP 30.06)

La "modernité" version UMP.

Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a estimé samedi 27 juin sur LCI que le fait de permettre aux salariés en arrêt maladie ou en congé maternité de travailler de chez eux allait "dans le sens de la modernité" et que l'"on y reviendra". (AFP 27.06)

Les nouvelles charrettes.

Club Méditerranée annonce un projet de fermeture de son centre de conférences et de loisirs parisien, Club Med World Paris, ce qui devrait entraîner la suppression d'une centaine d'emplois.

Le groupe américain Manitowoc Cranes, leader mondial des équipements de levage pour l'industrie du BTP, annonce la suppression de 560 postes en Europe, dont 181 en France, d'ici fin 2009.

Accor (2.300 salariés) a annoncé mardi envisager de supprimer 10% des effectifs de ses sièges en France.

Des lendemains qui chantent.

"Nous ne sommes pas encore tirés d'affaire", a déclaré samedi Mario Draghi, président du Conseil de stabilité financière (CSF) et également membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne et gouverneur de la Banque d'Italie.

Les banques montrent aussi des signes d'un retour à des recrutements offensifs et à de grosses primes, faisant craindre que les leçons de la pire crise des marchés depuis la Grande dépression des années 1930 n'aient pas été apprises. (Reuters 28.06)

Juste ce qu'il faut.

La Commission européenne a autorisé vendredi le gouvernement irlandais à procéder à une recapitalisation d'urgence de la banque Anglo Irish à hauteur de 4 milliards d'euros. (Reuters 26.06)

Pourquoi ne pas en finir une bonne fois pour toute...

Le chef des services audiovisuels du Centre de convention international de Barcelone a fait appel à un Colombien qui a tué le directeur du centre le 9 février, a rapporté la police. Celle-ci a précisé que le directeur avait prévu de licencier son subordonné dans le cadre d'un plan de restructuration.

Craignant de perdre son poste, le suspect a eu recours, par l'intermédiaire de sa soeur, à une équipe de six Colombiens qui ont planifié et exécuté le meurtre, indique El Pais. La soeur et les six Colombiens ont aussi été arrêtés.

Dans le contexte d'une récession qui a fait monter le chômage de façon spectaculaire en Espagne, un ouvrier endetté a récemment enlevé son directeur d'agence bancaire sous la menace d'une arme et un entrepreneur a menacé de s'immoler par le feu si on ne lui remboursait pas des dettes contractées à son égard. (Reuters 30.06)

...ne le méritent-ils pas ?

Le PDG de British Airways, Willie Walsh, a justifié lundi son appel controversé invitant les employés de la compagnie aérienne britannique à travailler gratuitement pendant un mois, pour contribuer à sauver l'entreprise touchée par la crise économique.

Willie Walsh a déclaré qu'il renonçerait lui-même en juillet à son salaire mensuel, d'un montant de 61.250 livres (72.034 euros). Mais plusieurs syndicats ont accusé la direction d'avoir fait pression sur les salariés, en les incitant à se porter volontaires.

Willie Walsh s'est justifié lundi, lors d'une conférence dans une école de commerce londonienne. "J'ai fait clairement savoir aux gens que je ne leur demandais pas de faire comme moi", a-t-il dit, en reconnaissant qu'il pouvait se priver "sans peine" d'un mois de salaire. "Ce que j'attendais des gens, c'est de se demander ce qu'ils pouvaient faire pour aider à un moment où c'est nécessaire, ce qu'ils peuvent faire pour faire la différence", a-t-il plaidé. (AP 29.06)

Qu'il puisse se priver "sans peine" d'un mois de salaire de 72.034 euros, il n'y a pas de limite à la provocation et au cynisme, le capitalisme tel qu'il est.


Le 30 juin

Rien à dire ou presque, je suis épuisé. J'ai mis en ligne au mois de juin toutes les contributions que j'ai reçues. La plupart étaient à caractère syndicale, de nombreux camarades tentant comme ils peuvent de contourner l'obstacle des appareils ou de faire pression sur eux, mais à mon avis ils se leurrent.

C'est en commençant par élever le niveau de conscience politique des masses qu'il sera ensuite possible de briser la politique réactionnaire des appareils, quand leur combat sera orienté dans une perspective politique correcte et lorsqu'elles auront commencé à se réapproprier le socialisme, autrement dit, lorsqu'elles auront à nouveau repris l'espoir que vaincre le capitalisme est possible par leur combat révolutionnaire. C'est en menant résolument le combat quotidien contre le capitalisme que nous les aiderons à en comprendre les fondements et sa raison d'être, pour en arriver à la conclusion que c'est nécessaire de le liquider et de passer au socialisme.

Il est clair que les masses ne comprennent pas encore que le capitalisme est synonyme de barbarie ou y conduit infailliblement. Aussi longtemps qu'elles ne l'auront pas compris, les appareils pourront continuer de les manoeuvrer quoique vous fassiez ou leur disiez. Pour la majorité des travailleurs, ce que vous dites est sans doute juste, comme ce que disent les appareils n'est pas totalement faux, les uns et les autres avançant des arguments qui ne s'inscrivent dans aucune perspective politique, il ne peut donc pas en être autrement dans ces conditions.

La priorité est d'aider les masses à rompre avec le capitalisme, alors qu'il dicte leurs faits et gestes quotidiens, toute la difficulté est là et pas ailleurs. Dénoncer les actes de barbarie du capitalisme ne suffit pas, dénoncer les conséquences de la crise du capitalisme qui s'abattent sur la classe ouvrière non plus, elles peuvent en arriver à la conclusion que la société capitaliste est devenue irrespirable, mais si elles n'arrivent pas à se faire une idée assez précise de ce qui pourrait le remplacer, elles ne tirent aucun enseignement de leurs mobilisations et leur mouvement reflue dangereusement à l'étape suivante, quand elles ne sombrent pas dans le désespoir. Si leur mobilisation s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire et que chaque combat était relié à l'objectif final du combat du mouvement ouvrier, leur conscience de classe pourrait mûrir rapidement. Aujourd'hui l'on combat pour une revendication, puis une autre, et encore une autre, etc. sans orientation politique précise, sans objectif général, qui ne peut être que l'émancipation de l'exploitation capitaliste.

Oui il faut éduquer politiquement les masses et la jeunesse, à ne pas confondre avec leur dicter un comportement particulier. Sans adhésion au socialisme, aucun progrès sérieux n'est envisageable. Plus que jamais, les masses n'ont pas seulement besoin de savoir ce qu'elles ne veulent plus, elles ont besoin de savoir ce qu'elles veulent, avec plus d'acuité qu'autrefois parce que la société a évolué. (A suivre)

Je mettrai quelques dépêches en ligne demain.


Le 29 juin

Ils marchent sur Paris !

La Marche des fiertés (ex-Gay Pride) rassemblait samedi après-midi entre 200.000 personnes, selon la police, et 700.000 personnes, selon les organisateurs, entre Montparnasse et la place de la Bastille à Paris. (AP 27.06)

No comment !

Difficile de mobiliser sans issue politique.

Plus de 1.500 personnes ont manifesté samedi à Pointe-à-Pitre à l'appel du collectif LKP au lendemain de la visite de Nicolas Sarkozy en Guadeloupe qui n'a, selon elles, apporté "aucune réponse". (Reuters 27.06)

48,88% d'abstention au second tour de l'élection municipale à Perpignan.

Jean-Paul Alduy (UMP) a été réélu avec 53,54% des suffrages exprimés, après qu'en mars 2008 le Conseil d'Etat avait invalidé son élection pour fraude électorale.

La liste PS-PC-MRG, a remporté 33,08% des suffrages tandis que le troisième candidat à cette élection triangulaire, Jean Codognès, (Verts-Modem), recueillait 13,38% des voix. (Reuters 28.06)

Jean-Paul Alduy a donc été élu maire avec 25,97% des électeurs inscrits, et l'intéressé de déclarer "je ne peux que m'en féliciter".

Ils préparent le terrain...

"Il s'agit d'évaluer les résultats des réformes successives qui ont été conduites depuis maintenant une quinzaine d'années (...) et de voir ensemble si l'allongement de la durée de cotisation est suffisant pour convaincre nos concitoyens de rester plus longtemps au travail", a déclaré François Fillon lors d'une réunion des cadres de l'UMP, à Paris.

"Car il n'y a pas d'autre solution pour sauver nos régimes de retraite que de travailler plus longtemps, alors même que la vie s'allonge. Si ça n'est pas le cas, alors il faudra débattre ensemble de la question de l'âge légal de la retraite", a-t-il ajouté.

... mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

Selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France, 75% des sondés se disent inquiets, dont 30% très inquiets, mais seuls 38% sont pour allonger la durée de cotisation, 36% pour reculer l'âge légal de la retraite, 26% pour augmenter les cotisations et 9% pour diminuer les pensions.

Seuls les plus de 65 ans sont favorables à l'allongement de la durée de cotisation (60%) et au recul de l'âge légal (57%), deux mesures qui ne les toucheraient pas, contrairement à une baisse des pensions, à laquelle 87% d'entre eux sont opposés.

Cette option est rejetée par les Français de tous âges (91%). (Reuters 27.06)

No comment pour rester correct ! On a ici un indice intéressant sur l'état d'esprit des masses, leur niveau d'inconscience faudrait-il dire, comment elles fonctionnement psychologiquement et politiquement.

On profite des avantages sociaux qui existent, on ne se pose surtout pas de questions sur leur origine, et quand ils sont remis en cause, on se dit : quoi, comment, etc. mais il est trop tard la plupart du temps pour comprendre ce qui se passe réellement qui a été préparé de longue date au sommet de l'Etat et dans les partis politiques. Au mieux on se bat pour une cause qui nous concerne directement, le reste on s'en fout complètement : je suis jeune ou déjà retraité : l'âge du départ à la retraite : ce n'est pas ou plus mon problème ; je suis en bonne santé et je n'ai jamais mis les pied dans un hôpital, donc la politique de santé du gouvernement je m'en tape ; je suis un citoyen modèle qui n'a jamais eu à faire avec la justice, alors la suppression du juge d'instruction et de nombreux tribunaux ne me concernent pas ; ce qui se passe en Iran, en Somalie ou en Colombie, c'est si loin vous savez, excusez-moi, je ne me sens pas concerné, etc., etc. Et c'est pour tout ainsi que réagit l'immense majorité de la population, il ne faut pas se le cacher. On va jusqu'à se foutre de ce qui se passe chez notre voisin au chômage ou dans la merde, tandis qu'on va s'attendrir la larme à l'oeil sur le sort d'un enfant indien qui travaille. Les méfaits du capitalisme sont dégueulasses quand ils se produisent à l'autre bout du monde, mais quand ils ont lieu sous nos yeux on ne les reconnaît pas ou l'on ne réagit pas, ils tomberaient sous le coup de la fatalité.

A cause du vieillissement de la population et du déséquilibre entre actifs et retraités, il faut travailler plus longtemps, argument fatal que l'on trouvera normal en système capitaliste, parce que l'on n'a pas de conscience de classe ou qu'il n'existe aucune issue politique à la crise du capitalisme. Là on est resté sur le terrain politique, mais le genre de paradoxes que j'ai évoqué plus haut s'étend à bien d'autres domaines. Participer à un comité de quartier par exemple, cela permet de rencontrer des gens, pourquoi pas de s'entre-aider, de se faire des amis, oui c'est bien mais si c'est pour discuter avec des gens qui sont comme nous, on va toujours parler de la même chose, cela ne nous sortira pas de notre grisaille quotidienne, alors qu'un petit malien ou sri-lankais, c'est plus exotique, c'est mystérieux on ignore tout de lui, et puis on est tellement différent, c'est exitant quelque part, etc. Sauf qu'en réalité, ils ont la même vie de merde que vous... à l'autre bout du monde !

L'être humain est ainsi fait qu'il attend d'être acculé pour commencer à se dire qu'il faudrait peut-être faire un jour quelque chose. Il rechigne à penser par lui-même, on l'a tellement habitué à vivre la démocratie par procuration en allant voter une fois tous les cinq ans par exemple. Son sort est tellement peu lié aux décisions qu'il prend, et ses aspirations sont si rarement prises en compte, qu'il a pris l'habitude de s'asseoir dessus et de se résigner à cette espèce de fatalité. A défaut d'une perspective au-delà du capitalisme qui pourrait le tirer en avant, il baigne dans une cruelle ignorance qui fait son malheur.

On interprète avantageusement chaque expérience que nous faisons, notamment sur le plan politique, alors qu'en réalité, bien peu sont réellement capables d'en tirer un enseignement. Il en va ainsi aussi de la lecture. Ce sont les rapports qui ont déterminé cette expérience qui doivent être soigneusement analysés. Pour définir la nature de ces rapports, il faut déjà avoir appris à les reconnaître. On doit saisir la réalité dans son dynamisme au lieu de constater les choses comme si elles étaient figées ou tombaient du ciel. C'est l'art de maîtriser la dialectique que l'on doit enseigner aux masses à travers leurs propres expériences pour qu'elles puissent également l'appliquer sur le plan politique. C'est ainsi que l'on peut faire le lien entre l'agonie du capitalisme, la situation actuelle des masses, et la nécessité de passer au socialisme.

Les mots d'ordre et l'agitation peuvent favoriser la mobilisation des masses, la propagande peut les aider à saisir la situation, mais je ne suis pas sûr que cela suffise pour faire progresser leur niveau de conscience politique qui requiert un long et dur combat contre l'inertie de l'histoire qui tend à les tirer constamment en arrière ou à leur faire lâcher prise au premier obstacle rencontré. Pour développer une telle détermination, il faut qu'un espoir aussi puissant existe, qu'il est possible et nécessaire de changer le monde, que l'on sente sans le comprendre au début qu'on en a les moyens, que c'est légitime, qu'il n'y a finalement pas d'autre voie pour donner un sens à notre vie, pour en être digne.

C'est le refus de ce qu'on appelle le conformisme (l'ordre en vigueur) que la société nous impose, qui fait de la jeunesse qu'elle soit révolutionnaire. Elle est portée par un idéal d'égalité et de justice que les institutions bafouent quotidiennement. Si on ne lui donne pas les moyens de comprendre le lien qui existe entre les inégalités et les injustices avec la nature sociale des institutions et de l'Etat, elle va droit dans le mur ou sombre dans l'anarchisme ou pire encore. Bien des jeunes sont des révoltés permanents, cela n'en fait pas forcément des révolutionnaires conscients. Au-delà d'expériences pratiques, de conditions objectives favorables, il est indispensable d'élever le niveau de conscience politique général des masses pour espérer qu'un jour elles s'emparent du pouvoir. Le génie de Marx, Engels et Lénine, c'est d'avoir été capable de développer le matérialisme dialectique dans tous les domaines sans s'arrêter à la politique ou l'économie, la simple lecture d'Anti-Dühring et de Matérialisme et empiriocriticisme suffit à le prouver. Ce n'est pas un hasard s'ils ont réussi à rallier au prolétariat et au parti une partie de la petite-bourgeoisie, au marxisme, à la révolution, au socialisme, ce que nous sommes totalement incapables de faire aujourd'hui, alors que démontrer la faillite du capitalisme à un intellectuel n'est pas vraiment sorcier aujourd'hui. (A suivre)

Causeries de juin 2009

Causeries de mai 2009

Causeries de 2009

Causeries de 2008 (à partir d'août)


Quelques enseignements du marxisme. (7)

Le "Capital" de Marx – F. Engels - 28 mars 1868

(Articles parus dans la "Demokratischen Wochenblatt" de Leipzig, les 21 et 28 mars 1868.)

(Cet extrait doit tenir sur une page recto/verso. La lecture de cet article ne présente aucune difficulté, il a été rédigé par Engels de telle sorte qu'il est à la portée de tous les lecteurs. Mieux et plus utile qu'une profession de foi électorale distribuée à plus de 40 millions d'exemplaires, non ?

Cet article répond à plusieurs questions qui sont liées entre elles : qu'est-ce que c'est le capitalisme ? Comment les capitalistes s'enrichissent-ils ? Pourquoi la paupérisation tend-elle à s'accroître malgré la production toujours plus grande de richesses ? Qu'est-ce que l'exploitation ? Le capitalisme est-il légitime ?

A partir des réponses très simples que nous donne ici Engels (et Marx), on peut aider la classe ouvrière à comprendre la nécessité d'en finir avec le capitalisme. - Lutte de classe.)

Dans les conditions sociales actuelles, le capitaliste trouve sur le marché une marchandise qui a cette propriété particulière que sa consommation est une source de nouvelle valeur, crée une nouvelle valeur, et cette marchandise, c'est la force de travail.

Qu'est-ce que la valeur de la force de travail ? La valeur de chaque marchandise est mesurée par le travail qu'exige sa production. La force de travail existe sous la forme de l'ouvrier vivant qui a besoin, pour vivre, ainsi que pour entretenir sa famille qui assure la persistance de la force de travail après sa mort, d'une somme déterminée de moyens de subsistance. C'est donc le temps de travail nécessaire à la production de ces moyens de subsistance qui représente la valeur de la force de travail. Le capitaliste paye l'ouvrier par semaine et achète ainsi l'emploi de son travail pour une semaine. Messieurs les économistes seront jusque-là assez d'accord avec nous sur la valeur de la force de travail.

A ce moment, le capitaliste met son ouvrier au travail. Dans un temps déterminé, l'ouvrier aura livré autant de travail que son salaire hebdomadaire en représentait. A supposer que le salaire hebdomadaire d'un ouvrier représente trois journées de travail, l'ouvrier qui commence le lundi a rendu au capitaliste le mercredi soir la valeur entière du salaire payé.

Mais cesse-t-il ensuite de travailler ? Pas du tout. Le capitaliste a acheté son travail pour une semaine, et il faut que l'ouvrier travaille encore les trois derniers jours de la semaine. Ce sur-travail de l'ouvrier au-delà du temps nécessaire pour rendre son salaire, est la source de la plus-value, du profit, du grossissement toujours croissant du capital.

Qu'on ne dise pas que c'est une supposition gratuite d'affirmer que l'ouvrier fait sortir en trois jours le salaire qu'il a reçu et que les trois autres jours il travaille pour le capitaliste. Qu'il ait besoin de juste trois jours pour rendre son salaire ou de deux, ou de quatre, c'est d'ailleurs ici une chose tout à fait indifférente et qui ne fait que changer selon les circonstances ; mais la chose principale, c'est que le capitaliste, à côté du travail qu'il paye, obtient encore du travail qu'il ne paye pas, et il n'y a pas là de supposition arbitraire, car le jour où le capitaliste ne recevrait continuellement de l'ouvrier qu'autant de travail qu'il lui en paye en salaire, ce jour-là, il fermerait son atelier car tout son profit s'envolerait.

Et voilà que nous avons résolu toutes ces contradictions. La formation de la plus-value (dont le profit du capitaliste constitue une partie importante) est maintenant tout à fait claire et naturelle. La valeur de la force de travail est payée, mais cette valeur est de beaucoup moindre que celle que le capitaliste sait tirer de la force de travail, et la différence, le travail non payé, constitue précisément la part du capitaliste, ou plus exactement, de la classe capitaliste. (...)

C'est ce travail non payé qui, en général, entretient tous les membres de la société ne travaillant pas. C'est avec lui qu'on paye les impôts d'Etat et des communes dans la mesure où ils atteignent la classe capitaliste, les rentes foncières des propriétaires terriens etc. C'est sur lui que repose tout l'état social existant.

D'autre part, il serait ridicule de supposer que le travail non payé ne s'est formé que dans les conditions actuelles, où la production est faite d'un côté par des capitalistes et de l'autre par des salariés. Loin de là, de tout temps la classe opprimée a dû faire du travail non payé. Pendant toute la longue période où l'esclavage fut la forme dominante de l'organisation du travail, les esclaves ont été obligés de travailler beaucoup plus qu'on ne leur donnait sous forme de moyens de subsistance. Sous la domination du servage et jusqu'à l'abolition de la corvée paysanne, il en fut de même ; et là apparaît même, de façon tangible, la différence entre le temps où le paysan travaille pour sa propre subsistance et celui où il fait du surtravail pour le seigneur, parce que ces deux formes de travail s'accomplissent de façon séparée.

La forme est maintenant différente, mais la chose est restée, et tant qu' "une partie de la société possède le monopole des moyens de production, le travailleur, libre ou non, est forcé d'ajouter au temps de travail nécessaire à son propre entretien un surplus destiné à produire la subsistance du possesseur des moyens de production". (Marx, Le Capital, Tome 1).

Dans l'article précédent, nous avons vu que chaque ouvrier qui est occupé par le capitaliste fait un double travail : pendant une partie de son temps de travail, il restitue le salaire que lui a avancé le capitaliste, et cette partie de son travail est appelée par Marx le travail nécessaire. Mais ensuite, il doit encore continuer à travailler et produire pendant ce temps la plus-value pour le capitaliste, dont le profit constitue une partie importante. Cette partie du travail s'appelle le sur-travail.

Supposons que l'ouvrier travaille trois jours de la semaine pour restituer son salaire et trois jours pour produire de la plus-value pour le capitaliste. Cela veut dire, en d'autres termes, qu'il travaille, dans une journée de douze heures, six heures par jour pour son salaire et six heures pour créer de la plus-value.
Mais on ne peut tirer de la semaine que six jours, et en y ajoutant le dimanche même, sept jours seulement, alors que de chaque jour on peut tirer six, huit, dix, douze, quinze et même plus d'heures de travail. L'ouvrier a vendu pour son salaire une journée de travail au capitaliste. Mais qu'est-ce qu'un jour de travail ? Huit heures ou dix-huit ?

Le capitaliste a intérêt à faire la journée de travail aussi longue que possible. Plus elle est longue, plus elle crée de plus-value. L'ouvrier a le juste sentiment que chaque heure de travail qu'il fait au-delà de la restitution de son salaire, lui est prise de façon illégitime ; c'est sur son propre corps qu'il doit sentir ce que cela signifie de travailler un temps trop long. Le capitaliste lutte pour son profit, l'ouvrier pour santé, pour quelques heures de repos quotidien, pour pouvoir, en dehors du travail, du sommeil et du manger, fournir encore une autre activité humaine.
Remarquons en passant qu'il ne dépend pas de la bonne volonté des capitalistes pris isolément qu'ils veuillent ou non s'engager dans cette lutte, car la concurrence contraint le plus philanthrope d'entre eux de se rallier à ses collègues et à faire accomplir une aussi longue journée de travail que ceux-ci. (…)

Nous laisserons de côté une série d'autres recherches magnifiques, d'un intérêt plus théorique, et nous nous contenterons d'en venir au chapitre final qui traite de l'accumulation du capital. On y prouve d'abord que la méthode de production capitaliste, c'est-à-dire réalisée par des capitalistes, d'une part, et des salariés, d'autre part, non seulement reproduit toujours son capital au capitaliste, mais produit toujours aussi en même temps la misère des ouvriers, de sorte que l'on veille à ce que, toujours à nouveau, existent d'un côté des capitalistes qui sont les possesseurs de tous les moyens de subsistance, de toutes les matières premières et de tous les instruments de travail, et, de l'autre côté, la grande masse des ouvriers qui sont contraints de vendre leur force de travail à ces capitalistes pour une certaine quantité de moyens de subsistance suffisants tout au plus, dans le meilleur des cas, pour les maintenir en état de travailler et pour faire grandir une nouvelle génération de prolétaires aptes au travail.

Mais le capital ne fait pas que se reproduire : il est continuellement multiplié et grossi, et avec lui, sa puissance sur la classe des ouvriers, privés de propriété. Et de même qu'il se reproduit à son tour dans des proportions de plus en plus grandes, le mode de production capitaliste moderne reproduit également, dans des proportions toujours plus grandes et en nombre toujours croissant, la classe des ouvriers privés de propriété.

"L'accumulation du capital ne fait que reproduire les rapports du capital à une échelle plus large, avec plus de capitalistes ou de plus gros capitalistes d'un côté, plus de salariés de l'autre... L'accumulation du capital est donc en même temps accroissement du prolétariat". (Marx, Le Capital, Tome 3)

Mais comme pour faire la même quantité de produits, il faut toujours moins d'ouvriers par suite du progrès du machinisme, de l'amélioration de l'agriculture, etc., comme ce perfectionnement, c'est-à-dire cet excédent d'ouvriers, grandit plus rapidement que le capital croissant, qu'advient-il de ce nombre toujours plus grand d'ouvriers ? Ils forment une armée industrielle de réserve qui, pendant les moments d'affaires mauvaises ou médiocres, est payée au-dessous de la valeur de son travail et est occupée irrégulièrement ou encore tombe à l'assistance publique, mais est indispensable à la classe capitaliste pour les moments d'activité particulièrement vive des affaires, comme cela apparaît de façon tangible en Angleterre mais qui en tout état de cause, sert à briser la force de résistance des ouvriers occupés régulièrement et à maintenir leurs salaires à un bas niveau.

Plus la richesse sociale est grande..., plus est grande la surpopulation relative ou l'armée de réserve industrielle. Mais plus cette armée de réserve est grande par rapport à l'armée active du travail et plus massive est la surpopulation permanente, ces couches d'ouvriers dont la misère est en proportion inverse de la peine de leur travail. Plus, enfin, la couche de la classe ouvrière partageant le sort de Lazare et l'armée de réserve industrielle sont grandes, plus est grand le paupérisme officiel. Telle est la loi générale, absolue de l'accumulation capitaliste. (Marx, Le Capital, Tome 3)

Telles sont, prouvées d'une façon rigoureusement scientifique – et les économistes officiels se gardent bien de tenter seulement de les réfuter – quelques-unes des lois principales du système capitaliste moderne. Mais avec cela avons-nous tout dit ? Pas du tout. Avec la même netteté que Marx souligne les mauvais côtés de la production capitaliste, il prouve, de façon aussi claire, que cette forme sociale était nécessaire pour développer les forces productives de la société au degré nécessaire d'élévation, de manière à permettre le même développement vraiment humain pour tous les membres de la société.

Toutes les formes sociales antérieures ont été trop pauvres pour cela. Seule la production capitaliste crée les richesses et les forces de production qui en sont nécessaires, mais elle crée en même temps, avec la masse des ouvriers opprimés, la classe sociale qui est de plus en plus contrainte de revendiquer l'utilisation de ces richesses et de ces forces productives pour toute la société et non, comme aujourd'hui, pour une classe monopoliste.

Textes et autres extraits archivés.

Editorial du 20 juin 2009

L'éditorial du bulletin du CCI(T) du 19 juin.

Elections européennes : La classe ouvrière et la jeunesse persistent et signent

En refusant d’aller voter aux élections européennes, avec une abstention record dépassant souvent les 70 % dans les villes et banlieues ouvrières, la classe ouvrière et la jeunesse ont confirmé avec éclat leur rejet de l’Europe des capitalistes qu’elles avaient déjà exprimé au référendum de 2005. L’abstention massive est un camouflet pour Sarkozy qui s’était empressé, à peine élu, de faire approuver le décalque du Traité Constitutionnel Européen par le Parlement réuni en Congrès. Il voulait faire oublier au plus vite cet épisode fâcheux. Mais les ouvriers et les jeunes n’ont pas oublié.

C’est aussi un camouflet pour l’UMP, le parti du Président, dont le « succès », sitôt vanté par les commentateurs en service commandé, ne représente en réalité qu’à peine plus de 11 % des inscrits.

Mais c’est également un échec pour les partis PS, PCF et PG réunis dans le Front de Gauche, NPA et LO qui ont choisi de présenter des candidats à ces élections, tournant le dos au vote Non de 2005 et avalisant de facto la ratification du Traité par Sarkozy. Votez pour nous, disaient-ils, tout deviendra possible, nos députés combattront pour une Europe sociale, le SMIC européen, la défense des services publics, contre les licenciements et les délocalisations etc...

Mais la classe ouvrière et la jeunesse savent ce qu’est l’Europe des capitalistes et ses institutions, Parlement compris, qui sont tout entiers au service des gouvernements bourgeois. Ils ont refusé de croire que le vil plomb se transformerait en or.

PS, Front de Gauche, NPA et LO prétendaient aussi que voter pour eux était l’occasion d’adresser un avertissement à Sarkozy, de signifier que le combat des salariés dans la rue se poursuivait dans ces élections.

Mais la classe ouvrière et la jeunesse, qui ont cherché les moyens d’imposer la grève générale pour en finir avec Sarkozy, contre les journées d’action et les combats isolés et disloqués, ont parfaitement compris qu’il ne s’agissait là que d’un tour de passe-passe, que Sarkozy se moquait des « avertissements » comme il se moque des journées d’action. Ils ont compris qu’on leur proposait un plat de lentilles en échange de leur volonté de centraliser leur combat contre le gouvernement.

De la même façon qu’ils refusent aujourd’hui dans leur grande majorité de participer à la mascarade des journées du 26 mai et du 13 juin, ils ont refusé de cautionner par leurs votes la poursuite de cette mystification.

L’abstention massive des travailleurs et des jeunes est donc volontaire. Mais elle n’a pu s’affirmer ouvertement, dans toute sa dimension politique, faute d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire qui aurait mené partout une campagne pour le boycott de cette élection, pour chasser Sarkozy et son gouvernement, pour un gouvernement des travailleurs, condition indispensable pour aller vers les Etats Socialistes d’Europe. C’est en tout cas cette orientation que le CCI(T), avec ses moyens, a défendue.

Une profonde maturation politique de la classe ouvrière et de la jeunesse est en cours

Faisant comme si de rien n’était, Sarkozy déclare au lendemain de ces élections triomphales : « Ce succès aux élections commande d’aller plus loin. L’Europe doit changer. Les réformes doivent continuer. » Une telle assurance ne lui vient pas des mirifiques 11 % des inscrits obtenus par l’UMP. Ni même du score calamiteux du PS.

Ce qui lui permet d’avancer, c’est la garantie qu’il a obtenue que « le gouvernement était tranquille jusqu’à l’été », comme l’a dit sans ambages un de ses conseillers, après avoir pris connaissance du dispositif des journées d’action des 26 mai et 13 juin mis en place par les appareils syndicaux.

Alors que par millions les travailleurs et les jeunes avaient montré leur volonté d’en finir avec sa politique, les directions syndicales sont parvenues à escamoter toute perspective de combat immédiate, de centralisation politique contre le gouvernement. Elles sont parvenues à contenir le formidable élan exprimé le 29 janvier, le 19 mars et même encore le 1er mai dans la grève et les manifestations, à laisser isolé jusqu’au bout le mouvement dans les Universités, continuant de négocier, de commissions en groupe de travail, les réformes du gouvernement dont les grévistes demandaient le retrait.

Avec le soutien apporté aux directions syndicales dans leur dispositif de bousille par les partis PS PCF PG LO NPA qui certes, proclament leur opposition à Sarkozy, font même pour certains, comme le NPA, de grandes déclarations sur la grève générale, mais au bout du compte n’avancent comme perspective politique aux millions de salariés et de jeunes pour en finir avec ce gouvernement et sa politique que l’horizon lointain et hypothétique des élections de 2012.

En apparence, tout se déroule donc selon le schéma bien rôdé : le gouvernement va poursuivre sa politique, continuant à s’appuyer sur le « dialogue social » pour faire passer ses réformes et la prochaine journée d’action est déjà annoncée… pour le 7 octobre.

Mais en même temps, des oppositions de plus en plus nombreuses se manifestent dans et hors des syndicats contre l’orientation des directions, dépassant les anciens clivages, cherchant à s’organiser pour surmonter les obstacles. Ici, des sections syndicales CGT ou SUD déclarent ouvertement qu’elles ne soutiennent pas la mascarade du 13 juin, là d’autres s’adressent publiquement à leur direction pour leur demander de cesser de disloquer les combats, de préparer la grève générale contre le gouvernement, ailleurs dans les syndicats de la FSU, c’est un tollé des militants pour fustiger l’abstention de la direction sur le vote au CTPM des projets de décrets du gouvernement qui détruisent la formation des enseignants, aboutissement d’un soutien à peine déguisé.

Derrière l’apparence, une intense maturation politique de toute la classe ouvrière est en cours.

Elle prépare l’irruption d’une crise révolutionnaire, submergeant les appareils.

Pour le capitalisme, le temps des artifices est révolu

La situation économique empire mois après mois. Des entreprises de plus en plus nombreuses ferment leurs portes, le chômage explose, les prévisions s’effondrent. Après avoir épuisé les possibilités légales de mise en chômage partiel, de mise en congés forcés, nombre d’entreprises préparent à leur tour d’autres plans de licenciements à grande échelle.

Cependant les affaires continuent, de celles précisément qui ne font que renforcer la crise : les banques s’engraissent en souscrivant aux emprunts émis par les Etats pour financer leurs dettes, les détenteurs de capitaux spéculent sur tout ce qui bouge, comme à nouveau sur le pétrole, les entreprises les plus solides en rachètent d’autres moins vaillantes, restructurent et taillent dans les effectifs pour augmenter la productivité, la grande distribution et l’industrie agro-alimentaire étranglent les producteurs de lait, les pêcheurs ou les éleveurs.

Avec un seul effet : d’un coté, la concentration s’accroît, les spéculateurs spéculent, et de l’autre, la misère gagne du terrain, étouffant de plus en plus l’activité économique. Finis les beaux discours de Mme Lagarde, envolées les certitudes du président Lula qui prétendait que la crise ne serait qu’une « vaguelette » quand elle arriverait aux portes du Brésil, hors service la mécanique bien huilée des exportations allemandes, anéanti le miracle de la croissance espagnole tirée par une frénésie immobilière. Partout la récession s’installe, brutalement ici, plus lentement ailleurs, les uns entrainant les autres dans la chute.

Les gouvernements bourgeois promettent pourtant la reprise pour 2010 ou 2011. Ils mentent. Toutes les mesures qu’ils ont prises pour parer au plus pressé aggravent au contraire les contradictions du système capitaliste à bout de souffle, et d’abord le colossal endettement public généré par les plans de sauvetage des banquiers et des patrons, véritable bombe à retardement qui ne demande qu’à exploser.

Ils mentent, mais ils préparent la suite. Les dépenses militaires croissent à nouveau de manière spectaculaire. Pourtant les conditions politiques d’un affrontement entre les principaux impérialismes sont loin d’être réunies. Cela supposerait comme préalable indispensable de très profondes défaites politiques de la classe ouvrière au plan mondial, du même type que celles qui ont précédé le déclenchement de la seconde guerre mondiale, avec la victoire du fascisme en Italie, en Allemagne et en Espagne.

Mais les entreprises militaires impérialistes à l’encontre de pays tiers vont se multiplier, chacun défendant ou cherchant à étendre sa sphère de contrôle. L’inauguration de la base militaire française à quelques encablures des cotes iraniennes participe évidemment de cette fuite en avant.

La crise économique que nous vivons aujourd’hui n’a rien de comparable avec les crises précédentes qui ont secoué périodiquement le système capitaliste mondial depuis la fin des « Trentes glorieuses ». A chacune de ces crises, les gouvernements bourgeois étaient parvenus, au prix de multiples artifices, comme le crédit illimité, à différer l’irruption de la crise généralisée du mode de production.

Mais nous y sommes et pour le capitalisme, le temps des artifices est révolu car ils ne sont désormais que des facteurs d’accélération immédiats de la crise. Les bourgeoisies, leurs gouvernements, n’ont aucune solution pour sortir de la crise, sauf à plonger le prolétariat, la jeunesse, les populations des pays dominés, dans une effroyable régression.

Les masses perçoivent avec angoisse cette situation nouvelle, elles sentent que les combats qu’il va falloir mener sont d’une tout autre ampleur que précédemment, que la simple défense contre les licenciements, contre les attaques tout azimut, se heurte immédiatement au maintien au gouvernement des patrons et des banquiers, au maintien du système capitaliste.

Pour aider à la centralisation du combat de toute la classe ouvrière et de la jeunesse en défense des revendications

Pour chasser Sarkozy et le gouvernement de la bourgeoisie,

Pour un gouvernement des travailleurs qui s’attaque au capitalisme, réorganise l’économie pour la satisfaction des besoins et des revendications de l’immense majorité de la population

Il faut construire un Parti Ouvrier Révolutionnaire

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Tardieu Jean-Claude -  adresse :  Mariaman Koïl St. - Thantirayankuppam - 605104 Kottakuppam - Tamil Nadu - Inde

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